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Full text of "Dressage méthodique du cheval de selle d'aprés les derniers enseignements"

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JOHN A. SEAVERNS 



DRESSAGE MÉTHODIQ.UE 



DU 



xlliVAL DE SELLE 



D APRES LES DERNIERS ENSEIGNEMENTS 



BAUGHER 



RECUEILLIS PAR UN DE SES ÉLÈVES 



'EC PORTRAIT 




PARIS 
R O T H se H I Lt> , É D 1 T E tf R 

l3, RUE DES SAINTS -PÈRES, l3 
1891 



DRESSAGE MÉTHODIQUE 



DU 



CHEVAL DE SELLE 




BAUCHEK MONTANT PARTISAN 



DRESSAGE MÉTHODIQUE 



DU 



CHEVAL DE SELLE 



D APRES LES DERNIERS ENSEIGNEMENTS 



F. BAUCHER 



RECUEILLIS PAR UN DE SES ELEVES 



AVEC PORTRAIT ET VIGNETTES 




PARIS 
J. ROTHSCHILD. ÉDITEUR 

l3, RUE DES SAINTS-PÈRES, l'i 
189I 



Droits de Traduction réservés. 



Paris. — Typ. Georges Cliamerot. — 2u.'j83. 



AVANT-PROPOS 




ES dernières idées équestres de 
F. Baiicher sont peu connues. Cet 
illustre écuyer, après l'épouvan- 
table accident qui lui avait brisé 
les deux jambes, ne pouvait plus monter en 
public. Il vivait retiré, et n'a plus fait, à partir 
de 1861 , que fort peu de cours. Des rares élèves 
qui les ont suivis, deux ou trois sont seuls en- 
core vivants aujourd'hui. 

D'un autre côté, Baucher, trop âgé pour re- 
fondre en une seule ses œuvres diverses, modi- 
fiées sans cesse par de nouvelles découvertes, n'a 
plus été à même défaire connaître au public un 



AVANT-PROPOS. 



exposé con\plet et méthodique de ses derniers 
procédés de dressage. Il préférait du reste poser 
des principes généraux, contenus en quelques 
mots, disant que c'était aux professeurs formés 
directement à son école à montrer comment les 
appliquer dans les mille cas particuliers que 
fait naitre la pratique. 

Les leçons détaillées de ce sarant maître, in- 
comprises, ignorées ou travesties la plupart du 
temps, menacent donc de disparaitre sans laisser 
de traces. 

C'est ce qui a décidé l'auteur de ce livre à 
céder à diverses sollicitations et à publier un 
travail qui, primitivement, n'était pas destiné à 
voir le jour. Élève du grand Baucher, il a suivi 
plusieurs de ses cours. Admis plus tard dans 
son intimité, il a vu travailler et il a monté lui- 
même les derniers chevaux dressés par cetécuyer 
incomparable. Enfin, il l'a souvent entendu rai- 
sonner les procédés de dressage auxquels son 
esprit fertile s'était fixé vers la fin de sa vie 
comme représentant à ses yeux la vérité équestre. 



AVANT-PROPOS. 



Disciple fervent, il avait consigné par écrit, 
jour par jour, non seulement le détail des cours 
suivis par lui, mais aussi les enseignements di- 
vers de ses entretiens familiers avec son émi- 
nent professeur. 

Ce sont ces cahiers qui ont servi de base à la 
rédaction du Dressage méthodique du cheval 
de selle. 

Le lecteur voudra bien se pénétrer de la diffi- 
culté d'expliquer, par des mots, certains effets 
qui sont plutôt du domaine de la pratique que 
de celui de la théorie. 

En outre, comme tous les chefs d'école, Bau- 
cher avait adopté des expressions souvent dis- 
cutables au point de vue scientifique ou gram- 
matical, mais qu'il est indispensable de conserver 
quand on expose ses théories, parce qu'elles 
avaient pour lui un sens bien net et bien dé- 
terminé, et qu'il serait d'ailleurs à peu près 
impossible de les remplacer par d'autres plus 
heureuses ou plus exactes. 

Enfin, s'il est aisé d'épiloguer sur un traité 



AVANT-PROPOS. 



d'équitation ou de dressage toujours ingrat à 
rédiger, on se rappellera que souvent la plus 
petite démonstration à cheval rendrait clair à 
rinstant ce qui parait obscur par écrit, malgré 
de longues et minutieuses explications. 




DÉFINITIONS 

BUT DU DRESSAGE 

PRINCIPES GÉNÉRAUX 



DRESSAGE MÉTHODIQUE 



DU 



CHEVAL DE SELLE 



DEFINITIONS 




A volonté du cavalier se transmet 
au cheval par le langage des aides. 
Les aides donnent à l'animal 
l'action et la position. 
Action. — L^actioii est la force d'impulsion 
nécessaire à l'obtention du mouvement cher- 
ché. Elle provoque la détente des ressorts qui 
supportent la masse. 

Position. — hapositiojî est la répartition nor- 
male du poids sur les quatre membres en 
raison du mouvement demandé. Elle a pour 
conséquence ou pour complément la disposi- 



DRESSAGE MÉTHODIQUE. 



tion des rayons articulaires appropriée à cette 
répartition du poids. 

Mouvement. — La position se combinant 
avec Faction produit le mouvement, lequel n'est 
que le résultat naturel de ces deux causes gé- 
nératrices. 

Le passage du mouvement à l'inaction s'ob- 
tient aussi en partant de la position particulière 
qui amène ou qui permet l'annulation de Fac- 
tion. 

Equilibre. — La facilité plus ou moins grande 
avec laquelle le cavalier modifie la répartition 
du poids sur les quatre membres pour donner 
les différentes positions indique le degré dW/z/z- 
libre du cheval, c'est-à-dire que plus le dépla- 
cement du poids est facile dans tous les sens, 
plus l'équilibre est parfait. En vertu de ce prin- 
cipe on dit que le cheval est « en équilibre » 
quand de simples indications suffisent au cava- 
lier pour modifier à son gré la disposition du 
pioids sur ses colonnes de soutien. 




BUT DU DRESSAGE 




E que le Cavalier doit chercher à obtenir. 

— Quand on entreprend le dressage 
d'un cheval, la première condition 
pour réussir est de bien se rendre compte de 
ce que Ton cherche à obtenir, c'est-à-dire des 
qualités qu'on veut faire acquérir à son élève. 

Ces qualités peuvent se résumer en peu de 
mots, et il est à remarquer que ce sont toujours 
les mêmes, quel que soit le genre de service 
auquel une monture soit destinée.- 

Tout cheval de selle doit en etfet être rendu 
facile et agréable à monter, régulier dans ses 
allures, docile, franc, et aussi brillant que le 
comporte son ensemble. 

Or, pour qu'il soit « facile et agréable à mon- 
ter, régulier dans ses allures », il faut qu'il soit 



DRESSAGE METHODIQUE. 



bien équilibré, c'est-à-dire léger à la main et 
aux jambes, droit d'épaules et de hanches, avec 
la tète constamment fixe et placée, et qu'il con- 
serve de lui-même son équilibre sans le secours 
des aides. Pour qu'il soit « docile, franc )),il faut 
que toute défense, toute résistance instinctive 
ou volontaire ait disparu, ou puisse, dès qu'elle 
reparaît, être aussitôt détruite.Enfin, pour qu'il 
soit c( aussi brillant que le comporte son ensem- 
ble », il faut qu'on puisse à volonté l'asseoir, 
grandir ses mouvements, et relever ses allures. 

On voit donc que dans le dressage il faut : 
r — s'attacher sans cesse à obtenir la légèreté, 
un ramener bien fixe, et 2° — une grande obéis- 
sance aux jambes; 3° — s'efforcer de maintenir 
le cheval constamment droit d'épaules et de 
hanches, et 4° — l'habituer à se passer du se- 
cours des aides. 5° — Il faut de plus lui rendre 
le rassembler familier. 

Nous allons étudier ci-après les moyens d'ob- 
tenir ces différents résultats. 




PRINCIPES GÉNÉRAUX 



DE LA LEGERETE ET DU RAMENER 




E que c'est que la Légèreté. — La re- 
cherche, la conservation de la lé- 
gèreté, doit être la préoccupation 
constante du cavaher. 

On entend par ces mots « légèreté à la main », 
la qualité du cheval qui obéit aux aicies sans 
peser à la main, sans que celle-ci éprouve la 
sensation d'un poids plus ou moins difficile à 
déplacer ou d'une force qui résiste à son action. 
La légèreté se reconnaît donc à Tabsence de 
résistance aux effets du mors de bride ou de 
filet; la simple demi-tension d'une ou de deux 
rênes doit provoquer la mobilité moelleuse de 
la mâchoire inférieure sans que la tête bouge, 



DRESSAGE METHODIQUE. 



sans que Touverture de la bouche soit sensible- 
ment apparente; et la langue de l'animal doit 
faire alors sauter l'un des mors sur Tautre, ce 
qui produit par moments un bruit argentin; 
ajoutons que cette mobilité moelleuse doit per- 
sister pendant un certain temps et non cesser 
brusquement. 

Telles sont les conditions dont l'ensemble 
constitue la vraie légèreté. Elle est pour le ca- 
valier rindice révélateur et infaillible de Téqui- 
libre parfait de son cheval tant qu'elle subsiste 
sans altération. 

La conséquence de la décontraction complète 
de la mâchoire est le ramener, qui s'obtient 
alors pour ainsi dire de lui-même, la tète pre- 
nant à la plus légère indication des rênes une 
position voisine de la perpendiculaire, sans 
que l'encolure doive perdre pour cela son sou- 
tien ou sa fixité. 

Toutes les fois qu'à pied ou à cheval, le cava- 
lier veut demander quoi que ce soit à l'animal 
qu'il dresse, il doit commencer parle rendre lé- 
ger, c'est-à-dire par chercher la mobilité moel- 
leuse de la mâchoire. 



PRINCIPES GENERAUX. 



En effet, le cheval ne peut contracter une de 
ses parties pour opposer une résistance quel- 
conque aux exigences de Thomme, sans con- 
tracter en même temps sa mâchoire. 

En obtenant la légèreté, on fait donc dispa- 
raître ipso facto les résistances existantes, et ce 
résultat favorable subsiste tant que persiste la 
légèreté. 

De même, pendant qu'un mouvement s'exé- 
cute ou qu'une allure se continue, il faut fré- 
quemment veillera ce que le cheval reste léger. 

Comment se demande la Légèreté. — Que Ton 
soit à pied ou sur Tanimal qu'on travaille, il y 
a deux cas à examiner quand on demande la 
légèreté. 

1° — Supposons d'abord le cheval arrêté, 
calme et parfaitement immobile. 

Le cavalier sent la bouche en donnant gra- 
duellement une demi-tension aux rênes ou à 
l'une d'elles, afin de voir si la mâchoire est 
liante et mobile. 

S'il obtient ainsi la légèreté, mais la légèreté 
telle que nous l'avons définie plus haut, il doit 



DRESSAGE METHODIQUE. 



s'empresser de rendre : Tanimal est en équi- 
libre ; il est prêt à recevoir Faction et la position 
pour tout mouvement qui pourra lui être de- 
mandé. 

Si la main ne rencontre pas la légèreté aussi- 
tôt la demi-tension des rênes, elle continue cette 
demi- tension en en augmentant unpeu l'intensité. 

Cette « force lente » suffit généralement pour 
faire céder, surtout s'il n'y a qu'un peu de pa- 
resse et d'inattention chez le cheval. 

On peut donc dire que cet effet simple et doux 
constitue le moyen ordinaire d'obtenir la légè- 
reté. C'est à lui qu'il faut sans cesse avoir recours 
pendant toute la durée du dressage. 

Mais il arrive parfois que, malgré une attente 
assez longue et la persistance de la sollicitation 
du cavalier, la décontraction de la mâchoire ne 
se produit pas. 

C'est qu'il existe alors des résistances assez 
sérieuses pour qu'il faille les vaincre par des 
procédés plus efficaces. 

Ces résistances sont de deux sortes : 

Des Résistances de Poids. — Ou bien le cava- 
lier, en cherchant la légèreté, a éprouvé dans 



principp:s généraux. 



la main la sensation d'un poids, d'une masse 
inerte difficile à déplacer. C'est ce qu'on est 
convenu d'appeler une « résistance de poids ». 
Des Résistances de Forces. — Ou bien il a ren- 
contré des forces provenant de contractions 
musculaires de la mâchoire, et dirigées instinc- 
tivement ou volontairement par l'animal contre 
l'action du mors. Cette résistance active éveille 
ridée d'une lutte engagée contre le cavalier. On 
la nomme « résistance de forces ». 

On combat les résistances de poids par le 
demi-arrêt, et les résistances de forces par la 
vibration. 

Du Demi-Arrêt. — Pour donner le demi-arrét, 
voici comment on opère si l'on est à cheval : 

Sans cesser le contact de la bouche et sans se 
rapprocher d'abord du corps du cavalier, la 
mainsecontracteénergiquement,lepoingfermé, 
en se contournant vivement, les doigts aussi en 
dessus que possible. Puis elle augmente presque 
instantanément son action sur le mors en se 
portant sans saccade de bas en haut et d'avant 
en arrière, et en proportionnant la puissance 
de son effet à la résistance rencontrée. 



DRESSAGE METHODIQUE. 



Si Ton est à pied, on procède d'une manière 
analogue, mais sans contourner le poignet. 

Le demi-arrét se donne sur une rêne ou sur 
les deux en même temps, de la bride ou du filet, 
indistinctement, et ne doit jamais faire reculer. 

De la Vibration. — La vibration est une suc- 
cession de petites secousses, un frémissement 
imprimé à l'un des mors, soit en agissant direc- 
tement sur lui, à pied, soit en agitant, à cheval, 
les deux mêmes rênes ou Tune d'elles. 

Comme le demi-arrêt, la vibration se donne 
indifféremment sur le filet ou sur la bride; elle 
dure une ou plusieurs secondes et est forte ou 
faible en raison de la résistance rencontrée. Mais 
elle ne doit pas varier d'intensité pendant son 
application. Elle ne doit pas non plus faire 
reculer. 

Si donc le cavalier a rencontré une résistance 
de poids, il la combat par un ou plusieurs demi- 
arrêts s'il est nécessaire; si c'est une résistance 
de forces, il emploie la vibration répétée plu- 
sieurs fois également, s'il le faut. 

Puis, aussitôt c|u'il croit les résistances an- 
nulées, il sent de nouveau la bouche de son che- 



PRINCIPES GENERAUX. i3 

val en donnant aux rênes dont il s'est servi 
une demi-tension, qui, augmentée très légère- 
ment pendant un certain temps, doit amener la 
légèreté, si les résistances ont effectivement 
disparu. 

C'est la (( preuve » de l'opération. 

Si l'emploi de cette force lente ne produit 
pas la légèreté au bout de quelques secondes, 
c'est que l'opération a été mal faite. 

Il faut alors avoir recours encore aux demi- 
arréts ou aux vibrations, selon le cas, mais en 
s'efforçant de redoubler de délicatesse et de tact. 

Si le cheval, tout en étant arrêté, s'inquiète, 
se tracasse, il faut, avant de demander la légè- 
reté, obtenir l'immobilité complète. 

On y parvient en punissant tout mouvement 
de l'animal par des demi-arrêts proportionnés, 
comme force, à la faute commise. 

Aussitôt chaque demi-arrêt donné, le cavalier , 
calme et sans colère, étudie ce qui se passe chez 
le cheval. 

Si celui-ci bondit, continue à se mobiliser, 
paraît enfin ne faire aucune attention à la cor- 
rection, le cavalier recommence à punir éner- 



14 DRESSAGE METHODIQUE. 

giquement, et plusieurs fois de suite s'il est né 
cessaire. 

Dès que le cheval, plus tranquille, semble 
craindre le châtiment, les demi-arrêts devien- 
nent beaucoup plus rares et moins forts. Mais 
on les continue jusqu'à l'obtention de Timmo- 
, bilité, accompagnée d'un calme parfait. 

Alors le cavalier agit comme il est dit plus 
haut pour demander la légèreté. 

Si, par exception, les demi-arrêts étaient in- 
suffisants pour inspirer à l'animal trop fougueux 
une crainte salutaire, on lui mettrait le caveçon 
qu'on utiliserait, à pied, par saccades de haut 
en bas, en suivant les mêmes prescriptions que 
pour l'application des demi-arrêts et en se fai- 
sant momentanément remplacer à cheval par 
un aide. 

Quand une monture a été déjà « mise à l'épe- 
ron », comme nous l'expliquerons plus loin, on 
l'immobilise à volonté par un « etîet d'ensemble 
sur les éperons ». Ce qui précède s'applique 
donc surtout à un animal qu'on commence. 

2" — Supposons maintenant le cheval en 
action. 



PRINCIPES GENERAUX. i3 

Ainsi que nous Tavons dit, le cavalier doit 
demander la légèreté à sa monture avant de lui 
donner une position nouvelle, et de plus il doit 
fréquemment s'assurer que la mâchoire reste 
liante et mobile, pendant Texécution des mou- 
vements ou la continuation des allures. 

Il procède pour cela comme lorsque Tanimal 
est arrêté. 

Si la légèreté survient par la simple demi- 
tension des rênes pratiquée comme en station, 
le rriouvement se continuant avec la régularité 
du pendule, il faut s'empresser de rendre. 

Ce qu'il faut entendre par « Décomposer la Force 
et le Mouvement ». — Mais si cette action, loin 
d'amener la mobilité moelleuse de la mâchoire, 
altère l'allure ou le mouvement, ou bien révèle 
Texistence de résistances sérieuses, il faut ar- 
rêter, immobiliser Tanimal et chercher alors la 
légèreté de pied ferme comme cela a été expliqué. 

Le cavalier laisse son cheval dans Tinaction 
plusieurs minutes s'il le faut, jusqu'à ce que 
l'équilibre soit bien rétabli, jusqu'à ce que le 
mouvement précédent « ne résonne plus » dans 
l'organisme de l'animal. 

Quand ce résultat est obtenu, quand le calme 



i6 DRESSAGE METHODIQUE. 

est entièrement revenu, c'est le moment de re- 
donner Faction et la position qui doivent pro- 
duire de nouveau le mouvement précédemment 
cherché ou Tallure interrompue. 

C'est ce qu'on appelle « décomposer la force 
et le mouvement ». 

Si, une fois en action, Téquilibre se perd de 
nouveau, on décompose encore et on recom- 
mence tant qu'il est nécessaire. 

Avec des chevaux jeunes ou peu avancés en 
dressage, il faut à chaque instant arrêter pour 
rétablir de pied ferme l'équilibre, redonner la 
légèreté, et faire renaître le calme et la con- 
fiance. On leur épargne, par ces moments de 
repos complet, toute espèce de fatigue inutile. 

Avec des animaux dont les allures sont dé- 
traquées, cette recommandation est encore plus 
importante. En effet, le point essentiel pour la 
bonne exécution d'une allure, c'est qu'elle soit 
toujours parfaitement régulière, que chaque 
temps soit exactement semblable à son voisin 
en vitesse et en cadence. 

Si la moindre irrégularité survient, il faut ar- 
rêter et décontracter complètement avant de 
repartir. 



PRINCIPES GÉNÉRAUX. 17 

On doit surtout apporter une grande atten- 
tion à la naissance de Tallure pour qu'elle soit 
aussitôt bien franche, bien juste et bien réglée. 

Si le départ n'est pas parfait, on arrête court 
et on décompose. 

On recommence aussi souvent qu'il est né- 
cessaire. 

Il faut se contenter dans le principe de quel- 
ques foulées parfaitement exécutées. 

Mais quand le dressage est d^jà avancé, on 
doit commencer à vaincre les résistances en 
marchant, surtout si elles ne sont pas trop sé- 
rieuses. 

On emploie alors sans arrêter les mêmes ef- 
fets que de pied ferme, en redoublant de tact et 
de finesse. 

Il faut, comme nous Tavons dit, que ces dif- 
férentes actions de la main ne prennent en rien 
sur la force d'impulsion ; c'est-à-dire qu'elles ne 
doivent amener ni un arrêt, ni un ralentissement, 
ni une altération quelconque dans le mouve- 
ment, la direction ou l'allure. 




iS DRESSAGE METHODIQUE. 



II. — dp: l'obéissance aux jambes 

ET DE « l'effet d'eNSEMBLE SUR l'ÉPERON ». 

E même que le cheval doit être léger 
à la main, de même il doit être « léger 
aux jambes ». 
Voici ce qu'il faut entendre par là. 

Comment le Cheval doit répondre aux Jambes. 
— L'animal étant arrêté, si la main ne marque 
pas d'opposition, la pression simultanée et égale 
des jambes du cavalier doit produire instanta- 
nément la marche en avant : progression lente, 
calme, si leur action a été faible; progression 
rapide, énergique, furieuse même, si leur etiet 
a été fort à proportion. 

Lorsque le cheval est en mouvement, le con- 
tact des mollets doit de même amener une 
accélération d'allure proportionnée à leur 
pression. 

De pied ferme ou en marche, l'approche 
d'une seule jambe du cavalier doit faire fuir la 
croupe du côté opposé; doucement, si son ac- 



PRINCIPES GENERAUX. 



ï9 



tion est très légère; vivement, si elle est plus 
marquée. Mais la pression d'une jambe em- 
ployée isolément devant avoir aussi pour ré- 
sultat de produire ou d'accélérer la marche en 
avant, il est essentiel, au moins dans le prin- 
cipe, que la main faisant barrière, reçoive cette 
impulsion pour la gouverner, sans quoi la 
jambe serait obligée d'employer une très grande 
force pour obtenir un etfet presque toujours 
incomplet. 

Quand on approche les deux mollets, si leur 
simple contact ne donne pas immédiatement 
ou ne rétablit pas sur-le-champ Faction désirée, 
on fait toucher aussitôt les deux éperons à la 
fois, sans opposition de main. 

On répète ces petites attaques tant que le 
résultat cherché n'est pas obtenu. 

De même, si, à l'approche d'une seule jambe, 
la cession de la croupe n'est pas immédiate, 
le pincer de l'éperon du même côté vient aus- 
sitôt punir le cheval de sa paresse et le forcer à 
obéir. 

On arrive par ce moyen à donner à l'animal 
une grande finesse aux jambes, à le rendre 



DRESSAGE METHODIQUE. 



« léger aux jambes », et bientôt le simple con- 
tact du pantalon ou de la botte suffit pour ob- 
tenir ou augmenter l'impulsion, ou, si Ton n'agit 
que sur un seul flanc, pour déplacer la croupe. 
Il faut cependant redoubler de tact dans l'em- 
ploi des petites attaques, et n'en faire usage 
qu'avec discrétion, afin de ne pas provoquer de 
fouaillements de queue. 

Ce que c'est qu'un Cheval <( mis à l'Eperon ». — 
Mais avant d'employer ainsi l'éperon, le cheval 
a dû être amené par le dressage, et cela dès les 
premières leçons, à le supporter et à y ré- 
pondre ainsi qu'il suit : 

Si, de pied ferme, on appuie progressive- 
ment les jambes et ensuite les éperons, jusqu'à 
une force assez grande, et que la main vienne 
aussitôt faire opposition, Tanimal doit demeu- 
rer complètement immobile et conserver sa 
légèreté inaltérée. 

Si, les éperons restant au poil, on augmente 

la force de leur contact en rendant la main, le 

cheval doit se porter en avant franchement au 

pas et rester léger. 

>^ Si l'on est au pas, l'appui gradué des éperons 



PRINCIPES GENERAUX. 



ne doit altérer ni Tallure ni la légèreté quand 
la main fait opposition. 

Si l'appui augmente, celle-ci rendant, l'ani- 
mal doit prendre le trot sans brusquerie. 

Enfin, en suivant les mêmes principes, il doit 
partir franchement sur l'éperon, du trot, du pas 
ou même de l'arrêt, au grand trot. 

Alors le cheval « connaît Téperon », c'est-à- 
dire que le contact de cette aide ne l'affole plus 
et lui cause au contraire un certain étonnement 
qui le calme et permet d'obtenir une impulsion 
tranquille au besoin ou plus puissante s'il est 
nécessaire. 

Il est prêt à recevoir les petites attaques, 
sans opposition de main, lesquelles, dès lors, 
redonnent toujours à ses forces la direction d'ar- 
rière en avant, et détruisent ainsi tout com- 
mencement d'acculement. 

Enfin, à partir de ce moment, il devient pos- 
sible au cavalier d'enfermer, d'emprisonner 
son élève quand il est nécessaire, entre le mors 
et les éperons, de façon à étouffer dans son 
germe toute tentative de défense : en rappro- 
chant du corps la main de bride et en fer- 



DRESSAGE METHODIQUE. 



mant les jambes rapidement et progressive- 
ment jusqu'à un appui franc, continu et éner- 
gique des deux éperons, on produit ce qu'on 
appelle « l'effet d'ensemble sur Téperon ». 

Cet effet amène ou confirme la décontraction 
de la mâchoire, détruit tout principe de résis- 
tance, immobilise l'animal, à la volonté du ca- 
valier, ou — si ce dernier fait prédominer 
l'action de l'éperon en mollissant l'opposition 
de la main sans laisser échapper la tète — oblige 
le cheval à conserver l'allure à laquelle il mar- 
chait quand une velléité de révolte s'est mani- 
festée. 

On est ainsi absolwnent maître d'empêcher 
toute défense, et de conduire son cheval oîi on 
le veut et à l'allure qu'on désire, quel que soit 
son mauvais vouloir ou l'objet qui l'effraie. 

L'animal s'aperçoit vite qu'il lui est impos- 
sible de résister. Le sentiment de son impuis- 
sance l'amène à renoncer à la lutte. Son moral 
est dompté et il se résigne à obéir. 

C'est ainsi que se guérit sûrement et radica- 
lement la rétivité la plus dangereuse et la plus 
invétérée. 



PRINCIPES GENERAUX. 




III. DU CHEVAL DROIT. 

M ME NT on fait refluer vers l'une ou 
l'autre des Epaules le Poids de l'Enco- 
lure. ■ — ■ Quand le cheval est léger et 
ramené, la demi-tension de la rêne droite dans 
la direction de la hanche gauche, et un peu de 
bas en haut, doit amener, sans que la légèreté en 
soit altérée, le bout du nez à droite et rejeter un 
peu vers la gauche, en Télevant, l'encolure arron- 
die en arc par suite de Tinclinaison de la tête. 

L'épaule droite est ainsi allégée; Tenlever de 
cette partie est préparé; en revanche, le poids 
de l'encolure étant reporté vers la gauche, 
Favant-main a une tendance à « tomber » à 
gauche, c'est-à-dire à se déplacer dans ce sens, 
et la croupe à s'infléchir vers la droite. Le 
cheval est alors légèrement ployé en cercle, le 
bout du nez et les hanches à droite. 

La demi-tension de la rêne gauche doit pro- 
duire Teffet inverse ti parfaitement symétrique . 

Il faut s'attacher beaucoup à ce c[u'il en soit 
ainsi, et répéter souvent ces appuis de rênes 



24 DRESSAGE METHODIQUE. 

de pied ferme et à toutes les allures pour ren- 
dre également faciles à droite et à gauche ces 
« inclinaisons » qui trouvent fréquemment leur 
application dans le dressage. 

Une des plus grandes difficultés équestres est 
d'obtenir et de conserver sans cesse le cheval 
bien droit d'épaules et de hanches. 

Cette condition est cependant essentielle pour 
que l'animal soit en équilibre. 

Or, presque tous les chevaux sont plus ou 
moins ployés d'un côté, soit par une prédispo- 
sition naturelle, soit par suite de mauvaises 
habitudes prises dès qu'on commence à les 
monter. 

Ce pli a pour conséquence de rejeter le poids 
sur une épaule et de faire avancer en arc-boutant 
la hanche opposée. 

L'animal se trouve ainsi tout disposé physi- 
quement pour se défendre, ou tout au moins 
pour résister à certains effets du cavalier, et il 
importe de le corriger au plus tôt de cette atti- 
tude vicieuse. 

Manière de redresser un Cheval. — Le moyen 
le plus simple et le plus pratique pour y arriver 



PRINCIPES GENERAUX. 



consiste à enseigner au cheval à prendre faci- 
lement, à la volonté du cavalier, le pli inverse. 

C'est donc en rendant les deux « inclinaisons » 
également faciles à droite et à gauche, qu'on 
parvient à redresser un animal qui a une ten- 
dance à se ployer de lui-même d'un côté. 

Mais ces inclinaisons doivent s'obtenir par la 
main seule, le cheval étant léger et ayant la tête 
placée. 

Il faut tâcher de ne pas s'aider des jambes, 
de ne pas employer, par exemple, l'effet dia- 
gonal qui agit sur Tarrière-main et la déplace, 
attendu que souvent celle-ci revient à sa posi- 
tion première, dès que cesse l'action de la jambe 
opposée, ce qui constitue alors un travail sans 
issue. 

On ne doit pas ici, en résumé, mobiliser la 
croupe autour de l'avant-main. C'est la transla- 
tion du poids d'une épaule vers l'autre, produite 
au moyen de la rêne d'appui, qui a pour consé- 
quence de ployer légèrement le cheval en sens 
inverse de son inclinaison première. 

Il paraît alors à la vérité avoir les hanches, 
comme le bout du nez, rejetées du côté opposé, 
tandis que ce sont ses épaules seules qui, en 

4 



26 DRESSAGE METHODIQUE. 

cédant à Taction de la main, se sont doucement 
inclinées dans le sens où a été amené à « tom- 
ber » le poids de Tencolure. 

Il va sans dire que ce moyen donné pour lut- 
ter contre la tendance particulière d'un cheval 
à prendre un pli vicieux, ne dispense en rien 
de l'attention constante que doit avoir le cava- 
lier de placer et de maintenir son élève, malgré 
les exigences du dressage, bien droit d'épaules 
et de hanches, à toutes les allures, en station, 
ou pendant le reculer. 



IV. — DES « DESCENTES DE MAIN ET DE JAMBES ». 

i; cheval, de pied ferme ou en marche, 
doit conserver de lui-même la posi- 
tion que lui a donnée le cavalier, 
tant que ce dernier ne la modifie pas. 

Quand il est en mouvement, son impulsion 
doit également se continuer sans altération jus- 
qu'à ce que le cavalier en augmente, en diminue, 
ou en annule, à sa volonté, l'intensité. 

Amener l'Animal le plus vite possible à se passer 




PRINCIPES GENERAUX. 



27 



du Secours des Aides. — Aussi, une des préoccu- 
pations de chaque instant dans le dressage, doit- 
elle être d'amener Tanimal à se passer du se- 
cours des aides, main, jambes, cravache, appels 
de langue, etc., et de le laisser libre le plus pos- 
sible, tant qu'il conserve son équilibre, c'est- 
à-dire tant que la légèreté ne s'altère pas, que 
la tête reste fixe, l'encolure soutenue, et que 
l'allure se continue sans altération ni ralentis- 
sement. 

Il faut donc essayer, dès que faire se peut, et 
à tout moment, des « descentes de main et de 
jambes ». 

On les fait courtes et incomplètes d'abord; 
dès que l'encolure s'abaisse, que la tête perd sa 
fixité ou que l'équilibre se dérange d'une façon 
quelconque, il faut s'empresser de se servir des 
rênes ou des jambes, pour s'opposer à tout dé- 
placement de tête ou d'encolure et à toute alté- 
ration dans la vitesse ou la régularité du mou- 
vement. 

Mais on arrive rapidement à avoir des des- 
centes de main et de jambes entières et longues, 
et c'est ainsi que le cheval apprend de bonne 
heure à se soutenir de lui-même. 




28 DRESSAGE METHODIQUE. 



V. — DU RASSEMBLER. 

K rassembler consiste à provoquer, 
sans avancer d'une façon sensible, 
le fonctionnement, la mise en jeu des 
ressorts de l'organisme, à obtenir en un mot 
(( Faction » sur place, ou, si l'on est en marche, 
à Taugmenter, sans produire un accroissement 
de vitesse appréciable. 

Il a pour conséquence l'engagement des mem- 
bres postérieurs sous la masse, et l'élévation 
des mouvements. 

Ce que donne le Rassembler. — C'est donc le 
rassembler qui permet d'asseoir le cheval, de 
diminuer sa base de sustentation, et de donner 
de la hauteur aux différentes allures. 

Le rassembler complet n'est possible qu'en 
place. Il prend le nom de Piaffer quand il se 
fait avec rythme, mesure et cadence. 

Il n'est pas indispensable d'arriver jusqu'au 
piaffer. Mais un cheval n'est pas vraiment 
dressé, si le cavalier n'a pas la facilité de le ras- 



PRINCIPES GENERAUX. 29 

sembler à son gré pour l'asseoir aux diverses 
allures, et le rendre ainsi plus agréable, plus 
sûr et plus brillant. 

Comment se demande le Rassembler. — 11 faut 
toujours que Tanimal soit léger et ramené avant 
de chercher à le rassembler. Il est bon, pour 
mieux se faire comprendre, de commencer cette 
instruction à pied au moyen de la cravache, et 
plus tard, de revenir souvent à ce procédé élé- 
mentaire qui n'est cependant pas une condition 
sine qua non de réussite. 

Mais, que ce soit à pied ou à cheval, on doit 
se contenter d'abord de peu. 

Comme dans ces exercices l'animal a une 
tendance à revenir sur lui, à s'acculer plus ou 
moins, il est indispensable de le reporter moel- 
leusement en avant par les jambes, ou, si c'est 
nécessaire, par un appui gradué et progressif 
des éperons, et, plus tard, par une petite attaque, 
chaque fois qu'on a demandé le rassembler sur 
place, et avant qu'il se soit immobilisé de lui- 
même. 

La main qui s'était fixée doucement pendant 
que les aides inférieures demandaient la mo- 



DRESSAGE METHODIQUE. 



bilité des extrémités, rend insensiblement au 
moment où les jambes augmentent leur pres- 
sion, puis elle reçoit bientôt le surcroît d'im- 
pulsion ainsi obtenu, et s'en empare habilement 
pour confirmer la légèreté plus ou moins com- 
promise. 

On arrête alors et on achève de rétablir le 
calme et Téquilibre avant de recommencer. 

Il faut exercer également le cheval à se ras- 
sembler aux différentes allures. 

Pour cela, les jambes du cavalier actionnent 
progressivement Tanimal; la main l'empêche 
d'augmenter sa vitesse, et le surcroît d'action 
ainsi obtenu amène l'engagement des membres 
postérieurs sous la masse, et une plus grande 
élévation dans les mouvements. 

Il y a lieu de bien faire la difterence entre le 
rassembler et l'effet d'ensemble. 

A quoi sert l'Effet d'ensemble. — L'effet d'en- 
semble a pour but d'immobiliser l'animal, ou 
de le forcer à conserver l'allure et la direction 
voulues. 

Aussi, pour arriver à ce résultat, la main, les 
jambes et, au besoin, l'éperon doivent-ils tou- 



PRINCIPES GENERAUX. 



jours agir apec une progression continue et gra- 
duée, jusqu'à Tobtention de l'effet cherché. 

Dans le rassembler, comme c'est au con- 
traire la mobilité des extrémités, ou une plus 
grande détente des ressorts, que Ton s'efforce 
de produire et d'entretenir, les jambes et, s'il 
est nécessaire, les éperons doivent se faire ?.Qn- 
ÛT par des pressions successives, répétées, alter- 
nées même, mais non continues. 

En résumé, l'effet d'ensemble calme, éteint 
ou règle; le rassembler anime, réveille, surex- 
cite l'activité, donne la vie et le brillant. 




PROGRESSION 



DU DRESSAGE 



I PARTIE : PREPARER. 

2® PRÉPARER (suite). 

3" ASSEMBLER. 

4" FIXER. 



PROGRESSION 



DU DRESSAGE 



En dressage on veut toujours aller trop vite. 

Pour arriver promptement, ne pas se presser, mais 
assurer solidement chacun de ses pas. 

Demander souvent; se contenter de peu; récom- 
penser beaucoup. 

La leçon doit être, pour le cheval comme pour le 
cavalier, un exercice salutaire, un jeu instructif qui 
n'amène jamais la fatigue. 

Dès que la sueur apparaît, c'est que l'homme a 
dépasse la mesure. 



PREMIERE PARTIE 

PRÉPARER 

CHAPITRE PREMIER 

FLEXIONS. — TRAVAIL A LA CRAVACHE. 
EMPLOI DE LA CHAMBRIÈRE 




F- cheval est bridé, mais sans selle. 
Il a le caveçon dont un aide porte 
la longe et la maintient demi- 
tendue. Mais on l'en débarrasse 



3G DRESSAGE METHODIQUE. 

des qu'il est possible. Il y a même beaucoup de 
chevaux avec lesquels on peut entièrement s'en 
passer. 

Pendant le travail àpied.ôter de temps à autre 
la gourmette pour avoir plus de mobilité de mâ- 
choire, et répéter ainsi les différents mouvements. 

Des trois manières d'agir avec le Filet ou la 
Bride. - — ^ Il y a trois manières d'agir avec les 
rênes de filet ou de bride. 

La première est celle que tout le monde em- 
ploie pour donner la direction. 

La deuxième c'est le demi-arrêt. C'est avec 
cette action qu'on lutte contre \q poids. 

Si, en sentant la bouche du cheval, ce qui 
se fait en agissant sur la commissure des lèvres 
quand on se sert du filet pour demander la lé- 
gèreté, on rencontre la force d'inertie, cette 
force brutale qui fait que le poids s'oppose à ce 
que l'animal cède en relevant son encolure et 
en mâchant moelleusement son mors, alors on 
donne un demi-arrêt, c'est-à-dire qu'on passe 
rapidement et progressivement, sans cesser de 
rester en contact avec la bouche, à une force 
beaucoup plus grande. Puis on rend; on re- 



prp:parer. 37 



prend ; on donne un deuxième demi-arrét, puis 
un troisième, etc., s'il est nécessaire. 

La troisième, c'est la vibration, petit frémis- 
sement produit en agitant prestement les deux 
mains. 

Cette action combat les forces qu'oppose 
le cheval quand on sent sa bouche, et qu'au lieu 
d'abandonner sa mâchoire il la contracte vo- 
lontairement pour résister. On rend, puis on 
recommence s'il y a lieu. 

Il ne faut chercher à donner la direction que 
lorsque l'animal est léger, c'est-à-dire en équi- 
libre, et qu'on n'a plus dès lors à lutter contre 
le poids ni contre les forces. 

Élever l'Encolure le plus possible. — Le cava- 
lier, tenant la cravache la pointe basse, se place 
devant le cheval et le regarde. Il prend dans 
chaque main une rêne de filet près du mors et 
élève le plus possible la tète et l'encolure en 
donnant à ses bras toute leur extension. 

Il cherche ainsi quelque apparence de légè- 
reté. Après une minute de repos, pendant la- 
quelle il empêche l'encolure de s'abaisser, il 
recommence le même effet avec la bride. 



38 DRESSAGE MÉTHODIQUE. 

Dès qu'on a obtenu de la légèreté, laisser ra- 
nimai libre. Qu'il reste le plus possible aban- 
donné à lui-même^ soit arrêté, soit en marche, 
soit au reculer. Il faut que la tête apprenne de 
bonne heure à se soutenir et à garder sa po- 
sition. 

Mais, dès qu'elle se déplace, reprendre le 
cheval. 

Marche en avant sur la Cravache. — Prenant 
ensuite les deux rênes de la bride près du mors 
avec la main gauche, le cavalier tient de Tautre 
sa cravache horizontalement, de manière à s'en 
servir par son milieu sans faire sentir le fouet. 
Il en touche légèrement le poitrail par de petits 
coups répétés à une seconde d'intervalle, jus- 
qu'à ce qu'il ait obtenu un pas en avant. 

Si le cheval se défend, s'il cherche à frapper 
du devant, on le punit par le caveçon. 

S'il recule seulement, ou se jette de côté, on 
se borne à continuer les légers attouchements 
de la cravache sans cesser la tension énergique 
des rênes. 

On doit se contenter d'un pas obtenu bien 
droit, avec l'encolure soutenue. 



PREPARER. 39 



On caresse sur le front, et on laisse une ou 
deux minutes l'animal au repos avant de re- 
commencer. On demande ensuite deux pas, 
puis trois, etc. Chaque fois que le cheval se tra- 
verse le moins du monde, arrêter. Le replacer 
parfaitement droit, parles épaules principale- 
n\ent, puis marcher de nouveau. Continuer 
jusqu'à ce qu'à Vapproche seule de la cravache 
l'animal se porte franchement en avant. 

Puis on passe au reculer. 

Reculer. — Le cavalier, les poignets hauts, 
faisant face à l'animal, le place d'abord parfai- 
tement droit d'épaules et de hanches, et de- 
mande un peu de légèreté. 

Alors, ayant une rêne de filet dans chaque 
main, il élève encore les bras en agissant sur la 
commissure des lèvres et de bas en haut, de 
manière à amener le reculer par le reflux du 
poids sur l'arrière-main. 

« Forcer le Mouvement ». — Si, à l'indication 
douce des rênes, la marche rétrograde ne se 
produit pas, il faut « forcer le mouvement », 
c'est-à-dire que le cavalier doit augmenter ^ro- 
gressivement l'etîet du mors, doit le faire sentir 



40 DRESSAGE METHODIQUE. 

avec une intensité qui grandisse insensiblement 
mais énergiquement, jusqu'à ce que le mou- 
vement en arrière, le reculer, ait été obtenu. 
Le tact consiste à cesser Teifet en question à 
rinstant précis où, la résistance cédant, l'animal 
porte ses extrémités d'avant en arrière, ne fût- 
ce que de quelques centimètres. 

On recommence à « forcer le mouvement », 
tant que l'indication des rênes ne suffit pas 
encore pour l'obtenir; mais on diminue de plus 
en plus la force de l'effet nécessaire jusqu'à ce 
que toute trace de résistance ait disparu. 

Le cheval ne doit reculer qu'un pas, mais 
parfaitement droit; c'est ce à quoi l'on doit le 
plus s'attacher. Si la croupe se porte d'un côté ou 
ci'un autre, on redresse aussitôt par les épaules 
qu'on mobilise vers la droite ou vers la gauche, 
selon le cas, pour faire opposition aux hanches. 

On fait ensuite exécuter le même travail en 
se se'rvant des rênes de bride de la même ma- 
nière que de celles du filet. 



Des Flexions. — Puis on passe aux flexions. 

On en distingue deux sortes : 

i" — La flexion directe de mâchoire, c]ui se 



PREPARER. 



4' 



fait en ai^issant à la fois sur les deux rênes du 
iilet ou sur les deux de la bride. 

2° — La flexion semi-latérale de mâchoire 
et d'encolure, qui se demande sur chaque rêne 
séparément. 

Avant de les chercher directement, comme 
nous le verrons tout à Theure, on en fait faire 
au cheval cinq autres qui ne sont que prépara- 
toires. On ne doit plus s'en servir plus tard; 
mais comme elles s'obtiennent facilement dès 
le principe, le cheval comprend plus vite par 
ce moyen ce qu'on exige de lui ; elles habituent 
en outre le cavalier au maniement des rênes. 

Le but de toute flexion est d'obtenir la légè- 
reté, telle qu'elle a été définie plus haut. 

Flexions préparatoires. — ^ A. — Avec les deux 
rênes de bride. — Pour la première flexion pré- 
paratoire, le cavalier se place d'abord à gauche 
et à hauteur de l'extrémité antérieure de l'enco- 
lure. Il tient la rêne droite de bride dans la main 
droite, à seize centimètres du mors, et la rêne 
gauche à dix centimètres seulement. Puis il élève 
la tête de l'animal le plus possible, et rapproche 
légèrement et progressivement la main droite 

6 



42 DRESSAGE METHODIQUE. 

de son corps, en éloignant la gauche. Si cet effet, 
continué pendant plusieurs secondes, n'amène 
pas la légèreté, il emploie le demi-arrêt ou la 
vibration selon le cas, mais en les appliquant 
sur la rêne gauche. Dès que la mâchoire se mo- 
bilise moelleusement, il rend. 

Puis le cavalier se place à droite du cheval et 
redemande la même flexion par les moyens in- 
verses, en agissant sur la barre gauche. 

B. — Ai^ec les deux rênes de filet. — ■ On 
passe ensuite à la deuxième. 

Le cavalier revient du côté montoir, et après 
avoir élevé Tencolure, croise les rênes de filet 
sous la barbe, de manière à tenir, à seize centi- 
mètres du mors, la rêne gauche dans la main 
droite, et la rêne droite dans la main gauche. 

Il demande la légèreté en marquant une trac- 
tion égale et progressive sur les deux rênes à la 
fois, et rend dès qu'elle se manifeste. 

C. — A vec une rêne de filet et celle de bride du 
même côté. — La troisième flexion préparatoire 
se fait en se plaçant d'abord à gauche, et en pre- 
nant la rêne de filet de ce coté dans la main 
gauche, et la rêne gauche de bride dans la main 
droite. 



PREPARER. 43 



On élève la tête et Tencolure, puis on provo- 
que Técartement des mâchoires, en portant le 
poignet gauche en avant du cheval, et le droit 
vers Tépaule du côté montoir. 

S'il faut vaincre des résistances, on donne les 
demi-arrêts ou les vibrations sur le filet seul. 
Dès que la mâchoire se mobilise, on rend. 

On répète cette flexion en se plaçant à droite 
de ranimai, et en la demandant avec les autres 
rênes. 

D. — A vec les deux rênes du filet, pour obtenir 
un huitième de flexion d'encolure. — Pour la 
quatrième, on se place près de Tépaule gauche. 
On saisit de la main droite la rêne de filet du 
côté hors montoir, et on la tend en Tappuyant 
sur la base de l'encolure. L'autre rêne du filet 
est tenue avec la main gauche à trente centi- 
mètres du mors, et sert d'abord à élever, comme 
toujours, le plus possible la tête de l'animal. 

Dès que la légèreté arrive et que la tète s'in- 
cline un peu â droite en produisant ainsi un 
huitième de flexion d'encolure, le cavalier s'em- 
presse de rendre. 

Lorsqu'il y a lieu, les demi-arrêts ou vibra- 
tions se donnent ici sur la rêne gauche. 



44 DRESSAGE METHODIQUE. 

On répète la flexion en se plaçant à droite, et 
en la demandant d'une manière analogue pour 
faire céder la mâchoire et l'encolure vers la 
gauche. 

E. — Ai>ec les deux rênes de la brider, l'une 
d'elles étant passée par-dessus l'encolure. — 
Enfin, la cinquième s'obtient en se plaçant à 
gauche, et en tenant les rênes de bride comme 
celles du filet dans la quatrième flexion prépa- 
ratoire. 

Après avoir élevé Tencolure le plus possible, 
on marque une égale demi-tension sur les deux 
rênes, de manière à obtenir la légèreté en agis- 
santainsi sur les deux branches du mors à lafois. 

Dans toutes ces flexions préparatoires, il faut 
s'attacher à ce que la tète reste haute, l'encolure 
bien soutenue. 

On s'oppose aux résistances instinctives du 
cheval par des demi-arrèts. C'est ainsi qu'on 
évite la lutte. 

Dès que la tète se baisse ou se contourne, 
demi-arrèts, jusqu'à ce que l'animal la laisse 
immobile où le cavalier la lui place. 

Remarquons qu'il est inutile dans les flexions 



PREPARER. 45 



que le cheval ouvre la bouche. Il suffit qu'il fasse 
sauter son mors et qu'il mobilise moelleuscment 
la mâchoire inférieure. 

Il est même préférable que Técartement en 
soit peu apparent. Mais il faut que la tète ne se 
déplace pas après la flexion. 

Quand Tanimal exécute facilement ces cinq 
flexions préparatoires, on passe aux deux dont 
nous avons parlé plus haut et qu'on demande 
seules par la suite. 

Flexion directe de Mâchoire. — 1° — Pour la 
flexion directe de mâchoire, le cavalier se place 
devant le cheval, tenant une rêne de filet dans 
chaque main, et commence par élever Tenco- 
lure et la tète le plus possible, en se servant du 
demi-arrêt s'il est nécessaire; puis il demande 
la légèreté par une demi-tension égale et con- 
tinue des rênes de bas en haut et d'avant en ar- 
rière, de manière que le mors n'agisse que sur 
la commissure des lèvres. 

Si, au bout de plusieurs secondes, cette force 
lente n'amène pas la légèreté, le cavalier em- 
ploie le demi-arrêt ou la vibration, selon le cas. 

Puis il sent encore la bouche. 



45 DRESSAGE METHODIQUE. 

Si ce nouveau contact moelleux n'amène pas 
la légèreté, il recommence les mêmes effets jus- 
qu'à ce qu'il Tait obtenue. 

Cette même flexion se répète ensuite avec les 
rênes de la bride. 

Flexions semi-latérales de Mâchoire et d'Enco- 
lure. — Puis : 2° — on passe aux flexions semi- 
latérales de mâchoire et d'encolure. 

On demande d'abord la légèreté sur le filet 
comme dans le cas précédent. Alors on agit 
sur Tune des deux rênes, de manière à obtenir, 
par une pression sur un côté de la commissure 
des lèvres, une cession latérale de la tête qui 
produise un commencement de flexion d'enco- 
lure; enfin on complète, on parfait la légèreté 
par cette même rêne, et quand ce résultat est 
obtenu, la flexion est faite. 

On la répète sur l'autre rêne du filet, puis, 
d'après les mêmes principes, sur chaque rêne 
de bride. 

On a soin, entre ces différentes flexions, de 
laisser le cheval au repos, en quittant complè- 
tement les rênes pendant une ou deux minutes, 
chaque fois qu'il est bien léger. On l'habitue 
ainsi à se soutenir de lui-même. On le punit 



PREPARER. 



47 



par des demi-arrêts quand il déplace sa tête ou 
abaisse son encolure. 

On fait faire ensuite les deux mêmes flexions 
en prenant les anneaux du filet, puis les bran- 
ches du mors de bride. 

Revenir à la Marche en Avant et au Reculer. — 

Lorsque Tanimal les a bien comprises, il faut 
revenir à la marche en avant et au reculer, 
pour perfectionner ces deux exercices. 

A partir de ce moment, on exige, avant de 
rien essayer, la légèreté complète. 

On veille à ce qu'elle demeure inaltérée pen- 
dant la marche ou le reculer, le cheval restant 
parfaitement droit et ne se mouvant qu'avec 
calme et lenteur. On le laisse libre le plus pos- 
sible, pour qu'il s'accoutume à conserver, sans 
être tenu, son équilibre, et à continuer de lui- 
même son mouvement, avec la régularité d'un 
pendule. 

On arrête à chaque instant, dès que la régula- 
rité obtenue s'altère. 

Puis avant de recommencer, on accorde 
quelques secondes de repos complet, et on 
rétablit l'équilibre en redonnant la légèreté. 



48 DRESSAGE METHODIQUE. 

On commence ensuite les pas de côté, les 
pirouettes renversées et les pirouettes ordi- 
naires. 

Pour chacun de ces exercices, le cheval doit 
d'abord être léger, calme, décontracté et par- 
faitement droit. Alors le cavalier, prenant les 
rênes de bride dans la main gauche, demande 
le mouvement, ce qui provoque une contraction. 
Aussitôt un pas obtenu, il arrête pour décon- 
tracter encore avant de redemander un nouveau 
pas. 

Pas de côté. — Pour les pas de côté, on déter- 
mine Tavant-main dans le sens du mouvement, 
et l'on fait suivre la croupe en montrant la 
cravache qui se fait sentir au besoin par petits 
coups. 

Si une résistance très forte de cette partie du 
cheval vient à se manifester, on en triomphe 
par une opposition de la main qui se replace 
aussitôt la cession de croupe obtenue. 

Les épaules doivent bien précéder les han- 
ches et chaque membre gauche, si Ton appuie 
à droite, par exemple, doit passer en avant de 
son voisin du côté hors montoir. 

Enfin il ne faut pas que le cheval avance. 



PREPARER, 



49 



Pirouettes renversées. — Dans la pirouette 
renversée, de gauche à droite, par exemple, le 
menjbre montoir de devant ne doit pas quitter 
le sol. 

Le cavalier se place à l'épaule gauche et me- 
nace le flanc qu'il frappe légèrement s'il est 
nécessaire. 

Pirouettes ordinaires. — Enfin on arrive à la 
pirouette ordinaire. 

Pour qu'elle soit bien exécutée, de gauche à 
droite, par exemple, le membre postérieur droit 
doit servir de pivot et rester fixé au sol. De 
plus, le pied gauche de devant doit passer en 
avant du pied droit antérieur. S'il passe en 
arrière c'est qu'il y a acculement. 

On se tient de manière à empêcher au besoin, 
avec la cravache, la croupe de se déplacer. 

On continue ce travail en cherchant tous les 
jours à se rapprocher davantage de la perfec- 
tion ; il faut en arriver à ce que l'animal obéisse 
au simple geste, sans qu'il soit besoin de le 
toucher, et exécute chacun des mouvements 
sans altérer son équilibre. 

Demander ce premier Travail à la simple Indica- 

7 



5o DRESSAGE MÉTHODIQUE. 

tion du Geste. — Le cheval, une fois rendu léger, 
doit commencer la marche en avant, les pas de 
côté, ou les pirouettes, avant le contact de la 
cravache, dès qu'elle est à une petite distance 
du poil. De même, la légèreté étant obtenue, le 
reculer doit commencer quand le cavalier 
marche lentement vers Tanimal en le regardant, 
les deux mains élevées, et très voisines du mors, 
mais avant qu'elles Paient touché. 

Il faut, bien entendu, que la marche rétro- 
grade s'exécute avec le plus grand calme et la 
plus grande régularité, un pas nouveau ne se 
faisant que si le cavalier le demande. 

La perfection que nous venons d'indiquer 
est le but vers lequel on doit diriger Tinstruc- 
tion du cheval. Mais ce n'est que plus tard, 
quand déjà le travail à cheval est commencé, 
qu'on peut espérer d'y arriver. 

Il suffit donc que Tanimal ait compris le mé- 
canisme des mouvements précédents, et qu'il 
exécute bien les flexions, pour qu'on puisse le 
faire monter par un aide. 

De plus, il est préférable de ne commencer 
le Rassembler, même à pied, que lorsqu'on ob- 



PRÉPARER. 5i 



tient déjà le ramener à cheval, au pas et au 
petit trot. 

Rassembler. — Habituer d'abord le Cheval au 
contact de la Chambrière. — Le cheval étant sur 
la piste à main gauche, le cavalier tient dans la 
main droite la chambrière basse-, et dans Tautre 
les rênes de la bride près du mors. 

Il fixe son regard sur les yeux de Tanimal, et 
demande la légèreté. 

Puis il élève lentement la chambrière. 

Mais lorsque le cheval bouge, il arrête son 
bras droit dans la position où il se trouve, jus- 
qu'à ce qu'il ait immobilisé Tanimal par des 
demi-arrêts, et en donnant à ses yeux une 
expression sévère. 

Aussitôt l'immobilité obtenue, il le rassure 
par l'interjection : « Oh ! » émise d'une voix 
caressante. 

On arrive ainsi progressivement à placer 
franchement la lanière sur le cheval, le fouet 
tombant du côté hors montoir,le bout du man- 
che appuyé sur la partie gauche du dos. 

Si à ce contact l'animal s'inquiète, on l'im- 
mobilise avec la main gauche comme nous 



Sa DRESSAGE METHODIQUE, 

l'avons dit plus haut, tout en laissant la cham- 
brière sur le poil. 

Dès que le calme est revenu, on la glisse 
alors d'avant en arrière, de façon que Textré- 
mité du manche arrive un peu plus loin que la 
hanche gauche. Puis on rabaisse jusqu'à tou- 
cher le sol, de manière que toute la lanière 
passe doucement sur la croupe. 

Comment on accoutume le Cheval au Bruit du 
Fouet ou à un objet effrayant, à se laisser ferrer, etc. 

— Avant d'aller plus loin, disons que c'est par 
un procédé analogue qu'on habitue un cheval 
peureux au bruit du fouet, sur les pistes, aux 
deux mains d'abord, puis au milieu du manège. 

On agite la mèche doucement et près de terre 
en fixant les yeux avec bienveillance sur ceux 
de l'animal qu'on immobilise comme nous 
l'avons dit, quand il s'inquiète. 

Dès que le calme se montre, on caresse et on 
agite plus vivement le fouet. 

On doit en arriver à le taire claquer aux 
oreilles du cheval tranquillisé et rassuré. 

Le regard est d'une importance extrême dans 
toutes ces pratiques. 



PREPARER. 



C'est par une proi^ression semblable qu'on 
accoutume les caractères les plus sauvages et 
les plus farouches à tous les objets qui les ef- 
fraient, et qu'on amène les animaux les plus 
irascibles et les plus méchants à se laisser ferrer 
sans difficulté. 

Commencements de Rassembler par la Cham- 
brière sur les Pistes. — Quand le cheval reste 
calme et immobile sous la chambrière, on de- 
mande le rassembler. 

Pour cela on cherche d'abord la légèreté, puis 
on agite la chambrière près de la hanche gauche 
en s'aidant d'appels de langue. On touche au 
besoin Tanimal du manche et de la lanière, 
mais le moins possible, afin d'éviter l'exaspé- 
ration et la lutte. 

Dès qu'il y a un commencement de mobili- 
sation des membres sans avancer, on place, 
comme nous l'avons expliqué, la chambrière 
sur le dos et on la glisse jusqu'à terre par la 
croupe, en cherchant à arrêter par ce moyen le 
cheval apant qu'il s'immobilise de lui-même. 

On recommence plusieurs fois, en ayant soin 
de faire marcher l'animal un pas ou deux après 



DRESSAGE METHODIQUE. 



chaque temps de rassembler. Qu'il ne reste 
même pas trop non plus à la même place en 
se mobilisant; qu'il a^'ance plutôt un peu. 

Puis on répète le tout à main droite en pas- 
sant la chambrière dans la main sauche. 

Commencements de Rassembler par la Cravache 
sur les Pistes. — Quand l'animal a bien compris 
ce travail, on essaie, toujours sur les pistes, 
quelques commencements de rassembler avec 
la cravache qu'on tient comme la chambrière 
et dont on montre le petit bout près du flanc du 
cheval. Mais on ne touche que si les appels de 
langue et les menaces de frapper sont im- 
puissants. 

Pour arrêter, on pose d'abord la cravache 
diagonalement sur le dos de l'animal. Mais 
plus tard la main qui tient les rênes doit suffire. 

Ces premières demandes de rassembler ne 
se font sur la piste que pour faire comprendre 
au cheval plus facilement ce qu'on veut de lui. 

On doit arriver le plus tôt possible à l'essayer 
au milieu du manège, avec la chambrière 
d'abord, avec la cravache plus tard. 

Sur la piste, le mur empêche qu'on ait « le 



PREPARER. b5 



complet ensemble des forces de Tanimal ». 
Aussi vaut-il mieux, si Ton se croit assez ha- 
bile, commencer dès le premier jour au milieu 
du manège, comme nous allons l'expliquer. 

Rassembler au milieu du Manège par la Cham- 
brière. — Le cavalier tient les rênes de bride 
dans la main gauche près du mors, et la cham- 
brière dans la main droite. 

Il commence par répéter ce qu'il a fait sur la 
piste pour habituer le cheval à se calmer et à 
s'arrêter au contact de la chambrière. 

Puis, ayant rendu l'animal léger, il demande 
le rassembler en élevant le fouet au-dessus de 
la croupe. 

Si le cheval se traverse, il montre la cham- 
brière à droite ou à gauche en la faisant passer 
derrière lui, et il revient toujours à la position 
élevée de la lanière au-dessus de la croupe. Il 
en touche Tarrière-main quand il est nécessaire, 
mais toujours le plus rarement possible. 

Insensiblement on en arrive à laisser la cham- 
brière sur le côté du cheval ou même tout à 
fait bas; mais quand l'action meurt, on l'élève 
ou l'on s'en sert délicatement. 



56 DRESSAGE METHODIQUE. 

Dès qu'on obtient un petit commencement 
de mobilité des extrémités en place, Tanimal 
restant parfaitement droit et n'avançant ni ne 
reculant, on arrête aussitôt par le contact enve- 
loppant de la chambrière, puis on décontracté 
complètement, et on laisse quelques secondes 
de repos avant de recommencer. 

Il faut tacher, dès ces premières leçons, que 
le cheval se rassemble sans aides, sans c|u'il 
soit nécessaire de le toucher pour donner l'ac- 
tion, et sans que la main soit utile pour empê- 
cher le poids de passer en avant. 

Rassembler au milieu du Manège par la Cra- 
vache. — Quand le rassembler s'exécute ainsi 
sans difficultés, on le demande par la cravache 
qu'on tient à la place de la chambrière dans la 
main droite. 

On part comme toujours de la légèreté, puis 
on montre la cravache à droite et à gauche 
plusieurs fois, pour donner l'action. 

Alors on l'élève au-dessus du dos de l'animal 
qu'on calme par la voix et en cherchant à l'im- 
mobiliser par de légers effets de main. 

Le cheval une fois tranquille et parfaitement 



PREPARER. 57 



droit SOUS la cravache, on Texcite au rassem- 
bler par des appels de laoL^ue et en le touchant 
au besoin délicatement de la mèche sur la 
croupe. 

Dès qu'il se mobilise en place on Tarrête, on 
décontracte et on recommence. 
■ Si l'animal rue, on le corrige par la main qui 
tient les rênes, mais jamais par la cravache. 

Il faut apporter la plus grande attention à ce 
que le cheval n'ait pas le poids sur le devant 
dans le rassembler. Aussi est-il indispensable, 
avant de le demander, de bien en débarrasser 
cette partie, c'est-à-dire d'obtenir la légèreté 
par l'élévation de l'encolure. 

On doit s'efforcer d'arriver à la mobilisation 
des extrémités sans que la main soit nécessaire 
pour empêcher le cheval d'avancer, et sans que 
la cravache ait besoin de se faire sentir. 

Enfin, si le cheval n'est plus parfaitement 
droit, il faut aussitôt arrêter, redresser, décon- 
tracter, avant de recommencer. C'est de la plus 
haute importance. 

Dans un manège carré, il est commode de se 
régler sur les murs pour s'assurer que le cheval 
est et reste bien droit d'épaules et de hanches. 

s 



38 DRESSAGE METHODIQUE. 

Recommandations importantes. — Pendant le 
rassembler, les membres postérieurs s'avan- 
cent sous la masse, mais il ne faut pas deman- 
der qu'ils restent engagés lorsque Faction qui 
le produisait vient à cesser. 

On doit, dès le commencement, apporter la 
plus grande attention à ce que les deux pieds 
de derrière s'engagent autant Tun que Tautre. 

Il arrive souvent, en eifet, que Tun des bipèdes 
diagonaux, le gauche, par exemple, se pose un 
peu plus en arrière que l'autre. Cela est surtout 
vrai pour le membre postérieur dudit bipède, 
le droit par conséquent dans le cas qui nous 
occupe. Il ne faut pas trop alors rester en place. 
On fait avancer un peu le cheval pendant que 
se produit le rassembler, et Ton tâche, par des 
effets de main et de cravache habilement pro- 
duits, d'arriver à avoir les deux pieds sur la 
même ligne. 

On ne doit pas non plus tenir un pareil che- 
val parfaitement droit. Ainsi, dans l'exemple 
choisi, il faut que la croupe soit un peu portée 
à gauche, mais sans exagération, afin de donner 
plus d'activité au membre postérieur droit qu'à 
son voisin. 



PREPARi:i^. 59 



Il est très important de corriger dès le prin- 
cipe le défaut dont nous parlons, car une fois 
c[u'on a laissé prendre à un cheval cette mau- 
vaise habitude, il est presque impossible de la 
lui faire perdre. 

Le travail à pied n'étant qu'une préparation 
à ce que Ton se propose de demander plus tard 
en selle, on ne doit pas sacrifier le principal à 
Faccessoire. 

Aussi faut-il s'empresser de faire monter 
un aide sur le cheval qu'on dresse. 

Mais on n'en continue pas moins chaque jour 
le travail à pied, afin de le rendre de plus en 
plus parfait, et il faut chercher sans cesse à 
obtenir le rassembler avec une légèreté plus 
constante et plus de régularité. 

Il se rythme dès lors de lui-même, et devient 
ainsi Piaffer. 





CHAPITRE II 

ÉQUITATION DE FANTAISIE. — ALLURES 
ARTIFICIELLES 



liAFFER. — Avec le piaffe?' on entre dans 
Fcquitation de fantaisie, équitation savante, 
pleine de jouissances, utile même pour ar- 
river à la perfection, mais non indispen- 
sable pour le dressage ordinaire. 

Quand le piaffer est bien dessiné, les battues doivent 
s'espacer de plus en plus et les membres s'élever davan- 
tage à chaque leçon. 

Le cheval doit continuer à se cadencer sans main, ni 
appels de langue, ni cravache, toujours parfaitement 
droit, Tencolure bien soutenue avec une légèreté con- 
stante, sans avancer ni reculer. 

Si les membres de devant ne s'élèvent pas autant que 
ceux de derrière, il faut toucher de la cravache l'animal 
au poitrail. Dans le cas où il voudrait alors frapper avec 
ses pieds antérieurs, on l'en empêcherait par des demi- 
arrèts, et si ce moyen ne suffisait pas, on lui remettrait 
au besoin le caveçon. 



pri:parer. 6i 



Si c'est rarricrc-main qui manque d'activiie, on 
frappe de temps à autre sur la croupe de petits coups secs. 

Passage. Trot en arrière. — • On exerce ensuite l'ani- 
mal à piatler en avançant de trois ou quatre centi- 
mètres d'abord, puis de dix à quinze à chaque temps, ce 
qui constitue le passage, et à reculer également d'un 
pouce ou deux à chaque battue, cadence qui s'appelle 
trot en arrière. 

Ces deux airs sont d'autant plus beaux que le cheval 
gagne moins de terrain en avant ou en arrière, et que le 
soutien de chaque bipède diagonal est plus élevé et 
plus prolongé, la légèreté demeurant intacte. 

On demande tout ce travail à la cravache, mais on 
peut quelquefois se servir également de la chambrière. 

Il n'est pas non plus nécessaire de desseller toujours 
le cheval. Alors la cravache excite l'animal en frappant 
sur le siège de la selle et ne touche la croupe que 
comme moyen extrême. 

Extension complète et horizontale de chacun des Mem- 
bres de devant au moyen de la Cravache. — Quand chacun 
des mouvements du travail à pied qui précède a été 
bien compris par le cheval, on peut commencer à lui 
faire lever par la cravache les deux membres antérieurs 
alternativement. 

A cet effet, on se place devant l'animal dont on élève 
la tête avec la main gauche, qui s'assure en même temps 
que le cheval est léger. 

De l'autre on tient la cravache la pointe basse. 

On en touche par petits coups, répétés à une seconde 
d'intervalle, l'avant-bras du membre qu'on veut déta- 



62 DRESSAGE METHODIQUE. 

cher du sol, jusqu'à ce que le cheval l'ait soulevé légère- 
ment. La main qui tient les rênes allège cette même 
partie en faisant refluer le poids sur le pied qui doit 
restera l'appui. 

On corrige par des demi-arrêts tous les mouvements 
de colère de l'animal et on le replace bien droit en se 
servant de la cravache qui cesse de toucher Tavant-bras 
dès que l'immobilité du corps et le calme disparaissent. 

Dans le principe, on récompense dès que le pied s'est 
détaché du sol, ne serait-ce qu'un moment. 

Puis on fait de même lever l'autre. 

A mesure que cet exercice devient plus familier au 
cheval, on demande de plus en plus le soutien, l'exten- 
sion et l'élévation du membre, c'est-à-dire qu'on ne 
cesse les attouchements de la cravache que lorsqu'on a 
obtenu un progrès, — fût-il à peine appréciable, — com- 
parativement à ce que l'animal donnait précédemment. 

11 faut de plus s'assurer que la légèreté ne s'altère 
point. 

On arrive ainsi, en agissant avec beaucoup de tact et 
en augmentant insensiblement ses exigences, à l'exten- 
sion complète de chaque membre antérieur tenu ho- 
rizontalement aussi longtemps que le cavalier n'en 
permet pas l'abaissement. 

Pas espagnol. — C'est le moment de commencer le 
pas espagnol. 

Pour obtenir cet air, le cavalier met d'abord l'animal 
sur la piste à main gauche. Il tient les rênes et la cra- 
vache comme précédemment, mais il se place un peu 
en dedans du manège pour ne pas être atteint par les 



PREPARER. 



jambes de devant. Puis il demande la légèreté et fait 
lever un des membres. 

Pendant l'extension de ce membre, il touche de la 
cravache l'animal au poitrail pour provoquer un pas en 
avant. 

Le pas exécuté, il arrête, rétablit l'équilibre s'il est 
altéré, et fait lever l'autre jambe. 

Il demande aussitôt un nouveau pas, puis arrête, 
cherche la légèreté, et ainsi de suite. 

On recommence à l'autre main en se plaçant d'une 
manière analogue. 

Dès que cette marche a été comprise par le cheval, 
on tâche de l'obtenir en se servant désormais le moins 
possible de la cravache et en reportant le poids alterna- 
tivement sur le membre qui doit rester au sol, pendant 
que l'autre marque dans son soutien toute l'extension 
dont il est susceptible. 

On s'éloigne le plus vite possible de la piste pour ne 
plus y revenir, et on s'efforce de jour en jour d'arriver à 
ce que, la légèreté restant inaltérée, l'animal prenne 
facilement cette allure artificielle qui doit être cadencée, 
harmonieuse, et aussi lente que le cavalier le désire. 

Trot espagnol. — On passe ensuite au trot espagnol. 

Pour cela on se place aussi d'abord sur la piste. Mais 
le cavalier doit regarder du même côté que le cheval 
pour ne pas être obligé de marcher à reculons. Si l'on 
est à main gauche, par exemple, l'homme tient donc les 
rênes de bride dans la main droite et la cravache dans 
l'autre. 

On met l'animal au pas espagnol, puis, tout en facili- 



Ô4 DRESSAGE METHODIQUE. 

tant cette allure par les déplacements alternatifs du 
poids vers la droite et vers la gauche, on en augmente 
la vitesse en frappant légèrement le poitrail avec la cra- 
vache, s'il est besoin. De mênie on en touche les avant- 
bras s'il faut entretenir l'extension ou l'élévation des 
membres. 

On surveille aussi constamment la légèreté. 

A mesure que l'animal prend l'habitude de rappro- 
cher les battues du pas espagnol, on accélère celui-ci 
de plus en plus, de manière à obtenir insensiblement la 
naissance du trot, lequel se produit, comme on sait, 
quand les foulées du pas, après s'être rapprochées de 
plus en plus, finissent par se confondre deux à deux, 
diagonalemcnt. 

Dès qu'on a eu un ou deux temps de trot avec l'exten- 
sion des membres de devant, on arrête, on dccontracte 
et on recommence. 

Ces essais se répètent à droite d'après les mêmes prin- 
cipes. 

On doit s'éloigner des pistes dès qu'il est possible. Il 
faut, en demandant chaque jour une ou deux foulées de 
plus avant d'arrêter, en arriver progressivement à ce 
qu'il suffise de montrer la cravache et de reporter le 
poids d'une épaule sur l'autre pour que le trot espagnol 
se produise avec une grande élévation, la légèreté res- 
tant intacte, les membres s'étendant complètement dans 
une direction horizontale, les battues se reproduisant à 
des intervalles éloignés et égaux, et chaque bipède dia- 
gonal passant de l'appui au soutien par une détente 
moelleuse et élastique qui fasse peu avancer l'animal. 
Un cheval peut être parfaitement équilibré et com- 



PREPARER. 



65 



plètement dressé par ailleurs sans faire ni trot ni pas 
espagnol, et sans même avoir appris à lever les membres 
de devant à la volonté du cavalier. 

Ces différents exercices ne sont donc nullement une 
partie indispensable du dressage, et Ton peut sans in- 
convénient s'abstenir de les demander. 

Mais d'un autre côté le trot espagnol est le plus puis- 
sant moyen de donner aux mouvements des épaules 
leur extrême développement. 

Trot à Extension soutenue. — Quand un cheval prend 
facilement cette allure artificielle, on cherche peu à peu 
à en accélérer les battues sans altérer la projection bril- 
lante et horizontale des membres de devant, et l'on ar- 
rive ainsi au trot à extension soutenue. 

Mais c'est surtout à cheval que ce dernier trot peut 
être enseigné et obtenu dans toute sa beauté par le cava- 
lier. 







CHAPITRE III 



LEÇON DU MONTOIR 




Le Cheval est sellé. 

MINER l'animal. Le récompenser dès 
qu'il se montre soumis. Procéder avec 
une extrême Gradation. 
Si Ton a affaire à un animal dont on se méfie, 
soit qu'il n'ait jamais porté Thomme, soit qu'il 
ait montré un caractère farouche et quinteux, 
on lui met le caveçon dont le cavalier tient la 
longe. 

On se place d'abord sur la piste à main 
gauche. Le cavalier fait marcher le cheval à la 
cravache. Au bout de quelques pas, il l'arrête 
par un coup de caveçon d'une force modérée, 
mais suffisante pour faire comprendre à Tani- 



PREPARER. 67 



mal la puissance de l'instrument qu'il a sur le 
nez. 

Il redemande de nouveau la marche par la 
cravache, puis il arrête encore par un léger 
coup de caveçon. 

Quand le cheval semble éprouver une crainte 
salutaire et se montre convenablement soumis 
à rhomme, un aide s'approche et se place à 
Tépaule gauche. Le cavalier flatte le cheval sur 
Tencolure et le regarde avec bienveillance. 

L'aide croise les rênes de filet dans sa main 
gauche, prend les crins de la même main et les 
tire à lui. 

Si l'animal bouge, l'aide cesse toute action 
et reste à l'épaule. Le cavalier donne un coup 
de caveçon proportionné à la faute, et replace 
le cheval comme précédemment. 

Le calme rétabli, l'aide recommence. 

Si le cheval reste immobile, le cavalier le 
flatte du regard, de la main et de la voix. L'aide 
le caresse aussi sur l'encolure et cesse de tirer 
sur la crinière. 

Quand l'animal supporte cette action sans 
s'inquiéter, l'aide prend l'étrivière gauche et la 
fait claquer. 



68 DRESSAGE METHODIQUE. 

On agit comme il vient d'être expliqué, selon 
que le cheval se tracasse ou reste calme. 

Puis l'aide engage le pied dans Tétrier, mais 
le retire au plus vite si l'immobilité disparaît. 

Il s'enlève ensuite sur l'étrier avec la plus 
grande lenteur, en évitant de toucher l'animal de 
la pointe du pied, caresse le dos et la croupe et 
redescend aussitôt à terre, mais sans brusquerie. 

Il recommence à s'enlever sur l'étrier et enfin 
passe la jambe pour arriver doucement en selle. 

Si à cet instant l'animal s'inquiète, il saute à 
terre lestement. 

Pendant toute cette série d'actions progres- 
sives, le cavalier qui tient le caveçon redouble 
d'attention, encourage la soumission du cheval 
en le flattant de la voix et de la main droite, 
mais punit par des saccades verticales toute 
manifestation de révolte ou d'impatience, ne 
donnant jamais qu'une seule saccade par faute. 

Le calme paraissant complet, l'aide recom- 
mence à se mettre en selle. Puis il chausse 
l'étrier droit. 

Il le quitte ensuite délicatement, repasse la 
jambe droite par-dessus la croupe, s'arrête un 
moment sur l'étrier gauche, caresse encore le 



PREPARER. 69 



cheval de la main droite, et descend moelleu- 
sement à terre. 

Le cavalier fait alors marcher l'animal quel- 
ques pas à la cravache en le flattant, pour 
augmenter la confiance et reposer l'attention de 
son élève. 

Quand cette suite d'actions a été répétée plu- 
sieurs fois, on prescrit à Taide arrivé en selle 
et ayant les deux étriers chaussés, de séparer 
les rênes du filet et d'assurer sa tenue, et le 
cavalier fait marcher le cheval à la cravache. 

Si le départ est calme, régulier, il flatte l'ani- 
mal de la voix et du regard en le caressant sur 
l'encolure. 

S'il en est autrement, la faute est aussitôt 
punie par un coup de caveçon proportionné. 

On rétablit la confiance et on recommence 
jusqu'à ce que le premier pas soit bon. 

Alors on arrête et Taide met pied à terre. 

On continue cette leçon sur la piste jusqu'à 
ce qu'elle soit bien comprise. 

Puis on la répète au milieu du manège tant 
qu'il est nécessaire. 

Alors on ôte le caveçon et on replace le cheval 



70 DRESSAGE METHODIQUE. 

sur la piste à main gauche, le cavalier à pied, 
tenant les rênes de la bride près du mors dans 
la main gauche pour agir par des demi-arrêts 
s'il faut punir. 

Quand l'animal se laisse monter sans bouger 
sur la piste sans le caveçon, on le met au mi- 
lieu du manège. 

Dès que dans cette dernière position Taide 
peut arriver en selle sans que le cheval pa- 
raisse inquiet, et dès que le départ au pas sur 
la cravache est régulier et calme, le cavalier 
doit faire éloigner Taide et monter lui-même. 

A cet elîet, il met encore le cheval sur la piste 
comme précédemment. Il tient l'extrémité des 
rênes de bride dans la main droite, et répète la 
leçon comme nous venons de l'indiquer, avec 
cette différence que c'est lui qui corrige par des 
demi-arrêts sur la bride toutes les fautes de 
l'animal, et qu'une fois en selle il ne le fait pas 
marcher. 

Si le cheval reculait à son approche, le cava- 
lier reviendrait sans brusquerie à hauteur du 
poitrail et le ferait avancer à la cravache au- 
tant qu'il serait nécessaire. 



PREPARER. 



Il faut que le cavalier conserve sa main droite 
le plus libre possible, ne s'en servant pour s'en- 
lever et se tenir que quand il ne peut pas faire 
autrement. Il doit redoubler de tact et dlia- 
bileté. 

La leçon bien comprise sur la piste se redonne 
au milieu du manège, et alors, quand Tanimal 
reste toujours calme et immobile dans cette 
position, on peut le dire confirmé au montoir. 

Si, en raison des précédents du cheval, ou de 
son caractère doux et soumis, on juge inutile 
dès le principe de se servir du caveçon, la leçon 
se donne avec la bride seule, de la même ma- 
nière, et en suivant soigneusement la même 
progression, avec cette différence que le cava- 
lier à pied punit par des demi-arrêts tous les 
mouvements de révolte instinctifs ou volon- 
taires de l'animal. 




CHAPITRE IV 

FAIRE DEMANDER PAR UN AIDE 

A CHEVAL LE TRAVAIL ENSEIGNÉ A PIED 

LEÇON DE L'ÉPERON. 



X fait monter un aide sur le cheval 
sellé, qui a le caveçon, à moins qu'on 
n'ait jugé, pour des raisons sérieuses, 
cette précaution inutile. 

La leçon se donne dès le début au milieu du 
manège. 

Le cavalier à pied tient la longe, ou, si Ton 
n'a pas mis le caveçon, les rênes de bride près 
du mors. 

L'aide a une rêne de filet dans chaque main 
et ne s'occupe d'abord que de sa tenue, se lais- 
sant porter sans agir en rien sur l'animal. 
Le cavalier à pied redemande alors tout le 




PREPARER. 



7J 



travail que le cheval a appris jusque-là non 
monté. C'est afin de le familiariser avec le 
poids de rhomme. 

Dès que chacun de ces exercices s'exécute 
facilement ainsi, le cavalier prescrit à Taide qui 
est en selle de le demander lui-même. 

Ce dernier commence par les flexions. 

Flexions. — Il cherche donc d'abord la légè- 
reté sur les deux rênes de filet à la fois, en éle- 
vant beaucoup la tête et Tencolure. 

Il la demande ensuite sur les deux rênes de 
la bride, puis sur chaque rêne de filet et de 
bride séparément, en alternant toujours comme 
il est prescrit. 

Marcher. — Une fois les flexions obtenues, 
l'aide ferme les deux jambes également et pro- 
gressivement. 

Si ranimai se porte en avant à cet effet, les 
jambes se relâchent; on caresse et on arrête. 
L'aide redemande aussitôt la légèreté. 

Si, à l'approche des jambes de l'aide, l'ani- 
mal ne se porte pas en avant, le cavalier à 
pied le détermme à obéir, par la cravache au 
poitrail , pour lui faire comprendre ce qu'on 
veut obtenir en le touchant des mollets. On 



74 DRESSAGE MÉTHODIQUE. 

recommence jusqu'à ce que le contact du pan- 
talon ou de la botte produise la marche en 
a^'ant. 

Reculer. Pas de côté. Pirouettes. Commence- 
ments de Rassembler (et de pas espagnol). — 
L'aide demande de même le reculer, les pas de 
côté, les pirouettes, puis sur les pistes aux deux 
mains, quelques soupçons de rassembler [et 
même im peu de pas espagnol) si Tanimal y a 
déjà été suffisamment préparé. 

Comme nous Tavons expliqué pour la mar- 
che en avant, le cavalier s'empresse de faire 
comprendre au cheval ce qu'on veut de lui dès 
qu'il montre la moindre hésitation. 

On se contente de la plus petite apparence 
d'obéissance pour récompenser au plus vite et 
donner du repos. 

Si l'animal essaie de se défendre ou commet 
une faute quelconque, le caveçon agit immé- 
diatement comme punition. 

Si Ton s'est cru assez sûr du cheval qu'on a 
entrepris pour ne pas lui mettre cet instrument, 
le cavalier à pied se contente de tenir alors 
constamment les rênes de bride près du mors; 
mais c'est toujours lui — et non l'aide à cheval 



PRÉPARER. 75 



— qui corrige par des demi-arrêts chaque fois 
qu'il est nécessaire. 

Ces mêmes prescriptions s'appliquent à la 
leçon que nous allons détailler et qui a pour 
but d'apprendre au cheval à connaître l'éperon. 

On la donne dès que Tanimal commence à 
répondre aux aides de l'homme qui le monte. 

Habituer le Cheval à l'Eperon. — Voici com- 
ment il faut procéder. 

Appui des Mollets. — L'aide ayant des bottes 
sans éperons, le cavalier lui prescrit, après qu'il 
a obtenu une bonne légèreté sur les deux rênes 
de filet, d'approcher les deux mollets des flancs, 
et d'augmenter lentement la force de cette pres- 
sion, tout en faisant avec le filet une opposition 
suffisante pour empêcher le cheval de se porter 
en avant. 

Si l'animal conserve son immobilité, son 
calme et sa légèreté pendant que l'aide serre 
les jambes avec une certaine énergie, on s'em- 
presse de tout rendre et de caresser. 

S'il se mobilise, s'inquiète, l'aide continue la 
pression de ses mollets sans l'augmenter, et le 
cavalier agit par saccades de caveçon ou par 



76 DRESSAGE METHODIQUE. 

demi-arrêts, jusqu'à ce que rimmobilité sur- 
vienne. Alors l'aide desserre ses jambes au plus 
vite et le cavalier flatte le cheval de la voix et 
de la main. 

Appui des Talons nus. — Quand Tanimal sup- 
porte la plus grande pression des jambes de 
Faide sans perdre ni son calme, ni son immo- 
bilité, ni sa légèreté, on prescrit à ce dernier de 
les fermer jusqu'au contact des talons. 

Lorsqu'un fort appui des talons nus est ac- 
cepté avec la même tranquillité que celui des 
mollets, on adapte Téperon à la botte. Mais on 
a soin d'envelopper les molettes d'un peu 
d'étoupe ou de vieux linge qu'on enferme dans 
des morceaux de peau ou des bouts de doigts 
de gants au moyen de ficelle dont on entoure 
les collets. 

Appui des Molettes recouvertes. — On suit 
la même progression que précédemment, 
pour habituer le cheval aux molettes recou- 
vertes. 

Appui des Eperons débarrassés de toute Enve- 
loppe. _^ On débarrasse alors celles-ci de toute 
enveloppe et on recommence ce qu'on a fait 
pour l'appui des mollets, des talons nus et des 



PREPARER. 



éperons recouverts, en agissant encore avec 
plus de délicatesse, si c'est possible. 

En Place. — Ainsi on débute par serrer les 
mollets avec une grande énergie, puis le fer 
s'approche progressivement du poil où il se 
coWq franchement, mais sans trop de puissance 
d'abord. 

Dès qu'il a touché, au premier moment de 
cahne, d'immobilité et de légèreté, l'aide s'em- 
presse de rendre, c'est-à-dire de baisser les 
poignets et de desserrer totalement les jambes 
en éloignant d'abord ses éperons du poil et en 
relâchant en dernier lieu ses mollets. On caresse 
en même temps. 

Si le cheval « rue à la botte », le cavalier à 
pied punit par le caveçon ou par des demi- 
arrêts. 

On recommence souvent à approcher ainsi 
en station les éperons. On se montre très géné- 
reux pour la récompense, de manière à bien 
confirmer le cheval, à bien lui faire comprendre 
que ce qu'on cherche c'est l'immobilité et la 
légèreté, et qu'on le flatte dès qu'il se calme et 
se tranquillise. 

Marcher sur l'Éperon. — Quand on a obtenu 



78 DRESSAGE METHODIQUE. 

ce résultat en place, il faut ensuite, et c'est de 
la plus haute importance, habituer Tanimal à 
« se porter de pied ferme en avant sur Téperon ». 

A cet effet, les éperons étant au poil, et la 
main, après avoir fait opposition pour main- 
tenir l'immobilité, ayant rencontré la légèreté, 
Taide baisse un peu les poignets et augmente 
la force de Tappui du fer. 

Si le cheval se porte en avant, les aides in- 
férieures se relâchent aussitôt, puis la main 
arrête. 

On recommence plusieurs fois. 

Si l'animal ne se met pas en marche lorsque 
la pression des éperons a atteint son maximum 
d'intensité, le cavalier à pied le détermine à se 
porter en avant en le touchant au poitrail avec 
sa cravache. 

On répète cet exercice autant qu'il est néces- 
saire pour y bien confirmer le cheval. 

Appui des Eperons en marchant au Pas. — Puis 
on dit à l'aide en marchant au pas, d'appuyer 
d'abord les mollets, puis d'arriver doucement 
mais franchement au fer, la main empêchant 
l'accélération de l'allure; c'est-à-dire d'éviter 
rapproche timide des éperons qui produit des 



PREPARER. 



79 



attouchements intermittents, lesquels chatouil- 
lent ou irritent Tanimal. 

Si Tarrivée des éperons au poil amène du 
désordre, le cavalier à pied rétablit le calme et 
la régularité de la marche par le caveçon ou des 
demi-arrêts. 

Passer du Pas au trot sur l'Eperon. — Il faut 
ensuite accoutumer le cheval, Téperon étant 
au poil, à passer du pas au trot par une plus 
grande pression du fer. 

Appui des Éperons au petit Trot. — Enfin, en 
suivant toujours la même gradation, on habitue 
l'animal à supporter Tappui du fer au petit trot 
— la main faisant opposition — sans que ni 
l'allure ni la légèreté n'en éprouvent d'alté- 
ration. 

Tous ces appuis d'éperons se font d'abord 
en se servant du filet comme opposition au 
surcroît d'action qui en est la conséquence. 
Mais il faut s'empresser de faire usage du mors 
de bride dès que l'animal reste calme à l'ap- 
proche des molettes, et c'est uniquement de ce 
mors, des rênes de bride par conséquent, qu'on 
doit se servir dans la suite, lorsqu'on a besoin, 
pour une cause ou une autre, d'enfermer sa 



8o DRESSAGE METHODIQUE. 

monture entre le fer du mors et celui des 
éperons. 

A partir de ce moment, le cheval « connaît 
Féperon ». On peut alors remployer quand il 
est nécessaire, sans que son usage produise du 
désordre, et l'on est sûr, désormais, d'avoir de 
rimpulsion quand on s'en sert, puisqu'on a 
appris à Tanimal à donner toujours à ses forces 
la direction d'arrière en avant lorsque le fer 
s'appuie au poil. 

De plus, on a sur le cheval un moyen assuré 
de domination, piliisqu'on a la facilité de Tem- 
pêcher d'exécuter quoi que ce soit de contraire 
à la volonté de celui qui le monte, et de le 
forcer par contre à lui obéir. 

C'est donc le moment pour le cavalier de 
congédier son aide et d'enfourcher seul doré- 
navant son élève, devenu, par ce dressage pré- 
paratoire, entièrement à la discrétion de celui 
qui sait à cheval se servir convenablement de 
ses aides et surtout de ses éperons. 




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DEUXIEME PARTIE 



PRÉPARER [Suite) 



II 



DEUXIEME PARTIE 



PREPARER [Suite] 



RECOMMANDATIONS GENERALES 




RRÊTER tout désordre par l'effet d'En- 
semble sur l'Éperon. — Une fois en 
selle, si le cheval veut essayer une 
défense quelconque, le cavalier 
doit aussitôt Ten empêcher par un « effet d'en- 
semble sur l'éperon » ; et voici comment il faut 
s'y prendre pour le pratiquer. 

La première condition de réussite, c'est de 
ne pas lâcher la tête de l'animal. On doit donc 
avoir les rênes courtes. Il est préférable et plus 
sûr, comme nous Tavons dit, de se servir pour 
cet effet de celles de la bride. Mais fessentiel 
est de ne pas rendre, de façon à empêcher tout 



84 DRESSAGE MÉTHODIQUE. 

mouvement diéloignement de la tète. Les mol- 
lets se ferment en même temps avec force et, 
aussitôt après leur étreinte énergique, on arrive 
à l'appui bien franc des deux éperons. La main 
continue son opposition, jusqu'à ce que cette 
pression vigoureuse, graduée et simultanée des 
jambes et des éperons poussant la masse sur le 
mors qui fait barrière, ait produit Timmobilité, 
ou rétabli la régularité de Tallure si Ton est en 
mouvement et qu'on juge inutile d'immobiliser 
l'animal. La légèreté s'étant manifestée, on 
relâche les doigts, puis les éperons, et enfin les 
jambes. 

L'etfet d'ensemble, ainsi pratiqué sans hési- 
tation, est le seul moyen absolument sûr d'em- 
pêcher une défense. Mais, même dans le cas 
où l'occasion d'en faire usage ne se présente 
pas, il est indispensable de consacrerune partie 
de chaque séance à redonner toute la leçon de 
l'éperon pendant les premiers jours où l'on 
monte l'animal sans le caveçon. 

Quoiqu'on puisse s'en dispenser, il est sou- 
vent bon, par prudence, d'obliger un aide à se 
maintenir /'7'è.y de la tête du cheval — mais sans 
le tenir si tout va bien — pendant qu'on le 



PREPARP:R (SUITE). S5 

confirme dans la connaissance de Téperon. 

On reprendrait même le caveçon,si — contre 
toute attente — des désordres inquiétants sur- 
venaient à ce moment. 

Si ranimai reculait à Tappui des éperons, il 
faudrait Tattaquer vigoureusement, jusqu'à ce 
qu'il se soit porté en avant. Cette défense est 
peu à craindre, si Ton a bien suivi la progres- 
sion indiquée. 

Il faut toujours que le cheval se porte sur la 
main à Tappui des éperons, et à plus forte rai- 
son à Fattaque des éperons. Il en doit être de 
même dans Teffet d'ensemble de pied ferme; 
seulement, là, il n'y a pas de mouvement. Mais 
les forces viennent finir contre le mors qui fait 
céder la mâchoire. 

Si l'animal rue à l'approche du fer, le punir 
par un coup de cravache cinglé près de la botte. 
N'en donner qu'un seul, mais bon, et aussitôt 
la désobéissance. 

De l'efTet de la Cravache . — La cravache a pour 
effet de disperser les forces du cheval, quand 
celui-ci les concentre contre la volonté du 
cavalier. 



86 DRESSAGE METHODIQUE. 

Ainsi, quand un animal se rassemble pour 
se défendre, quand il va ruer, se cabrer, ou 
bondir, si Ton veut le châtier par la cravache, 
il faut en appliquer un vigoureux coup, un peu 
en arrière de la botte, mais un seul pour ne 
pas provoquer en lui l'exaspération qui amène 
la lutte. Qu'il ne voie pas la cravache : il n'en 
sera que plus effrayé par ce châtiment subit qui 
lui en fait redouter un plus douloureux encore. 

L'emploi de ce moyen n'est, du reste, pas 
indispensable dans ce cas, attendu que l'effet 
d'ensemble sur l'éperon permet de prévenir 
toutes les défenses, d'arrêter tous les désordres 
et de contraindre l'animal à continuer son 
mouvement à toutes les allures et dans toutes 
les directions. 

Des Fouaillements de Queue. — Quand l'ap- 
proche des éperons ou des jambes provoque 
un fouaillement de queue, il faut se contenter 
de l'éperon à boules rondes ou même du talon 
nu, si l'animal a assez d'action. 

Procéder avec une extrême gradation. Suivre 
une sage progression. Pas de surprise; pas 
d'enjambements. 



PREPARER {SUITE). 87 

Mettre d'abord l'animal en confiance. 

On doit en rester aux appuis des mollets, 
tant que leur simple contact amène un fouail- 
lement. Chaque fois qu'on approche les jambes, 
on les laisse alors collées aux flancs jusqu'à 
ce que tout mouvement de queue ait cessé. Il 
faut que l'animal finisse par ne plus s'en préoc- 
cuper. Quand il ne fouaille plus du tout de la 
queue à l'approche des mollets, on arrive à 
l'appui des talons nus, et quand les talons 
n'amènent plusdefouaillements, on appuie des 
éperons à boules rondes. 

Enfin, quand le contact des boules rondes 
laisse le cheval froid, ne produit plus à son tour 
de fouaillement de queue, on essaie d'appuyer 
des molettes nues à pointes émoussées; mais 
si la queue recommence encore à s'agiter, il vaut 
mieux s'en tenir aux boules rondes. 

On doit s'abstenir avant tout de favoriser ces 

fouaillements. Ainsi , par exemple, tant qu'il s'en 

manifeste, il ne faut pas demander de piaffer. 

Ils ne proviennent que d'une mauvaise 
contraction des muscles de la croupe. Si cette 
partie ne se contracte que pour pousser en 
avant, ils ne se produisent pas. Il faut donc 



88 DRESSAGE METHODIQUE. 

éviter le plus possible d'opposer la main aux 
jambes tant qu'il y a fouaillement, afin de don- 
ner plus facilement aux forces la direction 
d'arrière en avant. 

Quand le cheval ne revient plus sur lui à 
rapproche des jambes, ou des éperons, et que, 
à ces actions, les jarrets s'engagent bien fran- 
chement /^oz/rjpoz/i-^er^ le fouaillement disparaît. 
C'est qu'il n"y a plus alors dans la croupe que 
les contractions propres à produire l'impulsion. 

But des premiers Procédés de Dressage. — Les 
procédés de dressage que nous allons d'abord 
détailler ont pour but d'élever l'encolure de 
manière à alléger le devant, à rendre facile le 
reflux du poids ci'avant en arrière, et d'arriver 
ainsi à l'équilibre. 

L'élévation de l'encolure ne peut s'obtenir 
qu'en agissant en même temps sur la tète du 
cheval. On ne s'occupe donc pas de la position 
que peut prendre en commençant cette dernière 
partie. Quand l'encolure se soutient bien, la lé- 
gèreté à la main se complète par la décontrac- 
tion de la mâchoire, et la tète se rapproche plus 
ou moins de la verticale. 



PREPARER [SUITE). 89 

C'est ensuite au cavalier à la fixer au ramener 
par les moyens que nous décrirons plus tard. 

Main sans Jambes, — ^ Jambes sans Main. — On 
doit appliquer dès le commencement le prin- 
cipe « jambes sans main, main sans jambes » 
toutes les fois qu'on n'a pas besoin — pour 
empêcher une défense ou pour faire sentir à 
ranimai la domination de Thomme — de se 
servir de Teffet d'ensemble sur l'éperon. 

En évitant d'employer simultanément la main 
et les jambes, le cheval comprend plus claire- 
ment ce qu'on veut de lui, et le cavalier est obli- 
gé à plus de justesse dans Temploi de ses aides, 
parce que toutes les erreurs commises par lui 
apparaissent aussitôt sans atténuation. 

Il arrive au contraire la plupart du temps, 
quand on se sert en même temps des jambes et 
de la main, que les jambes corrigent instincti- 
vement les fautes de la main et que réciproque- 
ment la main corrige les fautes des jambes. 




CHAPITRE PREMIER 

TRAVAIL PRÉPARATOIRE AU MILIEU 
DU MANÈGE 



Itant à cheval arrêté au milieu du 
manège, faire un nœud aux rênes de 
bride et un nœud aux rênes de filet 
pour les avoir plus courtes. 

Manière de demander la Légèreté. — La légè- 
reté se demande à cheval de la même manière 
qu'à pied ; c'est-à-dire que le cavalier sent la 
bouche en donnant une demi-tension à ses 
rênes. Si après avoir continué cette action pen- 
dant un certain temps, tout en Taugmentant 
légèrement, la décontraction de la mâchoire 
tarde trop à venir, les résistances du poids se 
combattent parle demi-arrêt, et celles des forces 
par la vibration. 



PREPARER {SUITE). 91 

Ce n'est qu'après les avoir vaincues que se 
donne avec les mêmes rênes Tindication du 
mouvement. 

Il importe de les bien distinguer. 

On doit entendre par résistances de forces les 
contractions que la mâchoire oppose volon- 
tairement à la main du cavalier. Ces mouve- 
ments voulus par le cheval lui servent à repous- 
ser à chaque instant le mors en s'appuyant 
dessus par une sorte de tic nerveux. 

Le poids empêche l'équilibre sans que le 
cheval veuille résister; au lieu que les forces 
sont le moyen par lequel il lutte contre le mors 
au lieu de le faire sauter moelleusement avec 
sa langue. 

Mais il arrive fréquemment, quand on doit 
donner un demi-arrêt pour obtenir la légèreté, 
qu'il faille également employer la vibration, et 
inversement, quand on fait usage de la vibra- 
tion, qu'un demi-arrêt soit aussi nécessaire, 
attendu que l'animal résiste souvent en même 
temps par le poids et par les forces. 

On n'oubliera pas que pour donner le demi- 
arrêt ou la vibration il faut bien serrer les 
doigts. Peu déplacer les mains, contourner 



DRESSAGE METHODIQUE. 



le poignet gauche de manière que la rêne 
gauche soit également bien tendue. C'est le pe- 
tit doigt qui a le principal rôle, quelle que soit 
la main qui agit. 

Dans la vibration il ne faut pas abandonner 
la bouche du cheval. C'est une invitation à 
céder, invitation légère, très délicate. 

Lorsque de pied ferme on rencontre une ré- 
sistance à l'effet d'une rêne employée isolément, 
on arrive quelquefois encore plus vite à la vain- 
cre en déplaçant la croupe par la jambe du 
même côté. 

On fait alors tourner l'arrière-main métho- 
diquement, lentement, autour des épaules, 
mais d'une façon continue, jusqu'à ce que la 
décontraction de la mâchoire se soit mani- 
festée. 

Travail en Place au milieu du Manège. — En 
place, demander la légèreté sur les deux rênes 
de filet. Lâcher le filet. 

Demander la légèreté par les deux rênes de 
bride. Lâcher la bride. Puis faire céder sur les 
rênes de filet ou de bride employées isolément. 



PREPARER (SUITE). q3 

Rêne droite de filet. Rêne droite de bride. Rêne 
gauche de filet. Rêne gauche de bride. 

Dans ces etfets de rênes, tenir le poignet haut 
pour relever le plus possible Tencolure du che- 
val. 

Marcher ensuite, mais en décomposant, 
c'est-à-dire : demander la légèreté. Baisser la 
main, fermer les jambes. Quand on a obtenu 
un pas en avant, relâcher les jambes et arrêter 
par la main seule. Redemander la légèreté. 
Faire un nouveau pas en avant, et ainsi de 
suite. 

Se bien pénétrer que la main seule doit faire 
céder la mâchoire, principe qui doit être consi- 
déré comme ne comportant jamais d'exception, 
au moins pendant la plus grande partie du 
dressage. 

Puis reculer. Pour ce mouvement comme 
pour tout, commencer par avoir la légèreté, et 
élever la main sans faire agir les jambes. Si l'on 
sent que le poids s'oppose à l'obéissance à cette 
indication, « forcer le mouvement >>, c'est-à-dire 
arriver au reculer par une force énergique mais 
progressive, habilement graduée jusqu'à ce que 
l'on ait obtenu un pas en arrière. Alors laisser 



94 DRESSAGE MÉTHODIQUE. 

un instant le cheval en place. Redemander la 
légèreté. Puis « forcer » encore le reculer; ar- 
rêter, décontracter, et continuer ainsi en dimi- 
nuant rintensité de l'action du mors jusqu^à ce 
que le poids des rênes suffise pour obtenir la 
marche rétrograde. 

Passer ensuite aux pas de côté à droite et à 
gauche. 

Commencer par demander la légèreté. Puis 
faire agir d'abord la jambe du côté j'ers lequel on 
l'eut aller. 

Cet effet doit toujours préeédi'r Faction de 
l'autre jambe. 

Il a pour résultat de placer Tarrière-main un 
peu obliquement et d'empêcher les hanches de 
devancer les épaules dans la marche de deux 
pistes. C'est ainsi que l'on évite l'acculement. 

Aussitôt que la jambe droite, par exemple, a 
légèrement déplacé la croupe vers la gauche, la 
jambe gauche se ferme un peu plus en arrière, 
pendant que la main, empêchant l'impulsion de 
s'échapper en avant, se porte vers la droite en 
faisant prédominer Tettet de la rêne gauche. 

Ne demander qu'un ou deux pas. Puis arrê- 
ter. Rendre léger. Recommencer. 



PREPARER (SUITE) 



Ç)0 



Alterner les pas de côté vers la droite et vers 
la gauche. 

Faire ensuite les pirouettes renversées, puis 
les pirouettes ordinaires, en suivant la même 
gradation, c'est-à-dire pas par pas et en réta- 
blissant à chaque instant la légèreté. 

Dans les pirouettes ordinaires la rêne oppo- 
sée au côté vers lequel on va, doit contenir les 
hanches par son appui, et remplacer le plus 
possible la jambe du dehors. 




£*5^feSs**:s?'3' 



CHAPITRE II 



AU PAS 




E Cheval droit. — On passe ensuite au 
travail au pas sur les pistes. 

On doit s'eftbrcer dès le premier 
jour de maintenir toujours le cheval droit 
d'épaules et de hanches. 

Cette recommandation est du reste applicable 
à toutes les périodes du dressage. 

Entretenir la Légèreté en décomposant d'abord, 
puis sans arrêter. — Pour rétablir ou conserver 
la légèreté en marchant au pas, il ne faut pas, 
comme nous Tavons dit, faire agir en même 
temps les jambes et la main. Voici comment on 
doit procéder. 

La main se met en contact avec la bouche. 



PREPARER (SUITE). 97 

Si à ce contact le cheval se montre léger en 
mobilisant moelleusement sa mâchoire, la 
main rend. Si elle rencontre au contraire des 
résistances, on arrête. On les détruit par les 
moyens connus et on redemande ensuite le 
mouvement par les jambes en baissant les 
poignets. Une fois le mouvement obtenu de 
nouveau, si la vitesse ou Téquilibre s'altè- 
rent, c'est aux jambes ou à la main, selon le 
cas, mais agissant toujours isolément, à les ré- 
tablir et à régler l'allure. 

Pour aller vite en commençant, il faut tenir 
les jambes à une petite distance des flancs au 
moment où le mors agit, et ne rendre que suf- 
fisamment pour ne plus sentir la bouche, dès 
que les jambes sont employées. On peut ainsi 
passer très rapidement d'une action de la main 
à un etfet des jambes, et souvent on a besoin de 
se servir successivement de l'une et de l'autre 
à des intervalles très rapprochés. Le point es- 
sentiel dans cette partie du dressage c'est de ne 
pas opposer la main aux jambes, sauf dans le 
cas où il est nécessaire d'en arriver à l'effet 
d'ensemble sur l'éperon. Tout est là. 

Pendant la marche, il faut laisser le cheval 



gS DRESSAGE MÉTHODIQUE. 

libre tant qu'on le peut. Alterner les mises en 
main sur la bride et sur le filet. 

Comme nous venons de le dire, il vaut mieux, 
dans le commencement, décomposer, c'est-à- 
dire arrêter pour rétablir Téquilibre quand il 
y a lieu. Mais, plus tard, on doit arriver à re- 
trouver la légèreté en restant au pas. Quand on 
essaie de vaincre en marchant une résistance de 
poids, se bien pénétrer de ce que le demi-arrèt, 
pour rendre le cheval léger lorsqu'il pèse à la 
main, n'est point une saccade. Il consiste à 
passer rapidement, mais graduellement d'une 
force minime à une force plus grande, et pro- 
portionnée au degré de la résistance rencontrée. 
De plus, il doit être dirigé de bas en haut, et non 
d'avant en arrière. 

N'en donner qu'un à la fois; puis revenir à 
la demi-tension des rênes. C'est la preuve de 
l'opération. 

On recommence s'il est nécessaire. 

Si, en sentant la bouche, on rencontre une ré- 
sistance à l'action du mors et qu'on croie qu'elle 
vient des forces seules, vibration légère, continue, 
et pas plus forte à la fin qu'au commencement. 



PRÉPARER {SUn^E). 99 

Si la vibration n'amène aucun résultat, c'est 
que, en outre de la résistance de force, le poids 
est trop en avant. Alors demi-arrét,puis vibra- 
tion; mais il est préférable, dans ce cas, de 
décomposer, c'est-à-dire d'arrêter pour décon- 
tracter plus vite. 

Lorsqu'on agit avec une rêne isolée et qu'une 
résistance se manifeste à l'action de cette rêne, 
il vaut mieux donner sur l'autre rêne du même 
mors le demi-arrêt ou la vibration. 

Mais on peut aussi essayer de détruire une 
résistance à une rêne isolée sans arrêter, en 
faisant céder la croupe par la pression de la 
jambe du même côté, ce qui, en portant les 
hanches en dehors de la ligne des épaules, sup- 
prime le point d'appui de la résistance. 

Quand on veut rétablir la légèreté sans dé- 
composer, il ne faut altérer en quoi que ce 
soit l'allure du cheval. La force qui combat 
les mauvaises contractions ne doit jamais 
prendre sur celle qui entretient le mouve- 
ment. 

Dès que le cheval est léger, tout rendre en 
étant attentif aux moindres fautes qu'il peut 
commettre. 



DRESSAGE METHODIQUE. 



De la Descente de Main. — De temps en temps 
arrêter; ajuster les rênes de bride; Tanimal 
étant léger et ayant la tête placée, ouvrir la 
main gauche et baisser la main droite qui tient 
le bout des rênes nouées, jusqu'à Tencolure. 

Dès que le cheval quitte sa position de tête, 
le reprendre. C'est là la descente de main. 

Essayer de la même façon des descentes de 
main en marchant au pas. Mais quand l'ani- 
mal est léger, mâche son mors, et qu'on lui a 
tout rendu, ne pas permettre de déplacement de 
tête ni d'affaissement d'encolure. 

Reprendre le cheval dès qu'il s'abandonne, 
dès qu'il baisse l'encolure ou qu'il augmente 
son allure. 

Il faut donc chercher dès le principe à le 
laisser libre. 

Mais il ne faut lui donner cette liberté qu'avec 
l'équilibre, avec la légèreté. Qu'il apprenne de 
bonne heure à se soutenir de lui-même, la tête 
bien placée. 

Ce n'est que quand l'éducation de l'animal 
avance, qu'on peut arriver aux descentes com- 
plètes de main et aussi de jambes. 



PREPARER {SUITE} 



Du Pas au Reculer.- — Passer très fréquemment 
de la marche au pas au reculer. Dès que la 
légèreté est bonne, repartir au pas. Reculer, 
repartir, etc. 

Tourners sur de petits Cercles par l'Appui de la 
Rêne du dehors. — On aborde ensuite les tour- 
ners sur les petits cercles par la rêne du dehors 
(rêne contraire). 

Voici comment il faut procéder. 

Les rênes nouées (de bride ou de filet alter- 
nativement) étant tenues dans une seule main, 
cette main se porte du côté du tourner. La rêne 
du dehors agit donc seule. 

Si, à son action, la mâchoire reste liante, le 
bout du nez du cheval se tournant légèrement 
vers Textérieur du cercle, le poids de Tencolure 
reflue du côté du dedans. Si alors les épaules 
s'inclinent franchement et moelleusement vers 
le centre de la circonférence, on rend aussitôt. 

Si, au contraire, Tappui de la rêne du de- 
hors rencontre une résistance, on la fait dis- 
paraître par les moyens connus, et la rêne du 
dedans agit en même temps discrètement pour 
aider au tourner. 



DRESSAGE METHODIQUE. 



Le point essentiel, ce n'est pas une inclinai- 
son très marquée de Fencolure, c'est la mobi- 
lité de la mâchoire, en un mot la légèreté par- 
faite. 

Cependant le poids de Tavant-main doit être 
porté vers le dedans du cercle afin de charger 
davantage Tépaule intérieure et de laisser une 
liberté d'action plus grande à l'autre épaule qui 
a plus de chemin à parcourir. Mais au fur et à 
mesure qu'avance le dressage, le bout du nez 
du cheval doit se tourner de moins en moins 
vers le dehors. On peut même arriver à obte- 
nir le changement de direction par la rêne 
extérieure avec un léger pli de l'encolure vers 
le dedans. 

Dans les commencements on demande les 
tourners, la tête haute et plus ou moins hori- 
zontale. Mais, dès que l'éducation du cheval 
avance, il faut les exécuter au ramener. 

On les prépare alors en demandant de pied 
ferme l'inclinaison du poids de l'encolure vers 
la droite ou vers la gauche par l'appui de la 
rêne du côté opposé. 

Cet appui se produit en élevant le poignet et 
en le portant légèrement en arrière dans la 



PREPARER {SUITE). io3 

direction du bipède diagonal correspondant à 
la rêne agissante. 

Tourners par la Rêne du dedans. — Entremêler 
ces tourners sur de petits cercles parla rêne du 
dehors, de tourners par la rêne du dedans qui 
doit aussi provoquer la décontraction de la 
mâchoire, en même temps qu'elle donne la 
direction. Continuer Faction douce de cette 
rêne jusqu'à la cession. 

Serpentine. — On exécute ensuite la serpen- 
tine. 

Pour qu'elle soit bien faite, il faut tourner 
très court en arrivant à la piste, et marcher 
ensuite parfaitement droit et perpendiculaire- 
ment sur l'autre mur. 

La serpentine s'exécute par la rêne du dehors 
ou par celle du dedans (rêne directe), mais il 
faut surtout travailler ce mouvement par celle 
du dehors (rêne contraire). 



Changements de Main de deux Pistes. — Pour 
arriver à exécuter le changement de main de 
deux pistes, on commence par demander seu- 



104 DRESSAGE .METHODIQUE. 

Icment un ou deux pas de coté en arrivant au 
mur opposé ; on en exige ensuite trois ou quatre. 

Puis on tient les hanches depuis la ligne du 
milieu et enfin d'un mur à Tautre. 

Dans les pas de côté, les deux jambes peuvent 
et doivent même être employées en même 
temps. Ces deux actions ne se contredisent pas, 
puisque Tune pousse vers un côté et Tautre en 
avant; mais il faut toujours que Tune soit un 
peu plus en arrière que Tautre. 

Pas de côté, la Tête, puis la Croupe au Mur. — 

Etant sur la piste, demander le mouvement de 
la tète au mur. Dès que la mâchoire se raidit, 
arrêter dans la position oblique; décontracter 
et repartir. Le moins de jambes et de main 
possible. 

Procéder de même pour la croupe au mur. 
Aller lentement. Décontracter souvent. 

Alterner ces mouvements. 

Dans les pas de côté, la rêne opposée (la 
rêne d'appuij doit remplacer le plus possible 
la jambe du même côté. 

Dès que le mouvement se dessine, se passer 
de jambes et de main autant qu'on le peut. 



PREPARI:R (SUITE). io5 

Après la tête au mur ou la croupe au mur, 
redresser toujours avant de demander Texer- 
cice opposé. On remet ainsi le cheval dans son 
équilibre, on le rend léger, et l'on n'a plus alors 
qu'une force à vaincre pour exécuter le mou- 
ment inverse. 

Dans la marche de deux pistes, si Ton ren- 
contre de la résistance à l'appui d'une rêne, au 
lieu de marquer une action un peu forte et fixe 
comme cela se pratique ordinairement, rem- 
placer cette action par un demi-arrêt, un 
deuxième, un troisième, etc., si c'est néces- 
saire. 

En passant de la croupe au mur à la tête au 
mur, ou inversement, et en redressant un che- 
val, empêcher l'avant- main d'avancer avant 
que la nouvelle position soit donnée. 

Dans le mouvement de la tête au mur, quand 
on passe un coin de gauche à droite, par 
exemple, la jambe droite doit ralentir légère- 
ment la croupe pour laisser le temps aux 
épaules de faire leur plus grand arc de cercle 
en accélérant un peu leur marche. 

Dans la tête et la croupe au mur, les jambes 

14 



io6 DRESSAGE METHODIQUE. 

ne doivent donner que Vactiou et la main la 
position. 

De plus, de même que la main ne doit pas 
agir d'une façon continue, les jambes ne doi- 
vent rester aux flancs que tant que cela est né- 
cessaire ; en un mot, leur effet doit être, non pas 
fixe, mais intermittent. 

Petits Contre-changements de Main de deux 
Pistes. — p]tant sur la piste, appuyer de deux 
pas en dedans ; marcher droit deux pas ; appuyer 
de deux pas en dehors pour reprendre la piste, 
et ainsi de suite. 

Répéter ce travail en traversant le manège 
dans sa longueur. 

Pirouettes ordinaires et renversées. — Les pi- 
rouettes ordinaires ou renversées se commen- 
cent en les décomposant. 

Demander un pas de pirouette. Arrêter. 
Rendre léger. Demander un autre pas, arrêter 
et ainsi de suite. 

Les exécuter ensuite deux pas par deux pas. 
Puis par quart de pirouette et enfin par demi- 
pirouette. 



PREPARER [SUITE] 



Ne pas employer en même temps la main et 
les jambes. 

Tâcher de faire les pirouettes ordinaires par 
la main seule. 

Dans les pirouettes renversées, que la jambe 
du dehors agisse seule, c'est-à-dire sans être 
aidée par les rênes. Si le cheval se porte sur la 
main, demi-arrêt, sans jambe, sur la rêne où 
cela est nécessaire, mais principalement sur 
celle du dedans. Continuer ainsi le mouvement. 

S'il y a acculement, jambe du dedans, sans 
main bien entendu. 

Quand le cheval exécute bien la pirouette 
ordinaire, et qu'on demande ce mouvement, il 
faut, aussitôt la pirouette indiquée par la main 
et commencée, lâcher les rênes. L'animal doit 
arriver à la terminer seul. 

Pour exécuter ensuite la pirouette ordinaire 
en marchant, comme il faut que la croupe se 
fixe, on doit arrêter les membres postérieurs 
par un demi-arrêt marqué principalement sur 
la rêne du dehors. La main se porte immédia- 
tement après vers le dedans pour donner la di- 
rection aux membres antérieurs qui ont à pivo- 
ter autour des premiers. 



io8 DRESSAGE METHODIQUE. 

Aussitôt la direction donnée, descente de 
main. Le mouvement doit se finir de lui-même. 

Prendre bien garde à Tacculement dans les 
pirouettes ordinaires. 

Voltes et Demi-voltes ordinaires et renversées, 
de deux Pistes. — Procéder pour ces deux mou- 
vements comme pour les pirouettes, c'est-à- 
dire en décomposant. Ne demander la volte 
qu'après avoir obtenu la demi-volte et n'arri- 
vera lademi-volte sans arrêter qu'après l'avoir 
exécutée pas par pas, puis deux pas par deux 
pas, en arrêtant et en rétablissant la légèreté 
après chaque demande nouvelle. 

Dans le travail des demi-voltes ordinaires et 
renversées^ le point important est que le cheval 
n'avance pas à la fin du mouvement. Qu'il ar- 
rive parallèlement à la piste et qu'on l'y arrête 
sans qu'il ait gagné de terrain en avant. C'est 
ce qui indique que le poids est en équilibre, 
qu'il n'est pas trop sur les épaules. 

Reculer prolongé sur les Pistes. — On doit en- 
trecouper tout le travail au pas de reculer sou- 
vent demandé. Quand il s'obtient régulier et 



PREPARER (SUITE] 



facile, prolonger longtemps de suite ce mouve- 
ment sur les pistes, en alternant les effets de 
bride et de filet, sans que le cheval s'arrête ou 
modifie sa cadence. 

Foule. — Cet exercice consiste à tourner 
très court et dans tous les sens au milieu du 
manège en évitant de reprendre les pistes et 
sans s'arrêter. 

Quand on Texécute plusieurs cavaliers à la 
fois, il faut que chacun d'eux s'attache à ne ja- 
mais marcher dans la même direction que son 
voisin. 

La main seule agit par l'appui de la rêne du 
dehors. Dès que la mâchoire est liante, rendre. 
Si la résistance se prolonge, la vaincre en 
marchant, par les procédés connus. 

Au besoin décomposer en arrêtant pour dé- 
contracter. 

On essaie des descentes de main toutes les 
fois que la direction est donnée et que la légè- 
reté est bonne. 

Chercher ensuite, en laissant le plus possible 
les rênes sur le cou, à faire la foule avec les 
jambes seules, La main arrive quand cela est 



DRESSAGE METHODIQUE. 



nécessaire, mais alors les jambes se relâchent. 
C'est celle du dedans qui doit produire le 
tourner. 

On fait ensuite la foule en exécutant tous les 
airs de manège de deux pistes les uns après les 
autres et indistinctement. 

Si plusieurs cavaliers se livrent en même 
temps à cet exercice, on doit faire attention à 
ce que jamais deux chevaux voisins ne fassent 
la même figure. 

Enfin on exécute la foule en remplaçant les 
tourners par des pirouettes ordinaires ou en les 
entremêlant; que le cheval ne ralentisse pas 
trop son allure au moment de Tarrèt pour la 
pirouette. On la commence dès que les membres 
postérieurs se fixent. 

Manière d'arriver au Ramener. — Le point im- 
portant — de pied ferme surtout, mais égale- 
ment en marche — c'est d'obtenir d'abord la 
légèreté le cheval ayant la tête élevée. Le ra- 
mener vient plus tard par suite du liant de la 
mâchoire. Mais il faut toujours que la mâ- 
choire cède d'abord, l'encolure étant très haute 
et sans que la tète fasse aucun mouvement. 



PREPARER (SUITE) 



Rester très longtemps sur les exercices qui 
précèdent. Ne passer outre que lorsqu'ils s'exé- 
cutent parfaitement. 

« Aller très lentement pour mener le dres- 
sage rapidement. )i 

Cette recommandation de demander d'abord 
la légèreté, l'encolure étant très soutenue, s'ap- 
plique à la bride comme au filet. On décon- 
tracte la mâchoire, la tète étant haute et souvent 
presque horizontale. Ce n'est qu'alors qu'on 
doit lui permettre de se rapprocher de la per- 
pendiculaire. Mais avec un cheval ainsi pré- 
paré le ramener se produit vite et devient bien- 
tôt facile à maintenir. 

On ne doit prendre le trot que lorsque tout 
le travail du pas se fait bien régulièrement avec 
la légèreté, l'encolure soutenue, et la tète placée. 




CHAPITRE III 



AU PETIT TROT 




É PÉTER au petit Trot tout le Travail exé- 
cuté au Pas. — Le cheval étant bien 
léger au pas, le mettre au petit trot 
par les jambes, la main s'abaissant. Puis sentir 
la bouche. Si la légèreté a disparu, arrêter, 
décontracter, puis reprendre le pas et ensuite 
le petit trot. 

Il faut dans le commencement décomposera 
l'infini les mouvements, surtout avec des che- 
vaux dont les allures sont détraquées. 

Dès qu'on sent Féquilibre compromis, dès 
que la cadence perd de sa régularité, arrêter, 
décontracter, rendre léger. Puis redemander le 
mouvement. Porter la plus grande attention 
aux départs au pas et au trot. Que Tallure 



PREPARER {SUITE). n3 

soit, dès sa naissance, bien juste, bien réglée. 

Au trot comme au pas, laisser le plus pos- 
sible le cheval libre dès qu'il est léger, c'est-à- 
dire en équilibre, et qu'il fait bien ce qu'on lui 
a demandé. « Qu'il croie qu'il est son maître : 
c'est alors qu'il est notre esclave. » 

Répéter au trot tout le travail exécuté au pas. 
Mêmes recommandations pour les cercles et 
pour tous les exercices. 

Quand on demande un nouveau mouvement 
quelconque de deux pistes, il faut le commen- 
cer au pas, puis prendre le trot pendant une 
foulée ou deux dans la position oblique, puis 
reprendre le pas tout en restant de deux pistes 
et ainsi de suite, en augmentant toujours le 
nombre des foulées de trot. 

Mettre une grande progression dans ses exi- 
gences. 

Partir de Pied ferme au petit Trot. Arrêter en 
marchant au Trot. — Partir ensuite de pied ferme 
au petit trot. Arrêter; repartir au petit trot. 

Essayer souvent des descentes de main, 
même dans les pas de côté. 

i5 



114 DRESSAGE METHODIQUE. 

Après tout mouvement oblique, ne pas ou- 
blier de redresser toujours le cheval avant de 
demander le mouvement inverse. 

Dans le travail en marche au trot, dès qu'on 
essaie de rétablir Téquilibre sans arrêter, éviter 
avant tout les saccades. Bien sentir la bouche 
avant de donner un demi-arrét, par exemple. 
Toute action brusc[ue rendrait Tanimal incer- 
tain dans ses allures. 

A la fin des demi-vohes ordinaires ou ren- 
versées en tenant les hanches, apporter comme 
au pas une grande attention à ce que le cheval 
n'ûj'ancepas en arrivant sur la piste. 

De même, si dans les mouvements obliques 
il y a de la résistance à Tappui d'une rêne, rem- 
placer Faction fixe sur cette rêne par un ou plu- 
sieurs demi-arrêts successifs, si cela est néces- 
saire. 

Se servir souvent des deux jambes en même 
temps dans les pas de côté. 

Se rappeler que celle du dedans, du côté vers 
lequel on va, pousse surtout en avant et sert 
ainsi à éviter Tacculement. 

Quand la foule se fait bien, essayer d'obtenir 
dans cet exercice les tourners par la jambe du 



PREPARER (SUITE). 



dedans, les rênes restant sur le cou ou tout 
au moins n'agissant pas, tant que l'allure ne 
se précipite pas. 

S'efforcer plus que jamais de maintenir tou- 
jours le cheval bien droit. 

Passer du petit Trot au Reculer. — Entremêler 
tout le travail de reculer demandé, le cheval 
marchant au petit trot. 

Pour cela, l'allure étant bien cadencée, et le 
cheval léger, arrêter par un effet de main ra- 
pide, énergique mais moelleux et savamment 
gradué, de façon à produire la marche rétro- 
grade <3î/^5//d/ le mouvement en avant enrayé et 
sans temps d'arrêt appréciable sur place. 

Foule en arrière. — Puis quand le reculer se 
continue de lui-même pendant la descente de 
main, arriver à faire la foule en arrière, c'est-à- 
dire exécuter par les jambes agissant isolément, 
mais sans l'aide de la main, des tourners en 
arrière dans tous les sens. 

Pour que ce travail soit tout à fait régulier, 
il faut que les rênes restent sur le cou. Les 



ii6 DRESSAGE METHODIQUE. 



changements de direction doivent être produits 
par la jambe du côté du tourner. 

Il est bien entendu que dans les commence- 
ments l'action de la main arrive toutes les fois 
que cela est nécessaire pour aider à faire com- 
prendre à l'animal ce que Ton demande. Pen- 
dant qu'elle agit, on relâche les jambes. 

Comment on doit élever l'Encolure. — Dans 
toute cette première partie du dressage on doit 
chercher à élever le plus possible l'encolure. 
C'est sur le poids qu'on agit en demandant cette 
élévation; mais il faut qu'en le reportant en 
arrière, la force qui donne le mouvement ne soit 
aucunement diminuée; il faut par contre, en don- 
nant l'action, en produisant la force qui pousse, 
que cette même force n'entraîne dans le sens du 
mouvement que la petite quantité de poids né- 
cessaire au mouvement, et que l'équilibre n'en 
soit pas altéré, c'est-à-dire que les translations 
du poids demeurent également faciles dans tous 
les sens, après comme avant le mouvement ob- 
tenu. 

Quand un cheval a une forte tendance à 
affaisser son encolure, on doit tenir les poignets 



PREPARER {SUITE). 



très hauts, au-dessus des oreilles, s'il est néces- 
saire, jusqu'à ce que la mâchoire ait cédé moel- 
leusement dans cette position. On rend alors, 
mais on reprend, dès que la tète s'abaisse, en 
ayant constamment les mains très élevées pour 
empêcher l'animal de s'enterrer. 

Il faut avec un pareil cheval rester très long- 
temps sur le travail en place et aux allures rac- 
courcies, et ne prendre les rênes de bricie que 
quand on a obtenu une élévation constante et 
très facile sur le filet. 

Une fois le poids en équilibre, une fois l'en- 
colure élevée et soutenue, on détruit les résis- 
tances de forces quand il y a lieu; et alors la 
tête liante, abandonnée à elle-même, se place à 
sa position la plus commode. 

On arrive ensuite au Ramener. — C'est ensuite 
à la main agissant seule toujours, c'est-à-dire 
sans l'opposer à une action simultanée des deux 
jambes, et bien entendu sans prendre sur le 
mouvement, sans altérer la vitesse de l'allure, 
à obtenir graduellement le ramener en com- 
mençant par des effets de rênes isolées d'abord, 



ii8 DRESSAGE METHODIQUE. 

puis entre-croisées (rêne de filet d'un côté, 
rêne de bride opposée), pour finir par l'emploi 
simultané des deux rênes de bride ou des deux 
rênes de filet; tout le travail au petit trot se 
répète ainsi successivement avec des exigences 
de plus en plus grandes et de plus en plus sou- 
tenues de la part du cavalier. 

Quand on cherche à rapprocher la tête de la 
perpendiculaire en employant chaque rêne tour 
à tour isolément, on obtient souvent aussi de 
prompts résultats par le procédé suivant : 

Dès que la rêne tenue un peu courte rencon- 
tre une résistance, faire céder cette résistance 
sans modifier Tallure, en déplaçant légèrement 
la croupe par une pression de la jambe du 
même côté. 

On continue ledit effet latéral (rêne et jambe 
droites, ou rêne et jambe gauches) qui rejette 
Tarrière-main un peu en dehors de la ligne des 
épaules, jusqu'à ce que la décontraction de la 
mâchoire se soit produite, bientôt suivie du 
rapprochement de la tête de la perpendicu- 
laire. 

II est à remarquer que l'action d'une rêne et 
celle de la jambe du même côté s'entr'aident 



PREPARER [SUITE). 119 

mutuellement au lieu de se faire opposition ré- 
ciproquement, ainsi que cela se produit dans 
Teftet diagonal. 

Des Effets diagonaux. — C'est pour cette raison 
que les effets diagonaux, inapplicables du reste 
aux allures rapides, doivent être évités. Ils se 
composent de deux forces opposées dont Tune 
pousse dans un sens et Tautre retient dans le 
sens diamétralement opposé. Ces forces s'an- 
nulent donc, ou tout au moins se nuisent entre 
elles si elles ne sont pas égales. Elles ont sou- 
vent pour résultat de provoquer Tanimal à ré- 
sister à leur double contrainte, c'est-à-dire 
qu'elles le portent à contracter à tort certaines 
de ses parties. De plus, Teffet diagonal arrête 
plus ou moins le jeu de l'épaule du côté de la 
rêne qui sert à le produire, et il ploie le cheval 
qui prend alors de plus en plus l'habitude de se 
placer de travers aux diverses allures. 

^-^Â 




u^ 






CHAPITRE IV 



DU RASSEMBLER 




VANT de commencer le rassembler à 
cheval, il faut que le ramener soit 
complet, c'est-à-dire que Tanimal con- 
scr\ c bien sa légèreté au pas avec la tète per- 
pendiculaire, sur les jambes fermées d'abord 
énergiquement, puis sur un appui progressif 
des éperons poussé jusqu'à une grande puis- 
sance, la main faisant opposition, bien entendu. 
Il faut aussi que « le passage des forces en 
avant », qui fait partir le cheval du pas au trot, 
soit facile sur l'éperon, la légèreté demeurant 
inaltérée. 

Lorsque le dressage en est arrivé à ce point, 
on peut entreprendre le rassembler parce que, 
si les effets produits pour l'obtenir détruisent 



PRP:PARER (SUITE) 



plus ou moins le ramener, il est toujours facile 
de le rétablir avec ou même sans l'aide de 
Féperon. 

Manière de demander le Rassembler. — Pour 
demander le rassembler, se mettre d'abord sur 
la piste. Etant arrêté, placer son cheval bien 
droit et le rendre léger; puis vibration alternée 
des deux jambes, en retenant doucement de la 
main. Dès qu'il y a un peu de mobilité des ex- 
trémités, rendre, caresser, et laisser l'animal au 
repos. Très peu d'exigences d'abord. 

Si l'on a, dans le principe, de la difficulté à 
faire comprendre au cheval ce qu'on lui de- 
mande, s'aider de temps à autre de la cravache 
qui agit alors, comme à pied, sur l'un des flancs 
ou sur le dessus de la croupe. 

Redemander la légèreté pendant l'immobilité. 
Recommencer souvent à chaque main. Avoir 
soin de marcher un pas ou deux après chaque 
temps de rassembler. 

Pendant tout ce travail, ne pas négliger de re- 
dresser le cheval dès qu'il se traverse, et ne cher- 
cher la mobilité des appuis, qu'une fois l'ani- 
mal bien droit et léger. Avancer toujours un peu 
dans le rassembler, afin d'éviter l'acculement. 

iG 



DRESSAGE METHODIQUE. 



S'il se produit des « sauts de pie », ce qui con- 
stitue une défense, les réprimer immédiatement 
par des demi-arrêts donnés avec tact. Dès qu'il 
y a mobilité calme et légèreté, tout rendre et 
caresser. Mais ne jamais demander le rassem- 
bler avant que la légèreté soit parfaite. 

Tant que le cheval reste léger, toute défense 
lui est impossible. En effet, pour qu'il se défende 
il faut qu'il raidisse une de ses parties, et la rai- 
deur de cette partie se traduit par celle de la 
mâchoire. Dès qu'on peut forcer Tanimal à 
conserver sa légèreté de bouche, on Tempêche 
donc de résister, c'est-à-dire de se défendre. 

Lorsque, après le rassembler, on arrête par 
un effet d'ensemble, il est préférable que les 
jambes du cheval ne restent pas engagées sous 
la masse. L'effet d'ensemble doit rétablir le ra- 
mener et redonner à l'animal ses lignes nor- 
males d'aplomb. 




TROISIEME PARTIE 

ASSEMBLER 



TROISIÈME PARTIE 



ASSEMBLER 



CHAPITRE PREMIER 



DEPARTS ET TRAVAIL AU GALOP 



UAND le rassembler à pied est de- 
venu très facile, quand le ramener 
est bien iixe au pas et au petit trot, 
et enfin quand on obtient à cheval 
des commencements de rassembler, c'est le 
moment d'essayer les départs au galop. 

Il y a plusieurs manières de faire partir un 
cheval du pas au galop. 




Des principales Manières de demander le Galop. 



126 DRESSAGE METHODIQUE. 

— Quand on a affaire à un animal qui n'est nul- 
lement familiarisé avec cette allure, il n'y a pas 
lieu de chercher, tout d'abord, à le rassembler. 

On doit le pousser sur la main comme si Ton 
voulait prendre le trot. Alors les poignets se 
portent à gauche pour le départ à droite par 
exemple, la rêne gauche étant tenue plus courte 
que la droite, et les deux jambes se ferment avec 
une force à peu près égale, la gauche plus en 
arrière. 

Le galop produit, dès qu'on a une apparence 
de légèreté, récompenser. 

Après une dizaine de foulées, passer au pas. 

Recommencer plusieurs fois à chaque main. 

Au moment où l'on donne la position pour 
le galop, si l'on sent que les contractions de l'a- 
nimal vont produire un faux départ, il faut em- 
pêcher le mouvement de s'achever, reprendre 
le pas, et recommencer à placer. 

Il faut tâcher de sentir que l'animal va prendre 
une position défectueuse. 

Si l'on agit après que cette position défec- 
tueuse est déjà prise, c'est mauvais. C'est encore 
plus mauvais si l'on n'arrête l'animal que lors- 
que l'enlever au galop s'est produit. 



ASSEMBLER. 



Si l'on constate, en se servant du filet, que 
(( les forces s'éloignent trop », c'est-à-dire que 
la tête est trop en avant et que les jarrets ne res- 
tent pas assez engagés, sont trop loin du centre, 
prendre la bride seule, mais revenir ensuite de 
temps en temps au filet. 

Dès que les départs ainsi demandés devien- 
nent faciles, employer les moyens suivants pour 
mettre son cheval au galop. 

L'animal marchant au pas, sur la piste, et 
étant léger, commencer par approcher les jambes 
en faisant primer celles du dedans. Puis, aussitôt 
que l'action est ainsi augmentée par les jambes, 
porter la main vers le dehors pour donner la 
position qui, elle, engendre le mouvement. 
Bien soigner ces départs. 

Pour le galop à droite, par exemple, chercher 
d'abord la légèreté par la rêne droite; puis, l'im- 
pulsion étant suffisante, élever la main vers la 
gauche en la rapprochant du corps. 

L'action doit être donnée presque exclusive- 
ment avec la jambe du dedans, afin de mainte- 
nir le cheval droit, en empêchant la croupe de 
venir du coté opposé à celui où se porte la main. 



128 DRESSAGE METHODIQUE. 

Une fois le galop produit, à chaque descente 
de Tavant-main, demi-arrét pour cadencer Tal- 
lure qui doit, dès le départ, être réglée comme 
un balancier d'horloge. 

Tant qu'on reste au galop, changer souvent 
de rênes, une seule main tenant le lilet, puis la 
bride, puis le filet. Pendant ces changements de 
rênes, Tallure ne doit pas varier. 

Si la vitesse augmente, décomposer. C'est-à- 
dire arrêter court, décontracter, puis repartir. 

Départs à faux. — Demander ensuite des dé- 
parts à faux. 

Pour cela, porter en marchant au pas les 
épaules du cheval vers le dedans, de manière à 
lui faire prendre le degré d'obliquité d'un quart 
de '( croupe au mur », et partir au galop dans 
cette position par les mêmes moyens que ci- 
dessus, mais en se servant d'abord des aides 
opposées (rêne et jambe droites pour le départ 
à gauche en étant à main droite). 

Faire ainsi quatre pas de galop et passer au 
pas ; rétablir la légèreté, repartir, etc. 

Mais arriver le plus tôt possible à obtenir les 
départs à faux par la rêne et la jambe du côté 



ASSEMBLER. 129 



du mur agissant comme aides principales. 

Alterner ensuite avec des départs sur le pied 
du dedans. 

Dans tout le travail au galop, s'efforcer plus 
e]ue jamais de maintenir le cheval absolument 
droit et léger. 

Moyen de redresser un Cheval. — En commen- 
çant, dès que l'animal se traverse plus ou moins, 
dès qu'une résistance à la main se manifeste, 
décomposer, c'est-à-dire arrêter, redresser, 
rendre léger et repartir. 

Plus tard, lorsqu'on peut déjà essayer de 
combattre les résistances sans arrêter, on doit 
redresser son cheval par le procédé suivant : 
s'il avance la croupe à droite dans le galop à 
droite par exemple, il faut, lorsque sa mâchoire 
est liante et moelleuse, appuyer légèrement la 
rêne gauche sur l'encolure, de manière à rejeter 
le poids de Tavant-main sur l'épaule droite, ce 
qui a pour conséquence de faire plus ou moins 
déborder les hanches à gauche et d'amener le 
bout du nez de ce même côté. 

En un mot, on corrige un pli en donnant à 
l'animal, par un délicat effet de main, le pli in- 



i3o DRESSAGE METHODIQUE. 

verse. Mais il faut éviter de se servir pour cela 
des jambes. 

Pour rétablir la légèreté en marchant au 
galop, n'altérer en quoi que ce soit Tallure du 
cheval en combattant les résistances. 

Chercher toujours à élever le plus possible 
l'encolure en agissant sur le poids, mais sans 
jamais prendre sur la force nécessaire au mou- 
vement. 

Décontracter la mâchoire et laisser la tète 
se rapprocher insensiblement de la perpendi- 
culaire. 

Descentes de Main. — Dès que Ton a une belle 
légèreté au galop, essayer des descentes de 
main et les répéter souvent. 

S'efforcer du reste, dans tout le travail à cette 
allure, d'employer le moins de main et le moins 
de jambes possible. 

Reculer. — Passer fréquemment du galop au 
reculer par un etiet d'élévation des poignets, 
sans jambes, effet qui doit être plus que jamais 



ASSEMBLER. i3i 



savamment gradue tout en étant un peu éner- 
gique. 

Repartir au galop aussitôt l'arrêt après le 
reculer. 

Petits Cercles. — Le cheval étant bien léger, 
décrire des cercles de petits diamètres en fai- 
sant agir par appui la rêne du dehors pour 
charger Tépaule du dedans, ce qui amène dans 
le principe le bout du nez légèrement en dehors 
et « fait tomber » Tavant-main vers le centre 
du cercle. 

Galop de deux Pistes. — Passer au galop de 
deux pistes. 

Commencer par la tète et la croupe au mur. 

Pour ce mouvement, tenir d'abord ses rênes 
courtes dans une seule main (bride ou filet). 

Le cheval marchant obliquement au pas, 
demander seulement quelques foulées de galop 
de deux pistes et reprendre le pas. 

A chaque poser de l'avant-main dans le galop 
sur les hanches, demi-arrêt accentué de bas en 
haut, sans avancer la main, pour enlever le 
cheval et cadencer Tallure. La main doit s'éle- 



j32 dressage METHODIQUE. 

ver chaque fois que les membres de devant 
touchent terre, et s'abaisser ensuite plus rapi- 
dement qu'elle ne s'est élevée. Le mouvement 
du poignet doit être bien rythmé. 

Il faut faire agir davantage la rêne et la jambe 
du dehors pour pousser le cheval par deux 
forces du même côté. 

Les déplacements de la main doivent être peu 
apparents. 

Si le cheval avance dans la croupe au mur, 
c'est qu'il y a trop de poids sur le devant; le 
relever à chaque descente de l'avant-main par 
un demi-arrêt énergique. 

En restant la croupe au mur et sans redresser, 
galop sur les hanches vers la droite et vers la 
gauche. 

Dans tous ces mouvements de deux pistes au 
galop, arrêter souvent, décontracter, puis re- 
partir, etc. 

Pour obtenir et ensuite entretenir ce galop, 
la main et les jambes ne doivent pas agir tout 
à fait en même temps. La main place, cesse 
son effet; les jambes donnent l'action, se 
relâchent; puis la main enlève l'avant-main, 
même avec une assez grande force, si c'est né- 



ASSEMBLER. i33 



cessaire, attendu qu"il s'agit alors de reporter 
sur le derrière le poids qui surcharge Tavant- 
main. 

Puis elle s'abaisse de nouveau. Puis les 
jambes arrivent si l'action s'éteint, etc. 

Si les jambes et la main agissaient simulta- 
nément, leur effet tendrait à s'annuler réci- 
proquement et produirait des contractions. 

Changement de Main diagonal.— Pour arriver 
à changer de main diagonalement au galop de 
deux pistes, commencer le mouvement au pas; 
puis faire deux ou trois foulées de galop de 
deux pistes; passer au pas en tenant toujours 
les hanches; repartir au galop, reprendre le 
pas, etc. 

Puis, en augmentant le nombre des foulées 
de galop, essayer enfin le changement de main 
diagonal à cette allure sans passer au pas. 

Tâcher le plus tôt possible, dans ces mouve- 
ments de deux pistes, de faire un ou deux pas 
avec descente de main. 

Ne pas oublier que dans le galop de deux 
pistes comme dans tout mouvement sur les 
hanches aux autres allures, les deux jambes 



i?4 DRESSAGE METHODIQUE. 

peuvent et doivent être le plus souvent em- 
ployées en même temps; Tune pousse en avant 
et Tautre de côté. Cette dernière se place un 
peu plus en arrière que l'autre. 

Mais quand le dressage avance, la main doit 
presque tout faire ; la rêne du dehors surtout. 

Bien s'efforcer de distinguer ce qui fait dé- 
faut : si c'est Faction ou la position. 

Diminuer de plus en plus la force des aides 
employées. 

S'il y a de la résistance à Tappui d'une rêne, 
ne pas insister sur une action fixe. La rem- 
placer aussitôt par un demi-arrêt suivi d'un 
second, d'un troisième, etc. 

Traverser ensuite le manège au galop de deux 
pistes, dans une direction perpendiculaire aux 
grands côtés, en maintenant son cheval bien 
parallèle à ces mêmes grands côtés et sans 
avancer d'une ligne. 

Décomposer au besoin ce mouvement en ar- 
rêtant pour rétablir la légèreté. 

Demi-voltes de deux Pistes au Galop. — Puis 
commencer une demi-volte ordinaire de deux 



ASSEMBLER. i35 



pistes au pas. La terminer par quelques pas de 
galop. 

Même gradation pour la demi-volte ren- 
versée. 

Arriver à exécuter entièrement ces demi- 
voltes au galop. 

Pirouettes au Galop. — Pour préparer à la 
pirouette au galop, exécuter de petites demi- 
voltes ordinaires de deux pistes, commencées 
au pas, et finies au galop. 

Les répéter souvent à la même place en re- 
venant au point de départ par le mouvement 
inverse. 

Dans ce travail, s'attacher à ce que le cheval 
n'avance pas; mais éviter cependant tout prin- 
cipe d'acculement. 

Enfin passer à la pirouette ordinaire. 

Commencer de même au pas et terminer par 
un ou deux enlever s au galop. On arrive ainsi 
à faire la demi-pirouette tout entière au galop. 

Dans ce mouvement le cheval doit être bien 
droit. 

Dès qu'on peut l'exécuter entièrement au 
galop, le moins de jambes possible. Si l'on s'en 



i36 DRESSAGE METHODIQUE. 

sert trop, on arrive au désordre, au trépigne- 
ment; Tenlever ne se produit plus. 

Volte au Galop. — Pour la volte, en com- 
mencer une de deux pistes au pas au milieu du 
manège, puis faire une foulée de galop; puis 
passer au pas; puis deux foulées de galop, et 
ainsi de suite jusqu'à ce que la volte entière se 
fasse au galop sur les hanches. 

Dans le travail au galop de deux pistes, il 
arrive un moment où la rêne du côté où Ton 
va est trop puissante et laisse la croupe en ar- 
rière. Alors il faut s'en servir le moins pos- 
sible et employer la rêne du dehors par appui 
sur l'encolure. Mais cet appui doit être délicat. 
Le cheval est ainsi poussé du côté où Ton veut 
marcher. Cette action a, de plus, l'avantage de 
faire une légère opposition à la croupe, qui 
sans cela resterait un peu en retard. 

Départ au Galop par la Main, sans Jambes. — 
Il faut en arriver à mettre son cheval au galop 
par un effet de main sans se servir des jambes. 

Pour cela, en marchant au pas, à main droite, 
par exemple, porter la main qui tient les rênes 



ASSEMBLER. 137 



nouées (que ce soit la bride ou le filet) vers la 
gauche, et un peu en arrière, en donnant un 
léger demi-arrêt. Si le cheval se ralentit, rendre 
la main; pousser en avant par les jambes, et 
recommencer ensuite le même etfet de rênes; 
deux, trois, quatre petits demi-arrêts, s'il est 
nécessaire, jusqu'à ce que Tenlever au galop se 
produise. Mais, dès que l'allure du pas se ra- 
lentit, cesser toute action de la main et pousser 
en avant. Donner les demi-arrêts un peu plus 
forts s'ily a beaucoup de poids à déplacer pour 
alléger suffisamment le devant. 
. Aussitôt l'enlever obtenu, la main doit tout 
lâcher, se tenant prête à reprendre les rênes si 
besoin est. C'est le seul moyen de voir quel a 
été l'effet produit, quel est le degré de l'équi- 
libre, s'il n'y a pas trop de poids en avant, etc. 

Il faut mettre beaucoup de finesse dans ces 
actions de main. 

Ce travail, très délicat, est extrêmement im- 
portant. Il apprend à agir sur le poids sans 
prendre sur la force qui pousse; car tant que 
les demi-arrêts combattent seulement le poids, 
ils ne diminuent pas l'impulsion, mais, dès 
qu'ils agissent sur la force, ils ralentissent ou 

18 



i38 DRESSAGE METHODIQUE. 

même arrêtent. On doit en résumé chercher à 
enleper le cheval sans diminuer sa vitesse. 

Rester sur les départs ainsi demandés, jus- 
qu'à ce que Tanimal les ait compris et les donne 
facilement; ne pas se presser; avoir surtout 
beaucoup de calme et de persévérance. 

Le premier départ est souvent long à obtenir. 

Dès qu'on a réussi, recommencer jusqu'à 
ce que le cheval parte facilement aux deux 
mains. 

Puis exécuter ce travail au milieu du ma- 
nège. Toujours pas de jambes quand la main 
agit; mais, dès e]u'ily a ralentissement, pousser 
ferme; Téperon au besoin. 

On doit ensuite en arriver à passer du recu- 
ler au galop sans s'aider des jambes, par le 
même effet de main employé pour enlever son 
cheval à cette allure en marchant au pas. 

Ce travail donne d'excellents résultats c[uand 
on le pratique comme il suit : 

Étant arrêté le dos tourné à un grand côté du 
manège, reculer jusqu'au mur. 

Puis partir au galop jusqu'à la piste opposée. 
Reculer de nouveau. Repartir au galop, et ainsi 
de suite. 



ASSEMBLER. i3(, 



Galop de deux Pistes, sans Jambes. — Puis on 
répète tout le travail du galop sur les hanches 
en cherchant à Texécuter sans se servir des 
jambes. 

Pour la bonne exécution des mouvements de 
deux pistes à cette allure, il faut, dans le prin- 
cipe, faire précéder Vacùon de la jambe du côté 
vers lequel on veut oblic[uer. C'est pour éviter 
Tacculement, pour entretenir ou donner Tim- 
pulsion. Mais lorsque le cheval conserve faci- 
lement son équilibre, s'il a un degré d'action 
suffisant, on doit s'en passer. On doit de 
même se passer de l'autre dès qu'elle a indiqué 
la direction, dans les pas de côté, la tète au 
mur, la croupe au mur, etc. • 

Enfin le cheval marchant au pas et de deux 
pistes, demander par des demi-arréts, sans 
s'aider des jambes, l'enlever au galop sur les 
hanches. Se contenter d'abord d'un pas ou 
deux. Il est entendu que dès que l'action dimi- 
nue ou cesse, la main rend tout, n'agit plus, et 
que les jambes redonnent l'impulsion. 

La main ensuite recommence à demander 
l'enlever au galop. 

Pour obtenir cet enlever au galop, les demi- 



DRESSAGE METHODIQUE. 



arrêts se donnent sur Tune ou Tautre rêne selon 
le cas, ou bien sur les deux à la fois. 

Ainsi, si c'est le devant qui est chargé de 
poids, qui paraît lourd, la rêne du côté où Ton 
va doit agir principalement ou même seule. 

Si c'est le derrière qui reste en retard sur 
Tavant-main, c'est l'autre rêne qui doit donner 
les demi-arrêts pour chasser les hanches par 
une opposition. C'est une question de tact. 

S'attacher à ce que ces effets de main soient 
bien des demi-arrêts et non des saccades. 

Demander ainsi des enlevers au galop de 
deux pistes en changeant de main diagonale- 
ment, dans le mouvement de la tête ou de la 
croupe au mur, etc. 

Ne faire agir la main que quand l'action se 
soutient bien au pas. Dès qu'elle meurt, plus de 
main et alors les jambes. 

De même, une fois l'allure du galop sur les 
hanches obtenue, si l'action ne se continue 
pas, cesser tout effet de main, et employer les 
jambes. 

Se contenter, dans le principe, de deux ou 
trois pas de galop de deux pistes sans jambes. 

Arrêter souvent: décontracter. 



ASSEMBLER. 141 



Donner fréquemment au cheval quelques mi- 
nutes de repos et d'absolue immobilité dans 
un équilibre parfait. 

Demander, dans le même ordre d'idées, des 
voltes et des demi-voltes de deux pistes sans 
se servir des jambes tant qu'on le peut. 

Préparer les pirouettes ordinaires au galop 
sans jambes, par des demi-voltes serrées sans 
exagération et exécutées par la main seule. 

Prendre garde à Tacculement avec les che- 
vaux qui reviennent très facilement sur eux. La 
main doit alors redoubler de délicatesse. 

Pour exécuter la demi-pirouette ordinaire 
elle-même, alterner dans le commencement les 
effets de main avec l'action des jambes. En 
évitant de les produire ensemble, on arrive 
assez promptement, dans ce travail, à se passer 
complètement des jambes. 

Départs au Galop parles Jambes seules. — Pour 
parfaire l'équilibre du cheval, il est bon, non 
seulement de l'exercer à s'enlever au galop par 
la main seule, mais de chercher inversement à 
obtenir des départs à cette allure en ne se ser- 
vant que des jambes. 



142 DRESSAGE METHODIQUE. 

Pour cela, les rênes étant sur le cou, ou te- 
nues par leur extrémité sans qu'elles aient 
d'action sur la bouche, appuyer en marchant 
au pas, la jambe gauche, par exemple, au flanc 
du cheval et faire agir en même temps la jambe 
droite un peu plus en avant et par petits à- 
coups successifs, jusqu'à ce que l'enlever au 
galop à droite se soit produit. 

Si, au moment du contact des jambes, l'ani- 
mal prend le trot, les relâcher entièrement, et 
empêcher par un ou plusieurs demi-arrêts le 
poids de se porter en avant. L'allure du pas 
une fois rétablie, recommencer à demander 
par les jambes seules le départ à droite. 

Dès que ce résultat est obtenu, alterner les 
enlevers au galop par la main avec les départs 
par les jambes. 

Exécuter ce même travail sur le pied 
gauche. 

Passer ensuite du pas au trot par une pres- 
sion égale et progressive des deux jambes. 

Mais la différence entre les moyens à em- 
ployer pour obtenir ainsi le galop ou le trot est 
plutôt du ressort du tact équestre que du do- 
maine de la théorie. 



ASSEMBLER. 143 



Départs au Galop par la Rêne et la Jambe du côté 
opposé au Pied demandé sans traverser le Cheval. 
— Il nous reste à dire maintenant comment on 
peut arriver à produire le départ au galop par 
les aides latérales (rêne et jambe) du côté op- 
posé au pied demandé, le cheval restant bien 
droit d'épaules et de hanches. 

Cette manière d'obtenir le galop trouve son 
application surtout dans Téquitation du dehors. 
Elle présente cet avantage que le cavalier se 
sert alors toujours, pour mettre son cheval à 
cette allure, des mêmes moyens, depuis le 
commencement jusqu'à la fin du dressage. 

On prépare ce travail comme il suit. 

Le cheval étant bien léger et maintenu sur 
un cercle à droite de petit diamètre au moyen 
de l'appui de la rêne gauche (bride ou filet) sur 
l'encolure, obtenir le galop à droite en passant 
au besoin par le petit trot, mais en se servant 
de la rêne et de la jambe gauches comme agents 
principaux. 

La rêne gauche doit être l'aide prédominante 
et pousser en quelque sorte l'avant-main vers 
la droite, le bout du nez du cheval restant un 
peu à gauche; et la jambe gauche du cavalier, 



144 DRESSAGE METHODIQUE. 

tout en communiquant Faction nécessaire, doit 
éviter de traverser Fanimal dont les épaules et 
les hanches restent ainsi sur le cercle décrit. 

Quand ce travail préparatoire s'exécute con- 
venablement à chaque main, il faut arriver à 
obtenir les départs au galop sur la ligne droite, 
le cheval restant bien droit, et cela en se servant 
toujours de la rêne et de la jambe opposées au 
pied demandé. 

Il s'agit alors de donner la position en repor- 
tant le poids d'abord légèrement d'avant en ar- 
rière, et en le poussant ensuite, pour ainsi dire, 
vers la droite et en avant. 

Pour cela, le cheval étant léger et ramené, 
pour demander le galop à droite, par exemple, 
en partant du pas ou du petittrot, élever la main 
en la rapprochant du corps, la rêne gauche 
agissant à peu près seule dans ce demi-arrêt 
avec une intensité progressive et savamment 
graduée; et terminer cet effet en reportant la 
main vers la droite de manière à produire sur 
Tencolure, avec la même rêne gauche, une lé- 
gère pulsion vers la droite. Mais au moment 
où la main commence Teffet en question, la 
jambe gauche doit agir par une pression pro- 



ASSEMBLER. 145 



portionnée au surcroît d'impulsion nécessaire, 
dans le cas où Tanimal n'a pas le degré d'action 
suffisant pour l'enlever au galop. 

L'appui de la rêne gauche sur l'encolure tend 
à produire un certain pli à gauche, c'est-à-dire 
à faire avancer légèrement le bout du nez et la 
croupe vers la gauche pendant que les épaules 
sont poussées vers la droite. La pression déli- 
cate de la jambe gauche ne doit donc plus tra- 
verser le cheval. 

Il faut d'ailleurs que la rêne droite empêche, 
s'il est nécessaire, le bout du nez de se contour- 
ner vers la gauche et qu'elle soit, comme la 
jambe droite, prête à intervenir en cas de be- 
soin. 

Recomm'encer ces demi-arrêts jusqu'à ce 
que le galop ait été obtenu, et demander, bien 
entendu, le départ sur chaque pied. 

Rester longtemps sur ce travail et l'entrecou- 
per d'arrêts fréquents suivis de reculer. 

Le cheval étant bien léger, partir aussi du 
reculer au galop par les effets en question. 

Arriver comme précédemment à se passer le 
plus possible et même entièrement des jambes 
pour ces départs. 

19 



146 



DRESSAGE METHODIQUE. 



Il est à remarquer que cette manière de 
demander le galop a la plus grande analogie 
avec l'action de « rouler » dont on se sert sou- 
vent à la fin d'une course pour faire donner à 
un cheval tous ses moyens, en la répétant à 
chaque foulée des membres antérieurs. 







CHAPITRE II 



DU GRAND TROT 




|ravail au grand Trot. — Quand le tra- 
vail du galop commence à se bien 
exécuter et que Tanimal reste facile- 
ment à la position renfermée, rassemblée, qui 
convient à cette allure, c'est le moment de 
l'exercer à détendre de temps à autre tous ses 
ressorts en s'efforçant de le maintenir néan- 
moins léger et ramené. 

Pour cela on prend d'abord le petit trot 
et, quand Tallure est bien réglée, on allonge 
progressivement. 

Il arrive parfois qu'un cheval ayant de gran- 
des dispositions à engager ses jarrets, à se ras- 
sembler, devient difficile à maintenir au trot 
même ralenti, à la suite des exercices du galop. 



DRESSAGE METHODIQUE. 



Dans ce cas, il faut cesser entièrement de de- 
mander cette dernière allure pendant un cer- 
tain temps, jusqu'à ce que le trot redevienne 
très facile. 

Du reste, lorsqu'une position arrive à être 
très familière à un animal, c'est toujours aux 
dépens de la facilité avec laquelle il prend les 
autres. Il ne faut plus alors lui donner, jusqu'à 
nouvel ordre, que celles qu'il a de la peine à 
conserver. 

Si le grand trot ne se dessine pas franche- 
ment, ou si la légèreté se perd, arrêter court, dé- 
contracter et repartir. Recommencer vingt fois, 
si c'est nécessaire, à décomposer, jusqu'à ce que 
le cheval entamefranchement l'allure demandée. 

Ce principe est du reste aussi bien applica- 
ble au galop qu'au grand trot. 

Chaque foulée doit être bien semblable à sa 
voisine en vitesse et en cadence. 

Soigner surtout le départ, le premier pas. 

Ne pas chercher dans les commencements à 
rétablir l'équilibre en marchant : 

Arrêter, décontracter, et, le calme et la légè- 
reté revenus, mais pas auparavant, redeman- 
der le grand trot. 



ASSEMBLER. 149 



Descentes de Main. — Dès que Fallure est 
bien franche et bien décidée, si la légèreté per- 
siste, baisser la main qui tient par leur extré- 
mité les rênes nouées comme toujours, et ne 
plus les faire agir tant que le cheval conserve 
son équilibre. On doit arriver ensuite progres- 
sivement à les lâcher entièrement en se tenant 
prêt à tout événement. On les reprend adroite- 
ment et prestement dès qu'il y a lieu de s'en 
servir de nouveau. 

Tâcher dès lors que Tanimal s'en aille libre 
et sans gène, la tète haute etplacée,rencolure se 
soutenant d'elle-même; laisser les rênes sur le 
cou tant que l'équilibre reste intact. Mais repren- 
dre le cheval dès qu'il s'abandonne, dès qu'il 
baisse son encolure ou qu'il augmente son allure. 

Dehors, au grand trot, il n'est pas nécessaire 
que l'animal mâche son mors quand il se livre 
bien. Il suffit qu'il ne tire pas, qu'il ait l'encolure 
haute, la tête restant moelleusement^.re à une 
position voisine de la perpendiculaire, et 
qu'il s'en aille énergiquement et bien droit 
devant lui, mais prêt à faire jouer son mors, 
si le cavalier vient à se servir des rênes pour 
une raison quelconque. 



CHAPITRE III 




DES CHANGEMENTS DE PIED AU GALOP 



I AN 1ÈRE d'arriver dans les Commence- 
ments au Changement de Pied. — Pour 
apprendre au cheval à changer de 
pied au galop à la volonté du cavalier, exécuter 
un changement de main diagonal à cette allure 
en tenant les hanches, de façon à le terminer à 
quatre pas au moins du coin et à avoir ainsi 
le temps d'agir avant que Tanimal s'incline 
pour tourner. 

En arrivant à la piste opposée, pousser avec 
les jambes en faisant prédominer celle du côté 
extérieur. Recevoir aussitôt le poids sur la main 
qui se porte alors vers le mur en faisant agir 
principaleinent la rêne du dehors. 

On doit donc employer d'abord comme 



ASSEMBLER. i5i 



aides principales la rêne et la jambe opposées 
au pied demandé, afin de vaincre les résistan- 
ces assez sérieuses qu'amène chez Tanimal 
rignorance de ce que cherche à obtenir le 
cavalier. 

Si Ton ne réussit pas dès les premières fou- 
lées, passer au pas. 

Se contenter dans le principe d'un seul 
changement de pied obtenu à Tune et à Tautre 
main. 

Quand le cheval les fait facilement ainsi, il 
faut les demander en restant sur les pistes, mais 
en se servant encore de la rêne et de la jambe 
opposées au pied demandé. 

Si ranimai fait des difficultés pour changer 
de pied, si ses résistances se prolongent et s'il 
se détraque momentanément, passer au pas. 

Rétablir le calme, l'équilibre, et repartir au 
galop pour essayer de nouveau le changement 
de pied. 

Changement de Pied par la Rêne et la Jambe du 
côté du Pied demandé. — Dès que ces mouve- 
ments deviennent familiers au cheval, il faut 
essayer de les obtenir par les moyens suivants : 



DRESSAGE METHODIQUE. 



Pour changer de gauche à droite par exemple, 
jambe droite et aussitôt petit demi-arrét sur 
la rêne droite. 

La jambe droite ne doit pas agir tout à fait 
en même temps que la main. Elle pousse en 
avant. La main reçoit le poids et donne la posi- 
tion. Il faut pour cela employer peu de force et 
mettre beaucoup de délicatesse dans ses effets. 

Au moment du changement de pied, le che- 
val ne doit pas augmenter son allure. En pareil 
cas, arrêter court; décontracter puis recom- 
mencer. 

Décomposer plus que jamais pour ce travail. 
Presque pas de jambes. Le cheval doit chan- 
ger de lui-même. Éviter de renverser. Alterner 
souvent la bride et le filet. 

Du reste, un cheval bien équilibré au galop a 
presque toujours assez d'action pour que la 
main puisse demander le changement de pied 
en agissant sans le secours des jambes. Elle doit 
donner par un petit demi-arrét, appliqué sur la 
rêne du côté du pied cherché, la position qui 
suffit alors à produire le changement de pied. 

Changement de Pied sans le Secours des Jambes. 



A8SKMBI.ER. i5'3 



— Avec un animal qui a assez d'action, ne pas 
se servir du tout des jambes. C'est afin d'évi- 
ter que le derrière ne change avant le devant. 

Il faut du reste bien distinguer les cas parti- 
culiers qui se présentent. Ainsi, lorsque au 
contraire un cheval a peu d'impulsion et qu'il 
est à craindre qu'après ïeÏÏet de la main il ne 
lui en reste plus suffisamment pour que le 
changement de pied se fasse, les jambes doi- 
vent agir d'abord, celle du côté du pied de- 
mandé un peu plus que l'autre, et même seule 
s'il est possible. Alors et presque instantané- 
ment la main donne la position et le mouve- 
ment suit. 

Mais il faut toujours en arriver après un 
temps plus ou moins long à faire ce travail en 
se passant complètement du secours des jambes. 

Quand l'allure du galop est bien réglée, la 
légèreté complète, et qu'on juge l'action suffi- 
sante, bien sentir la bouche de Tanimal pour 
que l'effet de la main ne soit point une saccade, 
et ensuite agir par demi -arrêts (un, deux, 
trois, etc., s'il est nécessaire) sur la rêne du 
côté du pied demandé, en portant légèrement 
la main du côté opposé. 



i34 DRESSAGE METHODIQUE. 

Continuer les demi-arrêts sans en augmenter 
la force jusqu'à ce que le cheval ait exécuté le 
changement de pied. En un mot, donner la 
position qui doit engendrer le mouvement et 
ne pas chercher le moui'emeut qui doit être 
une conséquence de la position. 

Si le cheval se ralentit, pousser par les jam- 
bes, par l'éperon au besoin, jusqu'à ce que 
l'on ait obtenu une impulsion suffisante ; mais 
alors, pendant Faction des jambes, plus du 
tout de main et ne pas demander le change- 
ment de pied. Point important. 

Donc, Faction paraissant suffisante, donner 
la position. Si en donnant la position, l'action 
meurt, abandonner la position, pousser en 
avant sans main, par les jambes ou l'éperon, 
puis alors redonner la position. Le mouve- 
ment doit venir seul dès qu'on a l'action et la 
position. 

Avec un cheval chez lequel les demi-arrêts, 
même peu marqués, prennent sur l'impulsion, 
se borner à une vibration légère sur la rêne du 
côté du pied demandé, en portant la main du 
côté opposé. 

Continuer la vibration jusqu'à l'obtention du 



ASSEMBLER. 



changement de pied. Mais pas de jambes pen- 
dant cette vibration. Les jambes augmentent la 
contraction que la main rencontre, et alors ce 
n'est plus que par une suite d'efiets de force, 
de mouvements saccadés, heurtés, que le chan- 
gement de pied est obtenu. 

Dans ce travail, lâcher complètement les 
rênes aussitôt que Tanimal a changé de pied. 
C'est le meilleur moyen de se bien rendre 
compte de l'effet produit par la main et de sa- 
voir si réquilibre persiste, si le poids ne vient 
pas trop en avant, etc. 

Reprendre le filet ou la bride avec beaucoup 
de délicatesse dès qu'il y a lieu, ou pour de- 
mander de nouveaux changements de pied. 

Le cheval apprécie très bien la différence 
entre l'abandon complet des rênes sur le cou, 
et la simple descente de main pendant laquelle, 
si elles ne font plus d'effet sur la bouche, elles 
n'en sont pas moins tenues par leur extré- 
mité. 

Au fur et à mesure que le dressage se per- 
fectionne, les changements de pied demandés 
sans le secours des jambes doivent s'obtenir 
par de simples indications de rênes, sans qu'il 



i36 DRESSAGE jMETHOD 1 QU E. 

soit besoin de recourir aux demi-arréts ou 
même à la vibration. 

Changements de Pied demandés par les Jambes 
seules. — Arriver alors, comme exercice, aux 
changements de pied demandés par les jambes 
sans l'aide de la main. 

Pour cela, tenir d'abord les rênes demi-ten- 
dues pour réprimer au besoin Taccélération de 
Tallure. 

Puis les prendre par leur extrémité et ne s'en 
servir qu'autant que cela est absolument néces- 
saire, et encore leur action doit-elle être alors 
presque nulle. 

Enfin les laisser tout à fait sur le cou. 

On ne peut dire d'une façon absolue quelle 
est la jambe qui doit avoir dans ce travail l'effet 
prédominant. 

C'est au cavalier à le sentir; mais en dehors 
des cas particuliers, c'est celle qui est opposée 
au pied cherché. 

Quand les jambes demandent, si Faction 
augmente, elles doivent aussitôt se relâcher. La 
main rétablit la cadence primitive, et les jambes 
recommencent alors à donner la position. 



ASSEMBLER. 



07 



Entremêler ce travail de changements de 
pied demandés par la main seule. Agir avec 
une extrême délicatesse dès qu'il n'y a plus trop 
de poids sur le devant. 

Une vibration suffit alors, car les demi-arrêts 
rendraient le cheval inquiet et hésitant, du mo- 
ment qu'il n'y a plus lieu d'alléger Tavant- 
main. 

Les changements de pied par les jambes ser- 
vent à remettre dans le mouvement en avant, 
après un travail où la main seule a eu beaucoup 
à agir. 

Changements de Piedrépétés. — L'essentiel est 
que le cheval sache exécuter un changement de 
pied parfait de gauche à droite et de droite à 
gauche, à des intervalles même assez longs 
dans le principe. 

Dès qu'il fait ces mouvements d'une manière 
irréprochable, ce n'est plus rien de les lui faire 
répéter à de petites distances, qu'on rapproche 
alors de plus en plus, pour arriver plus tard aux 
changements de pied au temps, c'est-à-dire 
renouvelés à chaque temps de galop. 

Pour préparer le cheval à ces exercices qui 



i58 DRESSAGE METHODIQUE. 

exigent de la part du cavalier beaucoup de 
tact et de finesse, il faut bien se pénétrer des 
recommandations suivantes : 

Quand on demande le changement de pied, 
dès qu'on sent Faction suffisante, commencer 
par rapprocher la main du corps, pour reporter 
légèrement le poids en arrière, et alors seule- 
ment porter un peu la main du côté opposé au 
pied cherché. Ne pas se presser; donner la 
position et laisser faire le chepal. 

Tenir ses rênes dans une seule main (bride 
ou filet). Ne pas la porter trop sur le côté; 
presque pas de déplacement latéral, surtout 
dans les changements de pied répétés. 

La main marque un demi-temps d'arrêt en 
se rapprochant du corps, et se déplace à peine 
vers la droite ou vers la gauche. 

Mais, dans les commencements, ne pas 
craindre de bien enlever le devant par un demi- 
arrét un peu énergique, afin de dégager les 
épaules qui souvent pour ce travail sont trop 
chargées. 

Bien sentir si le cheval est prêt, avant de 
demander les changements de pied : pousser 
ou ralentir au besoin, mais ne pas faire 



ASSEMBLER. 169 



agir en même temps la main et les jambes. 

S'il devient nécessaire de décomposer, être 
modéré dans Tapplication des demi-arrêts. Pas 
de saccades ni de brusquerie. Beaucoup de 
calme. L'équilibre une fois rétabli, repartir au 
galop et attendre un peu , avant de recommencer 
à changer de pied. 

Pour arriver aux changements aux deux 
temps ou au temps, n'en demander que deux 
d'abord, puis passer au pas. Recommencer, et 
ainsi de suite. Se servir, bien entendu, de la 
main seule, et tâcher de bien saisir « le temps » ; 
abaisser le poignet après chaque demande. 

Augmenter petit à petit le nombre des chan- 
gements de pied aux deux temps ou au temps. 

Faire bien attention à ce que l'action soit 
suffisante. Se montrer très exigeant. Que le 
devant et le derrière changent bien en même 
temps. Beaucoup de délicatesse dans la main. 

Si l'allure augmente, si le cheval s'affole un 
peu, si l'équilibre s'altère, cesser de demander 
le mouvement, et, au besoin, décomposer : 
arrêter, décontracter avant de recommencer. 

Il faut que le dressage soit déjà bien avancé 
pour qu'on puisse rétablir l'équilibre à l'ai- 



t6o DRESSAGE METHODIQUE. 

lure du galop ou même du pas, quand il y a 
eu du désordre. 

Éviter surtout de demander ce travail de 
précision à un cheval fatigué, énervé, mouillé 
de sueur, ce qui obligerait à Tobtenir par la 
force. Il faut que Tanimal reste frais pour ces 
leçons difficiles. Que ce soit pour lui un jeu en- 
tremêlé de repos et de récompenses. 

Changements de Pied par les Aides opposées 
au Pied demandé, le Cheval restant droit d'Epaules 
et de Hanches. — Quand un cheval part facile- 
ment au galop sans se traverser au moyen de la 
rêne et de la jambe opposées au pied demandé, 
on peut arriver aussi à obtenir le changement 
de pied par le même effet latéral, en le main- 
tenant droit d'épaules et de hanches. 

On Texerce d'abord à changer de pied par 
Faction de ces deux aides, en le traversant légè- 
rement s'il est nécessaire. 

Puis on demande le changement de pied de 
droite à gauche, par exemple, absolument 
comme il a été prescrit d'agir pour faire passer 
un cheval du pas au galop à gauche, sans le 
traverser, par l'emploi de la rêne et de la jambe 



ASSEMBLER. i6i 



droites. On doit s'attacher alors à maintenir 
ranimai bien droit d'épaules et de hanches. 

Comme ci-dessus également, il faut s'efforcer 
de se servir le moins possible du secours de la 
jambe et d'arriver même à s'en passer tota- 
lement. 

La main doit redoubler de finesse et se dé- 
placer à peine latéralement lorsqu'elle marque 
son demi-temps d'arrêt terminé par une sorte 
de pulsion vers le coté du pied demandé. 

Foule au Galop. — Pour exécuter la foule au 
galop, on fait des départs en tous sens et sur 
chaque pied au milieu du manège. On tourne 
souvent et très court. On change de pied, on 
arrête, on repart, etc. Bien veiller à ce que la 
position donnée par la main ne prenne pas sur 
l'impulsion. Dans ce cas, chasser en avant par 
les jambes avant de redonner la position. 




CHAPITRE IV 



DU GALOP ALLONGE 




[uGMENTERde plus Gii plus la Vitesse du 
Galop. — La légèreté et le ramener 
étant constants ait galop modéré, il 
faut allonger progressivement cette allure, 
c'est-à-dire prendre successivement des vitesses 
de plus en plus grandes, mais chaque fois uni- 
formes et bien réglées, sans que le cheval dé- 
place sa tète et devienne pesant à la main. 

La mobilité de la mâchoire diminue néces- 
sairement quand le train augmente. 

Elle doit reparaître quand la main agit sur la 
bouche pour reporter le poids en arrière et 
obtenir un ralentissement. 

Exercer le Cheval à s'arrêter en marchant à un 



assemuli:r. if,3 



Galop rapide. — On exerce ensuite Tanimal à 
des arrêts sur place en marchant au grand 
galop. 

Se rappeler pour cet exercice que si, avant 
•toute nouvelle exigence, il faut avoir retrouvé 
la légèreté, on doit, lorsqu'on Ta obtenue, et 
qu'on demande un mouvement, employer une 
force énergique^ pî'ogressipe et savamment gra- 
duée jusqu'à l'obtention du résultat cherché. 

Il faut donc, quand on exerce un cheval à 
s'arrêter en marchant au grand galop, agir au 
besoin très fortement d'abord avec les poignets 
jusqu'à ce que leur effet d'élévation ait produit 
l'immobilité. Reculer alors immédiatement. 

En répétant ces exercices avec progression et 
intelligence, on arrive à passer facilement de 
la charge à l'arrêt par un simple effet de main, 
sans se servir ni de l'éperon, ni même des 
jambes. 




CHAPITRE V 



DES SAUTS D'OBSTACLES 




u AND on doit commencer les Sauts d'Ob- 
stacles. — Il ne faut pas faire sau- 
ter le cheval monté avant que le 
dressage ait donné au cavalier des moyens 
absolument certains de Tamener sur un objet 
quelconque, quelle que soit Tappréhension 
qu'il puisse en avoir. 

C'est Teffet d'ensemble sur l'éperon qui seul 
permet à l'homme de forcer l'animal à se jeter 
sur un obstacle qui Teffraie ou qu'il ne veut 
pas franchir. 

C'est donc seulement quand le cheval a bien 
compris la leçon de l'éperon que le cavalier en 
selle doit commencer à l'exercer aux sauts en 
hauteur ou en largeur. 



ASSEMBLER. i65 



Mais auparavant il a dû être longuement 
accoutumé à passer à la longe ou en liberté 
toutes les variétés d'obstacles qu'il pourra ren- 
contrer sous le cavalier. 

Du moment où Tanimal a reçu cette éduca- 
tion préliminaire, et qu'on possède le moyen 
assuré de Tempécher de se dérober et de l'obli- 
ger à se lancer sur n'importe quel obstacle, il 
ne s'agit plus que de l'exercer avec méthode à 
franchir, monté, ce qu'il a été habitué à sau- 
ter sans cavalier. 

On ne saurait trop recommander pour ces 
exercices de laisser, pendant la durée du saut, 
le cheval libre de disposer sa tète, son enco- 
lure et tous ses ressorts, comme la nature le 
lui indique. 




:0 ,5 ^ 




CHAPITRE VI 

HABITUER LE CHEVAL AUX BRUITS 
DE GUERRE, ET AUX OBJETS EFFRAYANTS 



ROGRESSiON à suivre pour familiariser 
le Cheval avec tout ce qui l'effraie. — 
Pour habituer un cheval au bruit 
des tambours, de la musique, aux drapeaux, 
etc., c'est dans le silence du manège, et non 
dehors, qu'il faut donner la leçon. 
On doit suivre une grande gradation. 
Pour le tambour, par exemple, on com- 
mence par quelques coups de baguette. Dès 
que ranimai s'inquiète, cesser le bruit, cal- 
mer, flatter, recommencer, etc. 

Donner cette leçon avec le tambour arrêté 
d'abord, puis marchant vers le cheval. Tout 
est dans la progression. 



ASSEMBLER. 



167 



Pour le feu, se tenir loin au début, très loin 
même, puis se rapprocher insensiblement. 

S'il s'agit d\m objet dont Tanimal a peur, 
se bien garder de chercher par la vigueur à le 
porter sur Tobjet. Laisser au contraire le che- 
val aussi éloigné qu'il le désire du sujet de 
son effroi. Mais tout rendre. Se servir le 
moins possible des rênes et des jambes. Passer 
et repasser plusieurs fois loin d'abord et 
ensuite de plus en plus près, à mesure que 
l'animal fait moins attention à l'objet qui 
l'avait effrayé au début. 

Pour arriver plus sûrement et plus vite, 
il faut commencer par donner à pied toute 
leçon qui a pour but d'apprivoiser un cheval, 
de le rassurer, de le familiariser avec ce qui 
l'inquiète ou l'épouvante. 

Voir d'ailleurs ce qui est dit à ce sujet dans la 
première partie delà « Progression du dressage » . 








CHAPITRE VII 



EQUITATION DE FANTAISIE. — ALLURES 
ARTIFICIELLES 



:s deux manières de faire agir les Jambes. — 

Il y a deux manières de se servir des jambes 
quand on les lait agir simultanément et éga- 
lement. 

La première consiste à presser le corps de l'animal à 
Tcndroit de leur position normale et sans les déplacer 
sensiblement. 

Cette action des jambes pousse, donne Timpulsion. 
Elle sert de plus à produire Teffet d'ensemble, lequel 
rétablit l'équilibre, quand il est nécessaire, à toutes les 
allures, dans toutes les positions, dans tous les mouve- 
ments, et met les forces du cheval à l'entière disposi- 
tion du cavalier. 

La deuxième manière d'employer les jambes est de 
les porter d'abord un peu en arrière sans toucher le poil, 
et là, de les coller moelleusement aux flancs. 

Quand le cheval a appris à se rassembler facilement, 
cet effet produit et maintient l'engagement des extré- 



ASSEM15L1:R. iGcj 



mités sous la masse, et favorise ainsi la détente des Jar- 
rets de bas en haut, à la condition que la main oblige 
Faction à se dépenser en hauteur. 

11 y a donc avantage à s'en servir quand on demande 
le piaffer, qui n'est en somme que le rassembler régula- 
risé, cadencé. 

Mais ce n'est que quand le piaffer lui-même est devenu 
très facile et bien rythmé, qu'il suffit, pour le produire, 
d'employer l'effet en question. 

Comment on arrive au Piaffer. — Il faut dans le prin- 
cipe procéder comme il suit : 

Sentir d'abord la bouche du cheval pour s'assurer 
que la légèreté est bonne, qu'il n'y a pas trop de poids 
en avant. 

Puis rendre et demander le rassembler par de petits 
coups de mollets successifs et répétés, et enfin recevoir 
dans la main l'action ainsi produite par les jambes qui 
se desserrent aussitôt. La main ne doit pas se déplacer. 
Elle reste Jixe et rend quand la mâchoire se décon- 
tracte. 

Récompenser en caressant et arrêter avant que le 
cheval s'immobilise de lui-même. 

Le plus possible de descentes de main et de jambes. 

De plus, avoir comme précédemment les rênes de filet 
et celles de bride nouées, de façon à pouvoir alterner à 
chaque instant leur effet. 

Dès qu'il y a des résistances ou du désordre, décom- 
poser. Ne pas chercher d'abord à rétablir la légèreté 
pendant le piaffer. Arrêter puis décontracter. 

Dès qu'il y a progrès, si léger qu'il soit, récompenser. 

22 



170 DRESSAGE METHODIQUE. 

Commencer le piaffer sur les pistes aux deux mains, 
puis le demander au milieu du manège. 

Avancer après chaque demande. 

Très peu de mouvements apparents des jambes. Si 
les mollets ne font pas assez d'effet dès leur approche, 
une attaque des deux éperons sans opposition de main, 
pour augmenter l'action, réveiller l'activité. 

Éviter toutefois d'employer ce moyen si la queue 
fouaille. 

L'action étant ravivée, chercher àcadencer, à espacer 
les temps par l'appui moelleux et alterné des mollets. 

Dès que la cadence se dessine, plus de main ni de 
jambes. 

De temps en temps la cravache sur la croupe pour 
donner plus d'élévation au piaffer, surtout si l'on veut 
activer le derrière. 

Etre très discret cependant dans l'usage de ce moyen. 
Pendant qu'on s'en sert, pas de jambes; descente de 
main. Après l'emploi de la cravache, qui doit, quand 
elle agit, toucher en cadence la croupe pour marquer 
les temps, quelques appuis alternés des mollets. 

On essaie dans la suite de détruire les résistances sans 
arrêter, mais il est toujours plus sûr de décomposer 
quand elles se prolongent. 

Il faut éviter le plus qu'on le peut, surtout dans les 
commencements, de faire agir en même temps la main 
et les jambes, pour ne pasj'aire naître ainsi des contrac- 
. lions, des résistances. En effet, si l'action des jambes et 
celle de la main étaient bien simultanées et équivalentes, 
l'animal sollicité par deux forces égales et opposées de- 
vrait s'immobiliser instantanément. 



ASSEMBLER. 



Résumons donc la gradation des demandes du cava- 
lier. 

Main, pour s'assurer delà légèreté'. Puis jambes seules. 
Puis, s'il en est besoin, main seule, ou jambes seules. 
Enfin, ni main ni jambes dès que le cheval continue de 
lui-même son mouvement régulier. On peut d'ailleurs 
ne laisser qu'un intervalle à peine appréciable entre 
l'emploi de la main et celui des jambes. 

Quand, dans son piaffer, le cheval a la croupe de tra- 
vers, c'est toujours parce qu'il oppose à la main une ré- 
sistance de forces. La croupe de travers est l'effet. La 
cause, c'est la résistance de forces. Il faut la détruire. On 
y arrive par un « balancement de main, de droite à 
gauche et de gauche à droite », sorte de vibration moel- 
leuse et régulière. On commence ce balancement pen- 
dant le piaffer et on le continue tant qu'il le faut, long- 
temps, si c'est nécessaire, même si l'animal recule 
quelque peu. On se borne alors à diminuer l'intensité 
de l'effet de main. 

Dès que la légèreté vient, tout se redresse; le reculer 
cesse; le piaffer devient bon. 

Le cheval, comme nous l'avons dit, apprécie très bien 
la différence entre la descente de main faite avec les 
rênes tenues par leur extrémité, et l'abandon complet 
des rênes sur le cou. Mais c'est surtout dans le piaffer 
qu'on s'en aperçoit, quand, après les avoir relâchées tota- 
lement sans que pour cela le cheval ait avancé, on les 
laisse tomber sur l'encolure, ce qui doit se faire dès 
qu'on le peut. Il arrive alors souvent, dans le commen- 
cement, que le poids passe en avant, ce qui entraîne la 
masse dans ce sens, et oblige à reprendre les rênes. 



172 DRESSAGE METHODIQUE. 

Du Piafifer en avançant ou Passage. — Quand le cheval 
piafte très bien sur place avec soutien et cadence, on de- 
mande le piatîer en avançant; c'est le Passage. 

Dans cette allure artiticielle on ne doit avancer que 
très peu, de deux ou trois pouces environ à chaque fou- 
lée. Pour que le passage soit re'gulier il faut qu'il soit 
très moelleux; les mouvements doivent être arrondis, 
les membres se ployant gracieusement en cadence. 
Il doit être la conséquence d'une concentration des 
forces, du rassembler; et ne pas sembler dur pour le 
cavalier. Il n'a donc que peu de rapport avec ce trot 
saccadé, heurté, convulsif et fort désagréable pour 
l'homme, auquel on donne souvent le même nom. 

Du Trot en arrière. — ■ On passe ensuite au piaffer en 
arrière ou trot en arrière. De même e^ue dans le passage 
on ne doit avancer que de deux ou trois pouces environ 
à la fois, de même, dans le trot en arrière, chaque 
bipède diagonal doit se poser à quelques centimètres seu- 
lement en arrière de l'autre, après être resté un certain 
temps au soutien. Changer souvent de rênes pendant 
cet exercice. 

Du Passage de deux Pistes. — Enfin on commence le 
travail de deux pistes au passage; mais il est de toute 
nécessité, avant de le demander, que le piaffer soit par- 
fait en place et que tous les mouvements sur les hanches 
s'exécutent admirablement au pas et au petit trot. 

On ne saurait trop recommander le plus grand tact, 
et la plus grande discrétion dans les demandes, pour 
tout ce travail délicat et difficile. Récompenser souvent 
et mettre la plus soigneuse gradation dans ses exigences. 



CHAPITRE VIII 

ÉQUITATION DE FANTAISIE. — ALLURES 
ARTIFICIELLES (suite) 




KNDANT le travail préparatoire, le cavalier 
étant encore à pied, a dû faire demander par 
l'homme à cheval les levers alternatifs des 
membres antérieurs, et enhn un peu de pas 
espagnol. On va plus vite ainsi parce que si l'animal ne 
comprend pas ce qu'on exige de lui, la cravache du cava- 
lier resté à pied intervient pour stimuler son obéissance. 
Mais alors même que cette première leçon n'aurait pas 
été donnée, le cavalier à cheval peut toujours demander 
à lui seul les levers de Jambes, le pas et enfin le trot 
espagnol, par les moyens suivants, à la condition tou- 
tefois que le cheval y ait déjà été exercé convenablement 
pendant le travail à pied. 

Extension des Membres antérieurs. — Étant arrêté, 
s'assurer que la mâchoire est bien moelleusement mo- 
bile, puis alléger l'épaule droite, par exemple, en élevant 



174 DRESSAGE METHODIQUE. 

légèrement la main et en la portant vers la gauche, de 
façon à ope'rer sur la rêne droite une demi-tension dans 
la direction de la hanche gauche. Fermer presque aussi- 
tôt les deux jambes et, quand leur pression fait « passer 
les forces en avant », s'opposer par le même effet de 
main à ce que le cheval avance. 

Si cet ensemble d'actions ne détermine pas le lever 
et l'extension du membre antérieur droit, se faire com- 
prendre en touchant avec la cravache l'animal à l'épaule 
droite et au besoin à Tavant-bras droit. Répéter ces 
levers de chaque jambe de devant jusqu'à ce que le 
cheval les exécute parfaitement, et se passer le plus tôt 
possible de la cravache. 

Du Pas espagnol. — Commencer alors le pas espagnol 
en mettant l'animal en marche au pas pendant que l'un 
des membres antérieurs est au soutien et bien étendu. 
Dés que ce membre pose à terre, inverser les aides pour 
obtenir le lever et l'extension de l'autre. S'aider, s'il est 
nécessaire, par la cravache. Continuer jusqu'à ce que 
cette allure soit franche, facile, avec l'extension com- 
plète et très haute de chaque jambe, le cheval restant 
léger bien entendu. 

S'attacher surtout a ce que l'animai ne revienne pas 
sur lui quand il lève un membre antérieur soit en place, 
soit en marchant. Il doit étendre la jambe sans aucun 
acculement, comme s'il voulait atteindre un objet placé 
loin de lui, en avant et à hauteur de ses épaules. 

Du Trot espagnol. — On peut alors demander le trot 
espagnol. 



ASSEMBLER. 175 



Pour cela, il faut pousser, activer fortement par une 
pression e'gale et simultanée des deux ']?imhes Jermées 
en avant, pendant que le cheval marche au pas espa- 
gnol avec la mâchoire bien liante. 

On précipite le pas de façon à rapprocher de plus en 
plus les battues de chaque bipède diagonal, la main 
s'élevant légèrement et se portant alternativement à 
droite et à gauche, du côté opposé au membre dont on 
cherche l'extension. 

Se servir beaucoup de la cravache dans les commen- 
cements. 

Dès qu'on a obtenu deux ou trois foulées de trot 
espagnol, passer au pas, rétablir la légèreté et reprendre 
le pas espagnol avant de redemander le trot (espagnol). 

Quand l'animal a compris et prend facilement cette 
allure artificielle, il ne faut plus déplacer la main laté- 
ralement. 

Les jambes, en activant, ayant produit avec l'aide de 
la cravache, du trot espagnol, recevoir cette impulsion 
en élevant un peu la main. Dès que la légèreté se ma- 
nifeste , changer de rênes (la bride et le filet étant 
noués). 

Tâcher bientôt d'obtenir que la cadence se continue 
avec un peu d'extension pendant un pas ou deux, en 
abaissant la main. 

Arrêter aussitôt pour récompenser. 

Etre très peu exigeant d'abord. Se contenter de peu. 

Recommencer à essayer de se passer de la main. 

Reprendre le cheval dès qu'il s'abandonne. 

Si la vitesse augmente au moment où la main s'abaisse, 
rétablir avant tout l'équilibre; demi-arrêt au besoin 



176 DRESSAGE METHODIQUE. 

pour empêcher le poids de passer en avant. Ne pas 
quitter d'abord entièrement les rênes; abaisser seule- 
ment la main pour la relever dès que l'allure meurt. 

Tâcher e'galement de se passer de la cravache pen- 
dant quelques foulées. 

Chercher en un mot à obtenir que le cheval se sou- 
tienne de lui-même et continue son trot espagnol sans 
aides. 

Il faut pour cette allure beaucoup d'impulsion. Quand 
les jambes ont à agir, elles ne doivent pas alterner leurs 
effets. 

Avec un cheval qui donne facilement le trot espagnol, 
il suftit, pour le produire, d'augmenter par les jambes le 
degré de son action, et, cela fait, d'élever la main pour 
alléger le devant, en marquant par des demi-arrêts 
moelleux la cadence des premières foulées. 

Rendre alors et ne reprendre que pour entretenir l'al- 
lure, si besoin est. 

On peut aussi s'aider de temps à autre par quelques 
appels de langue, mais il faut en arriver le plus vite pos- 
sible à se passer de toutes les aides, jambes, main, cra- 
vache, ou appels de langue, dès que le trot espagnol est 
bien énergique, bien régulier, et que l'équilibre .persiste, 
c'est-à-dire que la légèreté demeure inaltérée. 

Du Trot à Extension soutenue. — ^Pour obtenir le trot à 
extension soutenue, partir du trot espagnol, c'est-à-dire 
demander cette dernière allure en marchant à un trot 
accéléré sans être très vite. 

Procéder comme toujours quand il s'agit d'avoir de 
la cadence avec de l'élévation : employer d'abord les 



ASSEMBLER. 



177 



jambes pour augmenter l'impulsion, et recevoir dans 
la main celte impulsion. 

Employer ces aides très rapprochées Tune de Tautre, 
mais pas simultanément autant que possible. 



1^4 




23 



dUATRIÈME PARTIE 

FIXER 



QUATRIÈME PARTIE 



FIXER 



CHAPITRE PREMIER 



DU RAMENER OUTRE 




E ramener « outré » n'est qu'un 
moyen delixerla tête au ramener 
normal par une exagération nio- 
inentanée des exigences du cava- 
lier. Il ne faut l'employer que si Ton veut 
pousser le dressage jusqu'à l'anéantissement 
complet des résistances que peuvent présenter 
la bouche et l'encolure dans n'importe quelle 
position et quelle que soit l'allure. 

La légèreté s'obtenant bien avec la tête très 



DRESSAGE METHODIQUE. 



élevée, arriver au ramener outré. — Ce travail 
ne doit jamais être entrepris que lorsqu'on 
obtient facilement Télévation maximum et sou- 
tenue de Tencolure au pas, au trot et au galop, 
avec la légèreté, la mâchoire cédant d'abord 
sans mouvement de tète. 

Le ramener outré se demande par les rênes 
du filet et en se passant des pistes ; mais on doit 
ensuite répéter sur le mors de bride toute la 
progression que nous allons détailler. 

On commence en place. 

On croise les rênes du filet dans la main 
gauche, le petit doigt restant en dehors. La main 
droite se place sur la rêne droite. 

La main gauche se ferme alors a convulsive- 
ment » en sentant la bouche, mais sans tirer. 

Dès que la légèreté se manifeste, elle suit le 
mouvement d'abaissement du bout du nez. 

Elle continue à suivre ainsi la bouche jus- 
qu'au ramener outré, c'est-à-dire jusqu'au mo- 
ment où le menton vient à peu près toucher le 
poitrail. Si la tête, au lieu de céder, veut sortir, 
la main s'y oppose en se contractant avec une 
grande force, mais toujours sans tirer sur les 
rênes. 



FIXER. i83 

Pendant ce temps, les jambes se ferment, et 
on arrive à Tappui des éperons que, bien en- 
tendu, le cheval a dû être préalablement ha- 
bitué à supporter parfaitement. 

On laisse les éperons appuyés jusqu'au relâ- 
chement complet de la mâchoire. Lorsque ce 
relâchement se produit, la main éprouve la 
sensation de la disparition complète de toute 
résistance. En même temps, la langue détache 
le mors, le fait sautiller et l'envoie heurter les 
molaires; lorsque le cheval est en simple bri- 
don, on entend alors un bruit caractéristique, 
une sorte de « craquement ». 

La main ayant rendu, la tête de Tanimal doit 
rester un moment immobile, avant de se relever 
moelleusement. 

Quand le ramener outré a été obtenu directe- 
ment par les deux rênes de filet, on le demandepar 
chacune d'elles employée isolément, de manière 
à produire un huitième de flexion d'encolure. 

On accélère également le relâchement de la 
mâchoire en s'aidant de l'appui des éperons et 
en soutenant de l'autre rêne. 

Puis on met son cheval au ramener outré 
direct par les deux rênes et Ton marche au 



i84 DRESSAGE MÉTHODIQUE. 

pas en fixant la main pour empêcher tout dé- 
placement de tète. 

Les jambes font le reste, aidées au besoin par 
les appuis d'éperon. 

Le ramener outré se conservant bien au pas, 
et se reprenant facilement à cette allure, après 
les descentes de main, mettre le cheval au 
petit trot tout en le maintenant au ramener 
outré. 

Dès que le relâchement de mâchoire est com- 
plet, rendre et récompenser. Appuis d'éperon 
si c'est nécessaire. 

Puis exécuter des départs au galop avec le 
ramener outré et agir à cette allure comme au 
trot. Partir parfaitement droit et sans qu'il y ait 
aucun mouvement d'élévation de la tète, qui 
doit être maintenue au ramener outré pendant 
Faction prédominante de Tune ou l'autre rêne 
selon le cas. 

Il faut bien se rendre compte de la sensation 
éprouvée par le cavalier quand son cheval est 
droit, ce qui doit être de sa part l'objet d'un soin 
constant. 

Si la tète et la croupe sont à gauche, par 
exemple, c'est-à-dire si le poids est trop sur l'é- 



FIXER. i85 

paule droite, il faut que la rêne droite, par une 
tension vers la hanche gauche, rejette le poids 
à gauche en même temps que, s'il est néces- 
saire, le soutien de la rêne gauche aide la jambe 
du même côté à faire nu peu rentrer la croupe à 
droite. Mais on ne doit employer cet effet de 
jambe qu'au cas où il est impossible de ne pas 
y avoir recours. 

Passer ensuite, en marchant au pas, au petit 
trot et au galop, du ramener outré à l'élévation 
maxima de l'encolure, la tête restant au rame- 
ner complet. Pour cela élever la main sans em- 
ployer aucune force. Le cheval, pour éviter la 
gêne que lui cause ce déplacement de la main 
en hauteur, élève à son tour son encolure et de- 
vient léger. Appuyer les éperons si le relâche- 
ment de la mâchoire se fait attendre ou ne per- 
siste pas. 

Demander aux différentes allures les hui- 
tièmes de flexions d'encolure avec le ramener 
outré. 

Enfin passer de l'arrêt au reculer, et du re- 
culer aux différentes allures, le ramener outré 
restant inaltéré. 

Répéter souvent ces exercices. 

24 



. i86 DRESSAGE MÉTHODIQUE. 

Arriver ensuite aux mouvements de deux 
pistes au ramener outré. 

Pour passer des pas de côté vers la droite aux 
pas de côté vers la gauche, par exemple, porter 
les mains à gauche, faire sentir la jambe gauche, 
et quand les hanches sont bien venues à droite, 
agir avec la jambe droite pour repartir dans 
Tautre direction. 

Puis demander le piaffer au ramener outré. 
Pas de mouvements de jambes. L'éperon si le 
cheval n'obéit pas aux mollets. 

Dans tout le travail qui précède, il faut se 
passer le plus vite possible des éperons, puis 
des jambes, et jouer alors avec les rênes. 

Quand le relâchement de la mâchoire est 
bien complet, on le reconnaît, comme de pied 
ferme, à ce que le cheval ne déplace plus sa tête 
de lui-même au moment de la descente de 
main, et la laisse au ramener outré pendant 
un certain temps. 

C'est le cas alors d'appliquer, tant qu'on le 
peut, le principe « main sans jambes, jambes 
saris main ». 

On répète ensuite, comme nous l'avons dit, 



FIXER. 



187 



tous ces exercices au ramener outré obtenu sur 
le mors de bride. 

L'élévation de l' encolure combinée avec le ra- 
mener outré donne et fixe la vraie position de 
la tète qui dès lors ne se perd plus, ni dans 
les grandes allures, ni dans les mouvements 
difficiles. 




^M^'^^X^Z^^^^^^^ÈaCs-^S^^M. 



CHAPITRE II 



DES PETITES ATTAQUES 




AN 1ÈRE de confirmer le Cheval dans sa 
parfaite Obéissance aux Aides. — Quand 
le dressage du cheval est terminé, il 
ne reste plus qu'à le rendre très fin aux aides, 
afin de ne plus avoir besoin de déplacer d'une 
façon apparente la main ou les jambes pour lui 
transmettre sa volonté. 

La main doit alors se garder de toute action 
qui ressemble à une punition , telle que le 
demi-arrêt ou même la vibration. 

Elle ne doit plus agir que par des indications 
moelleuses et fixes. Il ne faut plus recourir aux 
moyens de rigueur que pour vaincre une résis- 



FIXER. 189 

tance trop longue, si malgré tout il vient à s'en 
produire. 

Les jambes doivent se borner à se mettre en 
contact avec le poil à leur place normale, lors- 
qu'il y a lieu de s'en servir. Mais, pour augmen- 
ter l'obéissance aux mollets, pour réveiller la 
sensibilité, on doit procéder comme il suit : 

Des petites Attaques de l'Eperon. — L'animal 
étant bien confirmé dans la connaissance de 
l'éperon et le supportant sans aucun fouaille- 
ment de queue, dès qu'on a besoin de se servir 
des jambes, approcher avec délicatesse le ou 
les mollets jusqu'à une force modérée, et si ce 
contact n'amène pas l'obéissance immédiate, 
toucher aussitôt de l'éperon ou des éperons 
selon le cas. Cette petite attaque doit être 
douce, mais vive et subite. 

De même si l'allure se ralentit, ou si une 
position donnée par les jambes se perd, petite 
attaque. 

Les jambes doivent tomber naturellement et 
ne toucher dès lors le cheval que s'il est néces- 
saire, mm?, le plus rarement possible. 

On doit éviter de même les appels de langue, 



igo DRESSAGE METHODIQUE. 

la cravache, enfin tout ce qui pourrait rempla- 
cer les jambes, quand il n'est pas indispensable 
de s'en servir. Mais après avoir demandé, par 
exemple, des mouvements par la main seule, 
comme alors les actions de celle-ci ont tou- 
jours plus ou moins reporté les forces en 
arrière, il faut, pour faire disparaître tout com- 
mencement d'acculement, employer les petites 
attaques des deux éperons à la fois. 

Enfin, dans le piaffer, les rênes étant dcmi- 
tendiies, dès qu"il y a mobilisation et engage- 
ment des extrémités, activer de temps à autre 
par l'emploi de Téperon, pour obtenir plus de 
soutien et d'élévation dans la cadence. Si le che- 
val se retient, s'il n'est pas parfaitement léger, 
s'il y a un peu d'acculement, attaque simulta- 
née des deux éperons pour rétablir Téquilibre 
et « faire passer les forces en avant ». 

Le principe « jambes sans main, main sans 
jambes » doit être appliqué le plus qu'on le 
peut, surtout dans les commencements; mais il 
n'a rien d'absolu. Il ne faut donc pas l'ériger en 
système hors duquel il n'y aurait qu'insuccès 
assuré. On doit se borner à le mettre en pra- 



FIXER. 191 

tique tant qu'il n'y a pas de raison sérieuse de 
s'en écarter, mais il vient un moment dans le 
dressage et plus tard dans le maniement du 
cheval dressé, où il y a lieu au contraire d'unir 
Tetfet des aides inférieures à celui des aides 
supérieures. 

Ainsi lorsqu'un cheval déjàtrès avancé comme 
préparation ne devient pas léger à une délicate 
sollicitation de la main, c'est le cas d'exercer 
une faible pression des jambes et d'arriver aus- 
sitôt à une petite attaque des éperons, si la mâ- 
choire ne se mobilise pas immédiatement. De 
même, quand on veut demander i'arrét aux di- 
verses allures par un simple effet de main, il 
faut que le cheval soit d'abord léger. Si la mâ- 
choire résiste à l'opposition du mors, fermer 
les jambes délicatement et si la légèreté ne vient 
pas instantanément, petite attaque des éperons 
avant de demander l'arrêt. 

C'est ainsi qu'on rend son cheval vraiment 
fin aux aides, et qu'on arrive à le manier sans 
aucun mouvement apparent de main ni de 
jambe. 

Mais il faut être très modéré dans l'applica- 
tion de ces petites attaques d'éperon, ne s'en 



iga 



DRESSAGE METHODIQUE. 



servir qu'avec beaucoup de délicatesse et d'à- 
propos, et y renoncer sans hésitation si elles 
provoquent des fouaillements de queue. 




CONCLUSION 



25 



CONCLUSION 



m ^^Êâj^^ 



'auteur- a voulu exposer dans 
cette Etude tous les procédés de 
dressage employés par Baucher 
sur la fin de sa vie. 

Il a supposé un animal absolument rétif, 
dangereux même dans le travail à pied, et il a 
donné les moyens de pousser son éducation 
jusqu'à une sorte de perfection idéale que seuls 
ont atteinte, à sa connaissance, les chevaux de 
ce maître et ceux du général L'Hotte. 

Il a donc cherché à présenter au lecteur un 
ensemble dans lequel le cavalier pût trouver 
la solution des divers problèmes du dressage. 

Mais ce serait une erreur de croire qu'on 
doive quand même passer par tous les exer- 
cices détaillés dans la Progression^ et les pra- 
tiquer avec le même soin, surtout si Ton a 
affaire à un naturel docile et calme. 

Ainsi le cavalier d'extérieur, le chasseur, par 
exemple, ne fera, comme travail à pied, que 



igf) CONCLUSION. 



ce qui est indispensable pour obtenir Tobéis- 
sance aux actions de la main et aux indications 
de la cravache. Il devra élever Tencolure pour 
alléger Tavant-main dès le début. Une fois à 
cheval, il soignera par-dessus tout les mêmes 
effets d'élévation de Tencolure et de la tète, afin 
de pouvoir, dehors, au milieu d'autres che- 
vaux et malgré les excitations, reporter faci- 
lement le poids en arrière en élevant la main, 
lorsqu'il vient trop sur le devant. Dès qu'il 
aura ainsi la légèreté, il arrivera au ramener 
et considérera son dressage comme suffisant 
quand il se sera bien « emparé de la tête ». 

S'il s'agit d'un cheval d'armes, il n'est pas 
non plus absolument nécessaire de l'exercer 
au rassembler, mais il importe qu'il soit rendu 
très maniable. Il faudra donc, après quelques 
exercices à pied ayant pour but de faciliter la 
mobilisation de la masse dans tous les sens, 
s'attacher, une fois en selle, à l'élévation de 
l'encolure qui donne l'équilibre, et encore plus 
aux tourners exécutés par l'appui des rênes 
contraires. On répétera très souvent ces exer- 
cices à toutes les allures, afin d'obtenir une 
grande facilité de déplacement de l'avant-main 



CONCLUSION. 197 



autour des hanches. Ces tourners par appui de 
rênes sont tout spécialement utiles au cavalier 
militaire qui doit conduire son cheval avec 
une seule main. 

Si ranimai est destiné aux courses d'obs- 
tacles, steeple-chase, ou concours hippique, 
il faudra lui rendre très familier Teffet d'en- 
semble sur Téperon, afin de pouvoir toujours 
Tempêcher de se dérober, et d'être sûr de le 
dominer dans toutes les circonstances. On 
n'oubliera pas non plus qu'en course la pre- 
mière condition c'est la fixité de la tête à une 
position convenable, mais que tout cheval 
qui bourre à la main, qui tire d'une façon 
exagérée, s'épuise en elforts inutiles et perd 
ainsi une partie de ses chances. On devra 
donc rendre facile l'obtention d'une légèreté 
relative, au moyen du reflux du poids d'avant 
en arrière, et s'emparer ensuite de la tête aux 
allures vives. 

Si l'on veut au contraire faire de l'équitation 
ralentie avec tout le développement possible 
en hauteur., il faudra soigner beaucoup la 
« concentration des forces », le rassembler. 
Après avoir obtenu la légèreté en allégeant 



CONCLUSION. 



ravant-main, on arrivera au ramener outré 
qui permettra de fixer la tête à une position in- 
variable, malgré la recherche des allures arti- 
ficielles et des mouvements les plus difficiles. 

En un mot on se rappellera que, pour tout 
cheval destiné spécialement à Textérieur, c'est 
l'élévation de la tète et de Tencolure qu'il faut 
chercher et obtenir plus particulièrement, pour 
arriver ensuite à conserver le ramener même 
aux allures allongées, et qu'une fois ce résultat 
obtenu, le dressage est suffisant. Au contraire, 
si l'on vise à Téquitation savante, il faut suivre 
plus scrupuleusement la filière indiquée et s'at- 
tacher à tout ce qui peut faciliter le rassembler 
qui seul donne la hauteur des mouvements et 
le brillant dans l'exécution. 

Mais en résumé, plus le cheval sera sage et 
le cavalier modeste dans ses exigences, plus on 
pourra simplifier le dressage et réduire le nom- 
bre des moyens employés. 






TABLE DES MATIERES 



Pages. 
Avant-Propos v 

DÉFINITIONS, BUT DU DRESSAGE, PRINCIPES 
GÉNÉRAUX I 

DÉFINITIONS 3 

Action, page 3. — Position, 3. — Mouvement, 4. — 
Equilibre, 4. 

But du Dressage 5 

Ce que le Cavalier doit chercher à obtenir, 5. 

Principes généraux 7 

I. — De la Légèreté et du Ramener 7 

Ce que c'est que la légèreté, page 7. — Comment se 
demande la légèreté, 9. — Des résistances de poids, 10. 

— Des résistances de forces, 11. — Du demi-arrêt, 11. — 
De la vibration, 12. — Ce qu'il faut entendre par « dé- 
composer la force et le mouvement », i5. 

II. — De l'Obéissance aux jambes et de a l'Effet 
d'ensemble sur l'Eperon » 18 

Comment le cheval doit répondre aux jambes, page 18. 

— Ce que c'est qu'un cheval « mis à l'éperon », 20. 



TABLE DES MATIERES. 



Pages. 
m. — Du Cheval droit 23 

Comment on fait refluer vers l'une ou l'autre des 
épaules le poids de l'encolure, page 23. — Manière de 
redresser un cheval, 24. 

IV. — Des <( Descentes de main et de jambes »... 26 

Amener l'animal le plus vite possible à se passer du 
secours des aides, 26. 

V. — Du Rassembler 28 

Ce que donne le rassembler, page 28. — Comment 
se demande le rassembler, 29. — A quoi sert l'effet 
d'ensemble, 3o. 

PROGRESSION DU DRESSAGE. . . 33 

PREMIÈRE PARTIE : PRÉPARER. . . 35 

Chapitre Premier : Flexions. — Travail a la cra- 
vache. — Emploi de la chambrière 35 

Des trois manières d'agir avec le filet ou la bride, 
36. — Élever l'encolure le plus possible, Sy. — Mar- 
che en avant sur la cravache, 38. — Reculer, Sg. — 
« Forcer le mouvement », 3g. — Des flexions, 40. — " 
Flexions préparatoires. — A. Avec les deux rênes de 
bride, 41. — B. Avec les deux rênes de filet, 42. — 
G. Avec une rêne de filet et celle de bride du même 
côté, 42. — D. Avec les deux rênes du filet, pour obte- 
nir un huitième de flexion d'encolure, 43. — E. Avec 
les deux rênes de la bride, l'une d'elles étant passée 
par-dessus l'encolure, 44. — Flexion directe de mâ- 
choire, 45. — Flexions semi-latérales de mâchoire et 
d'encolure, 46. — Revenir h la marche en avant et au 
reculer, 47. — Pas de côté, 48. — Pirouettes renver- 
sées, 4'). — Pirouettes ordinaires, 49. — Demander ce 
premier travail à la simple indication du geste, 49. — 
Rassembler. — Habituer d'abord le cheval au contact 
de la chambrière, 5i. — Gomment on accoutume le 
cheval au bruit du fouet ou à un objet effrayant, k se 



TABLE DES M AT li: RE S. 



Pages. 

laisser terrer, etc., 52. — Commencements de rassem- 
bler par la chambrière sur les pistes, 5'3. — Commen- 
cements de rassembler par la cravache sur les pistes, 54. 
— Rassembler au milieu du manège par la cham- 
brière, 53. — Rassembler au milieu du manège par la 
cravache, 56. — Recommandations importantes, 5<S. 

Chapitre II : Equitation de fantaisie. — Allures arti- 
ficielles 60 

Piart'er, page 60. — Passage. Trot en arrière, 61. — Extension 
complète et horizontale de chscun des membres de devant au 
moyen de la cravache, 61. — Pas espagnol, 62. — Trot espa- 
gnol, 63. — Trot à extension soutenue, 65. 

Chapitre III : Leçon du Montoik 66 

Dominer l'animal. Le récompenser dès qu'il se 
montre soumis. Procéder avec une extrême gradation, 
page 66. 

Chapitre IV : Faire demander par un aide a cheval 
LE Travail enseigné a pied. Leçon de l'éperon. . 72 

Flexions, page jS. — Marcher, 7?. — Reculer. Pas de 
côté. Pirouettes. Commencements de rassembler (et de 
,pas espagnol), 74. — Habituer le cheval à l'éperon, 75. 
— Appui des mollets, 75. — Appui des talons nus, 76. 
Appui des molettes recouvertes, 7G. — Appui des épe- 
rons débarrassés de toute enveloppe, 76. — En place, 77. 
Marcher sur l'éperon, 77. — Appui des éperons en 
marchant au pas, 78. — Passer du pas au trot sur l'épe- 
ron, 79. — Appui des éperons au petit trot, 79. 

DEUXIÈME PARTIE : PRÉPARER {suite}. 

Recommandations générales 81 

Arrêter tout désordre par l'effet d'ensemble sur l'épe- 
ron, page 83. — De l'effet de la cravache, 85. — Des 
fouaillements de queue, 86. — But des premiers pro- 
cédés de dressage, 88. — Main sans jambes, jambes 
sans main, 89. 

26 



TABLE DES MATIERES. 



Pages. 
Chapitre Premier : Travail préparatoire au milieu 

DU manège (JO 

Manière de demander la légèreté, page 90. — Travail 
en place au milieu du manège, 92. 

Chapitre II : Au Pas 96 

Le cheval droit, page 96. — Entretenir la légèreté en 
décomposant d'abord, puis sans arrêter, 96. — De la 
descente de main, 100. — Du pas au reculer, loi. — 
Tourners sur de petits cercles par l'appui de la rénc du 
dehors, loi . — Tourners par la rêne du dedans, io3. — 
Serpentine, io3. — Changements de main de deux 
pistes, io3. — Pas de côté, la tète, puis la croupe au 
mur, 104. — Petits contre-changements de main de deux 
pistes, 106. — Pirouettes ordinaires et renversées, 106. 
— Volteset demi-voltes ordinairesetrenversées, de deux 
pistes, 108. — Reculer prolongé sur les pistes, 108. — 
Foule, 109. — Manière d'arriver au ramener, iio. 

Chapitre III : Au petit trot 112 



Répéter au petit trot tout le travail exécuté au pas, 
page 112. — Partir de pied ferme au petit trot. Arrêter 
en marchant au trot, 11 3. — Passer du petit trot au re- 
culer, ii5. — Foule en arrière, ii5. — Comment on 
doit élever l'encolure, 116. — On arrive ensuite au ra- 
mener, 117. — Des effets diagonaux, 1 19. 

Chapitre IV : Du Rassembler 120 

Manière de demander le rassembler, page 121. 

TROISIÈME PARTIE : ASSEMBLER. . . i23 

Chapitre Premier : Départs et Travail au galop.. i25 

Des principales manières de demander le galop, 
page 125. — Départs à faux, 128. — Moyen de redres- 
ser un cheval, 129. — ^ Descentes de main, i3o. — Re- 
culer, i3o. — Petits cercles, i3i. — Galop de deux 



TABLE DES MATIERES. 2o3 

Pages. 

pistes, i3i. — Changement de main diagonal, i33. — 
Demi-voltes de deux pistes au galop, i3^. — Pirouettes 
au galop, i35. — Volte au galop, i36. — Départ au ga- 
lop par la main, sans jambes, i36. — Galop de deux 
pistes, sans jambes, i3g. — Départs au galop par les 
jambes seules, 141 . • — Départs au galop par la rêne et 
la jambe du côté opposé au pied demandé, sans traverser 
le cheval, 143. 

Chapitre II : Du Grand trot 147 

Travail au grand trot, page 147. — Descentes de 
main, 149. 

Chapitre III : Des Changements de pied au galop, i 5o 

Manière d'arriver dans les commencements au change- 
ment de pied, page i5o. — Changement de pied par 
la rêne et la jambe du côté du pied demandé, i5i. — 
Changement de pied sans le secours des jambes, i52. 
— Changements de pied demandés par les jambes 
seules, i56. — Changements de pied répétés, 157. — 
Changements de pied par les aides opposées au pied 
demandé, le cheval restant droit d'épaules et de han- 
ches, 160. — Foule au galop, 161. 

Chapitre IV : Du Galop allongé 162 

Augmenter de plus en plus la vitesse du galop, 
page 162. — Exercer le cheval à s'arrêter en marchant 
à un galop rapide, 162. 

Chapitre V : Des Sauts d'obstacles 164 

Quand on doit commencer les sauts d'obstacles, 
page 164. 

Chapitre VI : Habituer le cheval aux Bruits de 
guerre, et aux Objets effrayants 166 

Progression à suivre pour familiariser le cheval avec 
tout ce qui l'etîraie, P^ge it)6. 



204 TABLE DES MATIERES. 

Pages . 
Chapitre VII : Equitation de fantaisie. — Allures arti- 
ficielles i68 

Des deux manières de faire agir les jambes, page i68. — Com- 
ment on arrive au piaffer, 169. — Du piaffer en avançant ou 
passage, 172. — Du trot en arrière, 172. — Du passage de deux 
pistes, 172. 

Chapitre VIII : Equitation de fantaisie. — Allures arti- 
ficielles (suite) 173 

Extension des membres antérieurs, page 173. — Du pas espa- 
gnol, 174. — Du trot espagnol, 174. — Du trot à extension sou- 
tenue, 17(3. 

QUATRIÈME PARTIE : FIXER. ... 179 

Chapitre Premier : Du Ramener outré , 181 

La légèreté s'obtenant bien avec la tête très élevée, 
arriver au ramener outré, page 181. 

Chapitre II : Des Petites attaques 188 

Manière de confirmer le cheval dans sa parfaite obéis- 
sance aux aides, page 188. — Des petites attaques 
de l'éperon, 189. 

CONCLUSION 




V 



^À